Les Lumières de Phœnix
et l'obscurantisme ufologique
(23/03/2023)
Vous pouvez traduire ce texte dans la langue de votre choix :
Dans la soirée du 13 mars 1997, des milliers de témoins sur une bonne partie du territoire de l'Arizona, et particulièrement à Phœnix, ont assisté
durant plusieurs heures à des phénomènes lumineux de grande envergure, que certains assimilaient à d'immenses objets solides. Ces « Lumières de
Phœnix » constituent une des plus étonnantes observations de masse de l'histoire des ovnis, et sont considérées par beaucoup d'ufologues comme une
des meilleures preuves de la présence de vaisseaux « étrangers » immenses et de leur dissimulation par les autorités. Mais nous allons voir
qu'il existe des explications prosaïques convaincantes à ces observations.
Résumé d'une folle soirée
C'est vers 19 h 45 dans la région de Las Vegas, près de la frontière entre le Nevada et l'Arizona, qu'a eu lieu le premier signalement d'un
ensemble de lumières disposées en V, de grande envergure, se déplaçant lentement et sans bruit en direction du sud-ouest. Trois quarts d'heure plus tard,
il passait au-dessus de la ville de Phœnix, très peuplée, où il suscitait le plus grand nombre de témoignages. Les derniers témoignages ont eu lieu vers
21 h aux environs de la ville de Tucson.
Et vers 22 h, nettement plus tard, c'est un phénomène lumineux très différent mais tout aussi spectaculaire, et même sans doute beaucoup plus
puisqu'il a été filmé par plusieurs témoins, qui a été vu par de nombreux habitants de Phœnix en direction de l'ouest : huit lumières apparaissant
une à une suivant une courbe et à des intervalles assez réguliers, et disparaissant dans un ordre dispersé après quelques minutes.
Malgré leur côté spectaculaire, ces observations n'ont pas suscité beaucoup d'intérêt dans les jours qui ont suivi... Les associations ufologiques ont
recueilli quelques dizaines de témoignages seulement, il y a eu quelques courtes discussions sur les listes ufologiques, quelques mentions de l'événement
dans les médias locaux, et c'est tout. Pour la plupart des gens, tout cela s'expliquait par des exercices militaire, comme il y en a souvent dans la
région.
C'est seulement trois mois après l'événement que la presse et les télévisions nationales se sont emparées de l'affaire, en diffusant notamment des images
des vidéos de l'événement de 22 h. Et c'est ainsi que l'affaire est devenue fameuse et un des cas ufologiques les plus commentés et ayant suscité le
plus de controverses.
Vous connaissez Phœnix et l'Arizona en général ? Moi oui assez bien, pour cause de famille qui y réside. À part quelques charlatans et allumés
notoires sévissant à côté des « vortex » à Sedona, vous ne trouverez personne là-bas pour attacher le moindre intérêt à cette histoire, qui
est partie de lumières dans le ciel et s'est transformée au fil des ans en « objet énorme » au fil des « témoignages », la plupart
émanant de gens qui n'avaient rien vu mais savouraient leur 1/4 d'h de gloire médiatique.
Phœnix est situé dans un très vaste bassin entouré de montagnes, il y a rarement du vent, la pollution y est phénoménale et laisse l'air stagner (et
produit des aurores et des couchers de soleil spectaculaires), et la ville est entourée d'une bonne dizaine d'aéroports publics, privés et militaires,
il y a souvent des exercices aériens à proximité.
Ajoutez à cela le fait que l'Arizona est une mine d'allumés de toutes tendances qui passent leur temps à prédire des calamités, depuis l'arrivée
imminente des E.T. à l'apocalypse, en passant par toutes les zozoteries connues et imaginables, et vous avez une parfaite recette pour faire durer et
amplifier ad nauseam la moindre rumeur...
Certes, ça vient d'un forum sceptique et on peut donc penser que cette appréciation est très partiale (je doute en particulier du « la plupart
émanant de gens qui n'avaient rien vu mais savouraient leur 1/4 d'h de gloire médiatique »), mais il est clair que bon nombre de témoins et
d'enquêteurs de cette affaire versent complètement dans la mouvance New Age ou complotiste.
Et il faut aussi remettre le cas dans le contexte de l'époque.
Parce que mars 1997, c'était la période où la comète Hale-Bopp, la plus brillante depuis très longtemps, était le plus visible : elle passait au plus
près de la Terre le 24 mars, et au plus près du Soleil, quand elle atteignait son éclat maximal, le premier avril. Hale-Bopp a eu la particularité
d'être visible à l'œil nu pendant plus d'un an, et du fait de la démocratisation d'Internet elle a été la comète la plus observée de tous les temps... Au
mois d'avril 1997, plus des deux tiers des États-Uniens l'avaient vue au moins une fois.
Le 13 mars, jour de l'observation, cette comète était visible très bas sur l'horizon au nord-ouest dès que la nuit était tombée, et disparaissait
complètement peu après 20 h, pour réapparaître le matin à 4 h et être beaucoup plus visible avant l'aube. Beaucoup d'habitants de la périphérie de
Phœnix (il ne fallait pas compter la voir en pleine ville) étaient donc dehors pour observer cette comète lors du premier phénomène, lequel arrivait vers
Phœnix précisément depuis la direction nord-ouest vers 20 h.
Et on se rappelle aussi que le passage de cette comète a suscité de nombreuses rumeurs dans des sites ésotériques tels que Wikistrike, certains y voyant
l'annonce de la fin du monde ; un astronome amateur avait aussi annoncé que cette comète était accompagnée d'un mystérieux objet que certains
assimilaient à un gigantesque vaisseau spatial (d'autres astronomes avaient montré rapidement qu'il s'agissait en réalité d'une étoile, mais cela n'a pas
mis fin aux rumeurs). Ces rumeurs étaient particulièrement populaires à l'époque des observations, et elles ont abouti peu après, le 26 mars, au
suicide collectif d'Heaven's Gate, cette secte apocalyptique dont 39 membres se sont donné la mort en pensant que leur âme gagnerait ainsi le
vaisseau accompagnant la comète !
Il y avait eu aussi peu avant, en 1996, la sortie du film Independance Day, qui avait beaucoup marqué à l'époque.
Et enfin, il ne faut pas oublier que trois mois après cette affaire, on fêtait le cinquantenaire de l'apparition des « soucoupes volantes »
(observation de l'aviateur Kenneth Arnold le 24 juin 1947) et du « crash de Roswell » (aux environs du 3 juillet 1947, et annonce
médiatique le 8 juillet de la récupération d'un « disque volant » par l'Armée).
Roswell, surtout, faisait beaucoup parler de lui depuis quelques années... C'était en 1994 qu'était sorti le fameux film de l'autopsie, et que le GAO,
agence gouvernementale de contrôle des administrations, avait lancé une commission d'étude sur cette affaire, et enfin que parallèlement l'explication du
crash par les ballons Mogul était avancée dans plusieurs livres dont
un de l'Armée... Et ce dernier a été complété le 25
juin 1997, l'année même des observations de Phœnix, expliquant que les histoires de cadavres d'extraterrestres à propos de ce crash pouvaient être
dues à des confusions avec des crashes d'avions et des tests de parachutes avec des mannequins quelques années avant ou après le crash. Ces explications
de l'armée étaient rejetées par la majorité des ufologues les considérant comme des tentatives d'étouffer l'affaire, et de nombreux livres sur Roswell
sont parus pendant cette période, notamment en été 1997 celui de Philip Corso The Day After Roswell (traduit en français sous le titre Au
Lendemain de Roswell), un colonel de l'armée qui révélait peu avant sa mort qu'il avait été lui-même impliqué dans la récupération du vaisseau qui
s'était crashé à Roswell, qu'il avait vu un corps d'extraterrestre et que des technologies nouvelles avaient été développées en étudiant le vaisseau (tout
cela est considéré à peu près unanimement comme une fumisterie : Corso a simplement collecté toutes les rumeurs au sujet de Roswell en s'attribuant
un rôle central, et on a pu vérifier que beaucoup de ses affirmations sur sa carrière militaire étaient fausses, mais le livre a eu un gros succès
lorsu'il est sorti).
Cette double commémoration du cinquantenaire des soucoupes d'Arnold et du crash de Roswell explique pour une bonne part l'intérêt subit et retardé des
médias pour les « Lumières de Phœnix » en juin 1997. Les journalistes étaient simplement à la recherche de « scoops ufologiques ».
Tout cela est à prendre en compte lorsqu'on s'intéresse à cette affaire, et bien peu d'ufologues l'ont fait.
Les témoins qui avaient déjà observé des « orbes »
Certains témoins observaient depuis déjà quelque temps des lumières semblables.
Lynne Kitei, la fausse sceptique
L'un d'eux est Lynne Kitei, qui voyait régulièrement depuis deux ans de mystérieuses lumières dans le ciel, des « orbes » de couleur ambre, et
qui les avait quelquefois filmés.
Lynne Kitei est docteur en médecine, très respectée dans sa profession, et elle a écrit un des principaux livres sur les observations de Phoenix, intitulé
The Phoenix Lights — A Sceptic's Discovery That We Are Not Alone (La découverte d'un sceptique que nous ne sommes pas seuls).
Livre très intéressant pour la genèse de l'affaire, mais on peut douter que Lynne Kitei ait vraiment été sceptique avant ses observations, au vu de
l'orientation très New Age de son site internet (Phoenix lights network, Evolution
to a new consciousness).
Quoi qu'il en soit, Lynne avait un peu parlé de ses observations et surtout de ses films, et le lendemain même de la soirée mémorable elle avait
rendez-vous avec le coordinateur régional du Mufon (Mutual UFO Network, une des premières associations ufologiques américaines et qui gardait alors une
certaine réputation de sérieux) Richard Motzer chez lui, pour lui demander d'expertiser ses films. Et le 13 mars, elle était comme souvent dehors
pour observer le ciel, et elle a elle-même assisté en compagnie de son mari (lui aussi médecin) au phénomène de 22 h, qu'elle a filmé ! Cette
observation n'était pour elle pas plus intéressante que les autres, mais lorsqu'elle a rencontré le lendemain Richard Motzer elle a appris avec surprise
qu'il y avait eu ce soir-là une véritable observation de masse, et qu'il avait lui-même reçu des dizaines d'appels à ce sujet.
Concernant ses multiples observations et ses films, on peut se demander si elle ne prend pas n'importe quelle lumière insolite dans le ciel, comme des
avions en approche ou des exercices militaires, pour des ovnis, même si elle-même est sûre de faire la différence. On verra d'ailleurs que le phénomène
qu'elle a filmé ce soir-là a reçu une explication qui ne laisse place à aucun doute, mais qu'elle refuse de le reconnaître (en tout cas lorsqu'elle a
publié son livre plusieurs années après l'observation, j'ignore si elle a changé d'avis depuis). Explication qui vaut aussi sûrement pour une observation
similaire qu'elle avait faite deux mois auparavant, le 23 janvier, et pour une autre qu'elle fera l'année suivante et dont on reparlera.
Steven Blonder, l'Oracle de Phœnix
Un autre observateur qui voyait de mystérieuses lumières depuis quelques jours, et en avait filmé, était Steven Blonder. Il avait lui aussi contacté des
associations ufologiques, si bien que ce jour du 13 mars, un autre correspondant du Mufon, Bill Hamilton, s'était rendu chez lui avec le photographe
Tom King pour le rencontrer et discuter de ses films. Et ils ont ainsi pu assister, depuis le balcon de Blonder, à l'événement de 22 h, qu'ils ont
eux aussi filmé !
Blonder a ensuite lui aussi écrit un livre, intitulé Oracle of the Phœnix (disponible en e-book), et gère un
site du même nom dans lequel il s'efforce de démontrer que ce qu'il a filmé ne peut pas s'expliquer par des lâchers de flares comme le veut
l'explication « officielle ».
Dans son livre, il explique qu'après cette expérience et d'autres ensuite « il est devenu l'homme d'une mission », « franchement quelque
peu obsédé ». Il explique aussi « qu'il a occupé une bonne partie de sa vie adulte à étudier passionnément des disciplines ésotériques variées
comme l'astrologie, la numérologie, le tarot et le système métaphysique de la kabbale », sujets qu'il étudiait depuis 1977, et il met ses
observations en relation avec tout cela. C'est ce qui occupe la majeure partie de son livre, de la Kabbale aux crop circles en passant par
l'alchimie, les traditions mystiques amérindiennes, l'astrologie et bien d'autres choses.
On peut trouver quelques autres témoins qui voyaient régulièrement des lumières mystérieuses à Phœnix, et d'autres observations « d'orbes »
étaient à cette époque mentionnées un peu partout dans le monde. La plupart de ces observations relevaient certainement d'explications triviales (beaucoup
de ces « orbes » apparaissant sur des photos ne sont que des réflexions du flash de l'appareil photo sur des poussières en suspension dans
l'air), mais en tout cas l'observation du 13 mars avait eu quelques précédents moins spectaculaires à Phœnix et dans la région.
Ça n'est d'ailleurs pas vraiment surprenant pour une ville comptant quelque 1,5 millions d'habitants avec à proximité un certain nombre d'aéroports
et aérodromes et des bases militaires. Mais disons que la population était quelque peu préparée à un tel événement, et nous avons vu que le contexte s'y
prêtait.
La panique qui n'a pas eu lieu
À en croire beaucoup d'ufologues, ces observations ont provoqué un début de panique, les services de la mairie et de la police étaient inondés d'appels...
Mais la réalité est tout autre.
Il y a bien eu des appels aux services de police, aux aéroports, à la base Luke de l'Air Force, aux journaux, radios et télévisions, et aux principales
associations ufologiques, particulièrement le Mufon et le Nuforc. Chacun de ces services a probablement reçu dans la nuit quelques dizaines d'appels de
gens qui étaient juste surpris et cherchaient à savoir ce qu'ils avaient observé.
Et dans les jours qui ont suivi, les journaux et télévisions locaux ont parlé de ces observations, des vidéos de l'événement de 22 h ont été
diffusées, la Luke AFB a annoncé qu'il y avait eu des lâchers de flares cette nuit-là, ça n'expliquait pas tout mais tout le monde a pensé alors que
cette vague d'observations s'expliquait par des manœuvres militaires, et on a vite oublié l'affaire.
Et c'est tout. Après quelques jours, personne à Phœnix ne se préoccupait plus de cela, à part un petit groupe d'ufologues un peu allumés et de témoins
enthousiastes, dont nous allons reparler.
Le « début de panique » qui aurait gagné la population de Phœnix est une pure affabulation.
L'explication par les flares
Ça n'est pas trois mois après l'observation que la base militaire Luke a expliqué que ces mystérieuses lumières s'expliquaient par des
« flares », des fusées éclairantes larguées par un avion au cours d'exercices militaires, mais après seulement deux jours... C'est ce que nous
apprend un message du 17 mars 1997 (4 jours après les observations) sur
la liste Area 51 :
Un journal télévisé de samedi sur la chaîne KTVK-3 couvrant l'incident d'ovnis qui s'est produit jeudi 13/03/97 avec les commentaires additionnels de
la base locale de l'Air Force, Luke AFB. Luke AFB annonça que les observations, qui ont été signalées dans une bande de 300 km de
longueur sur une durée de 40 minutes, étaient des fusées éclairantes larguées pendant des exercices d'entraînement. Le journaliste local a raconté
cela aux témoins, et a obtenu des réponses amusées indiquant que l'Air Force ne savait pas de quoi elle parlait.
Et dès le lendemain des observations, une télévision locale avait reçu un appel d'un pilote d'hélicoptère Apache appartenant à la Garde nationale aérienne
de l'Arizona. Ce pilote disait qu'il volait cette nuit-là dans la région du pic Picacho, à un peu plus de cent kilomètres au sud-est de Phœnix, en
utilisant une caméra infrarouge (FLIR, utilisés pour repérer des avions ayant leurs lumières éteintes, avions ennemis ou de contrebandiers), et qu'il
avait vu avec cet appareil des flares tirés dans la région de Gila Bend, et une formation d'avions militaires en V.
Cette information a donc été donnée presque immédiatement dans les médias locaux, mais il n'y avait pas de détails sur ces exercices et le lieu où ils
avaient été effectués, ni sur l'heure, et il y avait une confusion entre les observations de 20 h 30 et celles de 22 h.
Quant aux télévisions locales, elles avaient largement diffusé les vidéos de l'événement de 22 h, par exemple ici celle de Mike Krzyston :
Du fait de cette confusion, l'explication a été jugée complètement ridicule par l'ensemble de la communauté ufologique, outre bien sûr les témoins. C'est
en juillet que Richard Motzer du Mufon l'a défendue sérieusement dans
la revue du Mufon, en précisant bien qu'il ne s'agissait que d'expliquer les événements de 22 h. Il a pour cela étudié les 6 vidéos dont il
disposait, et conclu qu'elles présentaient bien le même phénomène, et par triangulation il déduisait qu'il s'était produit derrière les montagnes
d'Estrella, à l'ouest de Phœnix. Cet article n'étant pas très long et très intéressant, j'en donne la traduction en français :
MUFON UFO Journal n°351, juillet 1997
LES LUMIÈRES DE PHOENIX, LA VRAIE ENQUÊTE
par Richard F. Motzer
Enquêteur de terrain pour le MUFON de l'Arizona
Dans le numéro de mai du MUFON UFO Journal, est paru un article très trompeur de Bill Hamilton sur les lumières de Phœnix du 13 mars 1997.
Cet article présentait une vision biaisée des événements et des faits incorrects. Maintenant, avec ces faits à l'esprit, je présente les véritables
informations de l'enquête toujours en cours.
Vers 20 h 30, le jeudi 13 mars, Peter Davenport, du Centre d'Information sur les Ovnis (NUFORC) à Seattle, Washington, a commencé à
recevoir des appels, d'abord du nord-ouest de l'Arizona, concernant une formation de lumières se déplaçant vers le sud en direction de Prescott,
Arizona. Ces lumières formaient un triangle basique avec jusqu'à six ou sept lumières par côté et deux lumières rouges à la traîne.
L'heure réelle de cet événement se situe aux alentours de 20 h 00 MST. Au fur et à mesure des appels, la description a changé quant au
nombre de lumières impliquées. Certains ont même dit qu'il n'y avait pas de lumières du tout, mais qu'ils pouvaient voir une masse noire masquant les
étoiles alors qu'elle passait entre l'observateur et le ciel. La description générale était celle d'un V, mais cela ressemblait aussi à une couronne
avec des lumières qui n'étaient pas comme des feux d'atterrissage d'avion mais plutôt comme des étoiles. Cette description changeait au fur et à mesure
que les objets se déplaçaient dans la région de Phœnix. Les seules propriétés cohérentes de l'objet/des objets seraient qu'il n'y avait pas de son et un
mouvement très lent. Cependant, s'il n'y avait qu'un seul objet, il n'aurait pas pu couvrir une telle distance en si peu de temps. Il s'agit d'une
véritable « impasse », mais elle pourrait être la clé de la solution. Je connais trois formations en V cette nuit-là et il y en a peut-être
d'autres.
Comme les lecteurs le savent peut-être, tout ceci a été diffusé dans le monde entier à 11 h 00 PST [une heure de moins que
l'heure MST utilisée pour l'Arizona] sur le programme radio Coast-to-Coast d'Art Bell. Je savais que le lendemain serait une journée très chargée
pour moi, alors je me suis retiré.
J'ai été impliqué dans les vidéos de cet événement avant même qu'il ne se produise. J'ai reçu un appel de Tom Taylor, notre directeur d'état pour le
MUFON, disant qu'une personne à Paradise Valley avait enregistré des lumières à l'ouest des tours de télévision de South Mountain depuis plus de deux
ans, suggérant que je prenne contact avec elle pour visionner les images. Je l'ai fait et j'ai choisi le mercredi suivant, le 12 à 9 h 00,
pour qu'elle vienne chez moi pour visionner les bandes. En raison du décès de la mère de M. Taylor, j'ai changé la date de la réunion au 14,
vendredi, le lendemain des événements du 13. Tout en lui parlant au téléphone, j'ai discuté de l'idée qu'elle pourrait voir des fusées éclairantes du
champ de tir de Gila Bend. Elle a estimé que ce n'était pas le cas, nous nous sommes rencontrés vendredi vers 10 h 15. Avant même son arrivée,
les médias étaient chez moi pour recueillir ma réaction aux événements de la nuit précédente. Je n'avais vu qu'une seule vidéo, la formation filmée par
Chuck Rairden à Apache Junction. Je leur ai dit que dans quelques minutes, j'aurais une deuxième vidéo que nous pourrions voir, car cette dame avait
également filmé l'événement. Les programmes d'information ont annoncé l'histoire dans leur édition de 16 h 30. À partir de ce
moment-là, les téléphones n'ont cessé de sonner et les nouvelles n'ont cessé d'affluer.
J'ai commencé à rassembler toutes les vidéos que j'ai pu trouver et j'ai interrogé d'autres témoins. Les premières vidéos que j'ai obtenues montraient
des lumières qui semblaient être au-dessus de la ville de Phœnix et ce sont ces vidéos qui ont fait les journaux télévisés. Ce serait quelques jours
plus tard que je pourrais obtenir la seule vidéo de cinq lumières volant vers le sud prise à l'intersection de la 56e rue et de l'autoroute
de Carefree. J'ai été impliqué dans la collecte de données, en retournant les appels et en faisant les entretiens, qui comptent maintenant plus de
soixante-dix témoins, dont 53 m'ont paru crédibles. La véritable enquête ne commence que lorsque les derniers rapports arrivent. L'un des meilleurs
outils d'enquête a été un talk-show de deux heures que j'ai fait avec Bill Strauss sur la radio KTAR. M. Strauss est un animateur de talk-show très
équitable qui permet aux auditeurs de raconter leur histoire.
C'est au cours de cette émission que j'ai réalisé que les personnes qui ont vu les formations en V voler au-dessus de leurs têtes étaient beaucoup plus
nombreuses que celles qui ont vu les lumières près des montagnes Estrella. Les lumières de la formation en V ressemblaient à des étoiles avec la
luminosité de Sirius, tandis que les lumières au-dessus des montagnes Estrella ressemblaient à des feux d'atterrissage super lumineux. Cela m'a laissé
très perplexe, car j'avais la vidéo de la formation en V en vol où les lumières sont à peine perceptibles. Alors, pourquoi 98% des observations se
rapportent-elles à la formation en V ? Quatre choses en sont responsables :
1. Les gens étaient dehors et regardaient vers le nord-ouest pour voir la comète Hale-Bopp.
2. Le meilleur moment pour voir Hale-Bopp était entre 20 h 00 et 20 h 30.
3. C'était en mouvement et ça volait vers eux.
4. L'altitude n'avait pas d'importance, tant que vous étiez à l'extérieur. Mais il fallait être à une altitude plus élevée et avoir une vue dégagée
vers le sud-ouest pour voir les lumières au-dessus et derrière les Estrellas.
Nous reviendrons encore sur la formation en V. Nous devions maintenant découvrir pourquoi nous avions sept vidéos des lumières d'Estrella, mais
seulement quelques témoins.
À ce stade, toutes les chaînes de télévision diffusaient les mêmes séquences vidéo. Les gens étaient confus et pensaient que les vidéos montraient la
formation en V, ce qui n'était pas le cas, mais donnaient plutôt l'impression de lumières au-dessus de la ville de Phœnix et c'est ce que j'ai
pensé par erreur, moi aussi.
Je ne sais pas combien de fois j'ai regardé ces vidéos sans pouvoir trouver le fil conducteur. J'ai reçu un appel d'une famille située loin à l'ouest de
Phœnix qui, elle aussi, avait filmé les lumières la nuit du 13 et de nombreuses autres fois. J'ai fait le long trajet jusqu'au croisement de la 222e
avenue et du boulevard Jackrabbit pour visionner la bande. La cassette ne m'a pas impressionné, mais les gens oui. Ils ont dit que les lumières
apparaissaient entre 20 h 00 et 22 h 00, qu'elles étaient toujours au même endroit et qu'elles dérivaient latéralement. Ils ont
également dit que beaucoup de trafic d'hélicoptères et d'avions de chasse a été observé aux moments où ces lumières sont apparues. L'activité la plus
intense se situait au milieu du mois et les jours les plus courants étaient du lundi au jeudi. L'autre élément clé était qu'une grande zone de terres du
Bureau de gestion des terres avait été bouclée dans la direction des lumières. Le futur gendre de la femme pouvaient voir le terrain situé en dessous
des feux éclairé comme en plein jour. C'était une des clés, mais je ne pouvais pas voir à ce moment comment ça entrait dans le puzzle.
La clé suivante était la personne qui a enregistré à la fois les lumières Estrella et la formation en V. Il connaissait des pilotes de ligne,
« en confidence », ayant marqué sur la carte l'emplacement et l'élévation estimée des lumières Estrella. Comme je ne pouvais pas leur
parler directement, j'ai simplement noté cela sur ma carte.
La clé finale de la solution était aussi le plus grand mystère. Pourquoi toutes les vidéos du 13-3-97 à 22 h 00 avaient un nombre
différent de lumières, un ordre différent de démarrage et de décroissance, et des formes ?
Cela dépendait vraiment du point d'observation du témoin dans la région de Phœnix et, le plus important, de la hauteur de son point de vue. Il s'est
avéré que les lumières n'étaient pas au-dessus de Phœnix, mais près des montagnes Estrela au sud-ouest. Cette conclusion s'est imposée après avoir
visionné toutes les bandes vidéo et visité tous les sites sauf un, et filmé en 35 mm à la lumière du jour. En utilisant le point marqué par le
pilote, j'ai tracé une ligne à partir de chacun des sites où les lumières Estrella ont été enregistrées. Sur la vidéo de Rairden il y avait
9 lumières, mais seulement huit sur la vidéo de Moon Valley. J'ai visionné à nouveau la séquence de Moon Valley et, au début, on voit une lumière
se former brièvement puis s'éteindre, mais l'a-t-elle vraiment fait ? Non, quelque chose a dû la cacher, mais elle était toujours là sur la vidéo
de Rairden. Au fur et à mesure que les lumières dérivent vers le bas, certaines sont cachées par les nombreux petits pics qui composent la chaîne de
l'Estrella.
Dans les vidéos que j'ai acquises, il y avait deux personnes qui enregistraient ces lumières Estrella depuis des mois. Ce que je voulais trouver,
c'était des séquences où l'on utilisait un trépied et où on ne changeait pas le zoom. À ma grande surprise, il y avait plusieurs séquences qui
répondaient à ces spécifications. Ce que j'ai fait ensuite, c'est de marquer à la fin de chaque segment la position au sol sur un moniteur et la
position finale de chaque lumière. Lorsque j'ai fait tourner la platine vidéo de l'éditeur en sens inverse, j'ai pu voir chaque lumière monter en
altitude et dériver vers la droite ou la gauche. Dans toutes les séquences vidéo, les résultats étaient les mêmes. Juste avant que chaque lumière ne
s'éteigne, il y avait une augmentation de la descente de chaque lumière.
Vidéo brute par Mike Krzyston au sommet du Mt Ridge.
Alors, qu'est-ce que cela prouve ? Pour en revenir aux premiers bulletins d'informations, ils se sont terminés en disant que la Garde Nationale de
l'Armée avait déclaré que juste avant 22 h 00 le 13 mars 1997, ils avaient largué des fusées éclairantes pour s'entraîner. Nous avions
d'abord écarté cette hypothèse parce que les témoins étaient certains que ces lumières se trouvaient devant South Mountain et au-dessus de la ville.
Ceci a causé la confusion initiale entre la formation en V et ces lumières. Les fusées éclairantes sont très lumineuses, même à une distance de
80 km, et peuvent saturer la puce d'un caméscope. Elles ont également un parachute attaché à elles. Au fur et à mesure que la fusée est positionnée
et s'enflamme, la chaleur de la fusée chauffe l'air au-dessus, qui est emprisonné dans son parachute, ce qui ralentit sa descente. Vers sa
phase finale, avant l'extinction, la production de chaleur diminue et la torche commencera à tomber plus rapidement. Il aura également un mouvement
latéral dû à son système de descente, soit gêné par les vents dominants, soit accéléré. Toutes les vidéos que j'ai testées pour cette nuit-là ou
d'autres nuits montraient cette particularité. Même les gens de la tour de contrôle de l'aéroport de Sky Harbor ont dit avoir vu de la
fumée émaner des fusées éclairantes.
Passons rapidement en revue les preuves de l'existence de fusées éclairantes derrière les Estrellas.
1. Ces événements se déroulent depuis un certain temps, trois mois ou plus.
2. La couleur est ambre vif.
3. Certaines sont accompagnées de fumée.
4. Le temps d'allumage et d'extinction de chaque lumière est très cohérent.
5. Les chronologies générales et les dates sont répétées (pour cette nuit-là, elles se sont produites à 20 h 30, 21 h 25 et
22 h 00)
6. Principalement des nuits de semaine.
7. Les heures d'ouverture du champ de tir de Gila Bend correspondent à la ligne horaire.
8. Tous les largages sont verticaux et se déplacent dans une direction latérale conforme aux fusées éclairantes.
9. Toutes les cassettes vidéo qui ont le cycle complet, c'est-à-dire du début à la fin, le montrent.
10. Deux vidéos, filmées à courte distance, semblent montrer de la fumée s'élevant autour d'elles.
11. Sur l'une des cassettes, la personne demande si ce sont des fusées éclairantes.
12. La garde nationale de l'armée dit avoir tiré ces fusées.
13. Six programmes d'information annoncent que l'armée a dit qu'il s'agissait de fusées éclairantes et deux rapports proviennent de pilotes
militaires qui les ont localisées au champ de tir de Gila Bend, derrière les montagnes Estrella.
En raison de la multitude d'événements survenus cette nuit-là et de la confusion de ces lumières avec la formation en V, je ne me suis pas concentré sur
cet événement. En fait, si ces neuf flares n'avaient pas été lancés cette nuit-là, la vraie grande histoire — celle qui doit être résolue —
n'aurait pas fait la une des journaux télévisés. La raison en est qu'il n'y a qu'une seule vidéo, jusqu'à présent, qui a été présentée, et même si elle
a été tournée avec un Sony Hi 8, les lumières sont à peine visibles. J'ai dû augmenter le contraste dans Adobe Premier pour qu'elle puisse
être utilisée dans la première émission de Strange Universe.
Les fusées éclairantes semblent donc être la solution pour les lumières près des montagnes Estrella. Les lecteurs du Journal ont peut-être vu
ces vidéos dans les journaux télévisés nationaux. Cependant, elles ne peuvent pas être la réponse à la formation en V.
Quelle était cette formation en V vue par tant de personnes à travers l'état de l'Arizona le soir du 13 ? Si vous utilisez la séquence
vidéo de 42 secondes pour porter un jugement, vous verrez la dernière lumière du côté ouest se déplacer vers l'arrière et maintenir son
alignement. Si vous tracez des lignes à travers les points pour former un V à cinq branches, les côtés semblent être légèrement courbés vers
l'extérieur. Vous n'entendez aucun son, seulement la personne qui prend la vidéo et ses commentaires. La nuit était brumeuse à cet endroit et aucune
étoile n'apparaît dans ce clip vidéo.
L'AFB de Luke a diffusé quatre histoires au sujet de la formation en V :
1. C'était un vol de Blue Angels venant de Nellis AFB dans le Nevada. (Linda M. Howe a déclaré qu'une formation de cinq a également
été vue au-dessus de Las Vegas en direction du sud-ouest. Les Blue Angels n'étaient pas attendus avant un jour).
2. Il s'agissait d'un escadron de A10 en mission d'entraînement de nuit qui retournait à Tucson.
3. Aucun des nôtres !
4. Un avion privé avec un pilote expérimenté volant entre des couloirs aériens restreints avec une guirlande lumineuse d'un kilomètre de long.
J'aime bien celle-là moi — Ouais, c'est ça !
La question est de savoir pourquoi Luke AFB a changé ses histoires ? La Garde Nationale de l'Armée ne l'a pas fait.
Même si la formation en V peut ou non s'avérer être un véritable OVNI après une enquête approfondie, les autres « observations de la
décennie » pourraient bien s'effacer dans l'histoire.
Comme le dit Paul Harvey, « Maintenant vous connaissez le reste de l'histoire. » En attendant, la véritable enquête est toujours en cours...
Veuillez consulter la carte qui montre les directions dans lesquelles les témoins ont observé les flares au-delà des Estrella Mountains. Thomas R.
Taylor, directeur de l'État d'Arizona, soutient cette enquête et ce rapport préliminaire.
Quelques remarques : Une des directions sur la carte de Richard Motzer ne concerne pas une vidéo mais le témoignage indirect d'un pilote, il n'y
aurait donc que six vidéos de l'événement et pas sept. À moins que la septième ne soit celle de Terry Proctor, celui qui a eu la chance de filmer les deux
phénomènes, qui n'est pas indiqué sur la carte, mais il se situe sensiblement à la même position que le Terry McLehran de la carte, et on sait que Terry
Proctor n'a pas voulu donner son véritable nom tout de suite, on peut donc supposer qu'il s'agit de la même personne. Motzer a donc récolté 6 vidéos des
flares à 22 h, et une du survol du V à 20 h 30. On verra plus loin que son estimation de la position où les flares ont été lâchés est assez
fausse, ils étaient nettement plus loin vers le sud, parce qu'il n'a pas reconstitué avec une grande précision les directions d'observation... Ça sera
fait plus tard par Bruce Maccabee. Les tirs n'ont pas eu lieu au-dessus du champ de tir de Gila Bend mais au-dessus de celui de Barry-Goldwater, plus au
sud. Les commentaires de Motzer concernant l'objet en forme de V sont à prendre avec des pincettes parce qu'il s'appuie juste sur quelques témoignages,
mais on retiendra que lorsqu'il a écrit cet article trois mois après l'événement il en avait recueilli plus de 70 dont 52 lui paraissaient crédibles.
Enfin, ses commentaires moqueurs sur les « explications » de la base de Luke ne sont pas très justes, puisque ces explications successives
n'étaient pas des réponses officielles de la base... En particulier, l'explication par un pilote d'avion privé tirant une guirlande lumineuse n'était que
l'hypothèse formulée par un membre du personnel de la base, à titre purement personnel et pas très éclairé.
Bref revenons sur les flares.
Après quelques informations contradictoires, des détails ont été donnés, notamment le 25 juillet dans le journal Arizona Republic. Ces flares
avaient été lâchés au-dessus du terrain de tir militaire de Barry Goldwater (pour la petite histoire, Barry Goldwater était un ancien gouverneur de
l'Arizona qui s'intéressait beaucoup aux ovnis) par huit avions A-10 de la Garde nationale aérienne (Aerian National Guard) du Maryland, qui participaient
à l'Opération Snowbird de la base Davis-Monthan AFB, près de Tucson. La base de Davis-Monthan confirmait que ces avions étaient partis à 20 h 15
pour revenir à 22 h 30, et la base Luke précisait de son côté que les avions de la Garde Nationale du Maryland avaient reçu l'autorisation de
lâcher des flares sur le terrain de Barry Goldwater entre 21 h 30 et 22 h.
On avait aussi bon nombre de renseignements sur les flares en question.
Ce terme s'applique d'ailleurs à deux types d'objets totalement différents :
— il y a les decoy-flares, ou leurres infrarouges, qui sont des contre-mesures destinées à tromper les missiles qui se dirigent vers les tuyères des
avions ; ils se présentent souvent comme un ensemble de lumières qui éclatent en éventail derrière l'avion ;
— et les illuminating-flares, ou flares éclairants, qui sont des fusées éclairantes suspendues à de petits parachutes, utilisées pour éclairer les
terrains d'opérations.
Ce sont ces derniers qui sont supposés être responsables du phénomène qui nous intéresse.
La Garde nationale a indiqué que les flares utilisés étaient de type LUU-2, normalement lâchés à environ 1000 m d'altitude pour éclairer le terrain. Ces
lumières sont visibles à plus de 250 km et ont une durée de vie d'environ cinq minutes. Ici, ils ont été lâchés vers 4500 m d'altitude, ce qui
explique qu'ils aient été vus jusqu'à Phœnix et derrière une chaîne de montagnes. La raison est que les pilotes ont l'interdiction de rentrer avec des
flares inutilisés pour des raisons de sécurité.
On apprend aussi que ces flares ont une puissance lumineuse de presque 2 millions de candelas. Comme son nom l'indique, un candela est équivalent à une
chandelle, il a remplacé l'ancienne unité « bougie » qui valait à peu près autant mais dont la définition était imprécise. Et puisque la luminosité
décroît en fonction du carré de la distance, un flare vu à 100 km aura la luminosité de deux bougies (un million de fois moins) à cent mètres (mille fois
moins), ou une à 70 m, ou d'une ampoule à incandescence de 100 W à 700 m, puisque ces ampoules émettent environ 1 candela par watt. On
peut aussi comparer aux étoiles en calculant leur magnitude. La magnitude d'une étoile diminue lorsque sa luminosité augmente, pour être négative pour les
plus lumineuses (cela parce que la magnitude a remplacé l'ancien classement des étoiles par « grandeurs » : les étoiles les plus lumineuses
étaient dites de premières grandeur, et les moins lumineuses visibles à l'œil nu étaient de sixième grandeur). Quand la magnitude diminue de 2,5, la
luminosité est multipliée par 10. Si les flares émettent dans toutes les directions, on peut calculer qu'à 100 km ils seront équivalents à une
étoile de magnitude -2, un peu plus que les étoiles les plus brillantes (Sirius, la plus brillante, a une magnitude de -1,5), un peu moins que Jupiter à
son maximum (-2,7) et nettement moins que Vénus (-4,5 au maximum).
C'est donc après avoir participé aux exercices, lorsque les avions retournaient vers Davis-Monthan AFB, que les flares inutilisés ont été largués, à
une altitude inhabituellement élevée, et ont été à l'origine du deuxième grand événement de cette soirée. Les avions A-10 sont équipés pour larguer
8 flares éclairants chacun, les différentes vidéos montrent 8 lumières apparaissant une à une à peu près régulièrement sur une trajectoire
courbe, et une neuvième, composée en fait de deux lumières très rapprochées d'après un témoin qui les a observées avec une petite lunette astronomique,
apparaissant nettement plus loin. Ça correspondrait donc bien à 8 flares lâchés un par un par un même avion, et deux autres par un autre avion, le
reste des 64 flares portés au total ayant été utilisés à basse altitude dans les opérations d'illumination du terrain.
On a eu aussi le témoignage d'un des pilotes ayant participé à l'opération, confirmant tout cela, il n'y a donc guère de doutes sur la validité de
l'explication concernant le phénomène de 22 h, mais ça ne répondait pas du tout à celui de 20 h.
Certains ufologues très imaginatifs se sont même persuadés que cette opération de lâchers de flares aurait été montée dans le seul but de détourner
l'attention des événement réellement inexplicables de la soirée, mais l'idée est complètement ridicule : outre que monter en une heure et demie une
opération complexe, en équipant huit avions à Davis-Monthan AFB, à quelque 200 km de l'opération de lâchers, est complètement irréalisable, il
est clair que ce sont les lâchers de flares, ayant donné lieu à plusieurs vidéos très spectaculaires, qui ont assuré le grand retentissement des
observations de Phœnix. C'est d'ailleurs ce qu'écrit Richard Motzer dans son article : « En fait, si ces neuf flares n'avaient pas été lancés cette
nuit-là, la vraie grande histoire — celle qui doit être résolue — n'aurait pas fait la une des journaux télévisés ». Les 5 lumières de
faible intensité en formation ayant traversé l'Arizona en survolant notamment Phœnix n'avaient vraiment pas de quoi inquiéter les autorités, ni affoler le
public !
Village Labs, Q.G. des ufologues s'intéressant à l'affaire
À Phœnix, les principaux acteurs de l'affaire se sont regroupés aux Village Labs, une société d'informatique fondée par Jim Dilettoso, qui en se
présentant comme expert en analyse d'images est vite devenu la caution scientifique à cet événement. Dilettoso prétend avoir participé aux effets spéciaux
de grandes productions hollywoodiennes, et développé des superordinateurs en réseau pour le gouvernement... Mais en réalité, ses contributions aux effets
spéciaux sont très marginales, et le réseau d'ordinateurs est resté à l'état de projet. Jim Dilettoso sait se servir de logiciels de graphisme et
d'autres, mais il n'a aucune compétence scientifique, et il doit surtout sa petite renommée à ses talents de communicant... C'est ce qui lui a permis de
convaincre un riche mécène d'investir dans sa société, en payant notamment la location de locaux luxueux. Voir pour plus de détails l'article
de Tony Ortega dans Phoenix New Times The Hack and The Quack.
Et Dilettoso et son principal collaborateur Michael Tanner étant tous deux très intéressés par les ovnis, ils se sont lancés à corps perdu dans cette
affaire.
En utilisant le logiciel Image Plus Pro, Dilettoso s'est efforcé de démontrer que les vidéos de 22 h ne pouvaient pas s'expliquer par des flares. Il
prétendait que les caractéristiques des lumières filmées s'écartaient de toutes les lumières que l'on pouvait trouver, et prétendait même le démontrer par
« spectroscopie ». En fait, tout ce que l'on pouvait trouver sur les vidéos c'était la couleur des lumières, qui n'avait rien de
particulièrement remarquable. Dilettoso n'a jamais su expliquer précisément en quoi les lumières étaient anormales, et les véritables experts consultés
ont vite démonté toutes ses affirmations.
Mais le fait est qu'il s'est ainsi fait connaître, et qu'il a vite attiré les principaux intéressés par ces observations : William Hamilton et Tom
King du Mufon qui avaient assisté au phénomène de 22 h, Lynne Kitei et Steven Blonder qui l'avaient de leur côté filmé, et les principaux témoins du
« V », comme Tim Ley, Mike Fortson et Trig Johnston dont nous aurons l'occasion de reparler.
Richard Motzer, l'autre enquêteur du Mufon, a aussi beaucoup fréquenté le groupe jusqu'à ce qu'il devienne un paria quand il a osé affirmer que les
lumières filmées à 22 h n'étaient que des flares. Lynne Kitei, qui a été son premier contact, l'a elle aussi banni de ses relations et l'appelle
« Martin » dans son livre.
Trois mois après, la grande presse s'empare de l'affaire
Au lendemain de l'observation et dans les semaines qui ont suivi, seules des radios, journaux et télévisions régionaux ont mentionné les observations et
diffusé des vidéos, et tout le monde ou presque a oublié cela ensuite.
Il y a eu un regain d'intérêt, toujours au niveau local, le 6 mai, lorsqu'une membre du Conseil municipal, contactée par la presse, a demandé lors
d'une séance publique du Conseil si on menait une enquête à ce sujet.
Mais c'est encore plus tard, plus de trois mois après l'observation, que la presse nationale s'est emparée de l'affaire, avec un article d'USA Today
et cette illustration en première page, sous le titre « Le ciel et les lignes de téléphone s'embrasent en Arizona » :
L'article peut être lu sur le site de UFOsNorthwest.
Étant donné son intérêt historique, et qu'il n'est pas très long, je le traduis en entier, en y ajoutant quelques commentaires (en rouge)
USA Today 18 juin 1997
Les Arizoniens disent que la vérité sur les OVNIs existe.
Le 13 mars, des centaines de personnes ont signalé la présence d'un ou plusieurs objets énormes dans le ciel nocturne. C'est le rapport d'OVNI le
plus déroutant depuis 50 ans. Jusqu'à présent, il n'y a pas d'explication, mais le gouvernement n'enquête pas. Les agences fédérales locales ne
sont pas d'accord sur qui doit s'occuper du rapport.
Par Richard Price
USA TODAY
PHOENIX, Arizona — Quelque chose s'est produit dans le ciel de l'Arizona la nuit du 13 mars. Personne n'est sûr de ce que c'était, mais des
milliers de personnes l'ont vu, des dizaines l'ont filmé et des gens dans tout l'État en sont encore hantés.
Des milliers qui l'ont vu c'est bien possible, dont bien peu en « étaient encore hantés » trois mois plus tard, mais il n'y en a que six
qui ont filmé quelque chose, et sauf dans un cas ça n'est pas ce qui a étonné la plupart des témoins.
« Je ne serai plus jamais le même », dit Bill Greiner, 51 ans, conducteur de bétonnière. Il descendait une montagne au nord de Phœnix
lorsqu'il a vu deux orbes brillamment éclairées, en forme de toupies. « Avant ça, si quelqu'un m'avait dit qu'il avait vu un ovni, j'aurais
dit : "Oui, et moi je crois à la petite souris" ».
« Maintenant, j'ai une toute nouvelle vision. Je ne suis peut-être qu'un stupide camionneur, mais j'ai vu quelque chose qui n'a rien à faire
ici. »
Alors, qu'est-ce que Greiner et tous les autres ont vu ? Cette question a fait le tour de l'État pendant trois mois. Les responsables de la base
aérienne de Luke, près de Glendale, sont bombardés de demandes d'enquête, même si le gouvernement américain s'est officiellement retiré de la question
des ovnis.
Le sujet fait constamment surface dans les shows télévisés. Et l'armée de personnes demandant des réponses a grandi au point qu'une conseillère
municipale de Phœnix a lancé une enquête.
Ça aurait pu être un canular. Ça aurait pu être une illusion. Cela aurait pu être n'importe quoi. Mais les événements du 13 mars pourraient bien
constituer le rapport sur les ovnis le plus controversé et le plus déroutant depuis que l'ère des ovnis a été lancée il y a 50 ans par le crash
légendaire d'un « vaisseau spatial » près de Roswell, au Nouveau-Mexique.
Et voilà ce que je disais, le crash de Roswell a remplacé aux États-Unis l'observation de Kenneth Arnold comme élément fondateur de « l'ère des
ovnis », et ça c'est bien une légende puisqu'il n'a commencé à faire parler de lui qu'après une trentaine d'années !
Les observations coïncident à un moment où l'intérêt pour les ovnis frise l'obsession nationale, saturant l'industrie du cinéma, la télévision et la
littérature. Un sondage réalisé ce mois-ci par CNN et le Time magazine a révélé que 22% des adultes américains pensent que des êtres intelligents venus
d'autres planètes ont été en contact avec des êtres humains.
On voit ici pourquoi cet événement des Lumières de Phœnix a connu un tel succès !
Un sondage Gallup de septembre dernier a révélé que 72% des Américains pensent qu'il y a de la vie sur d'autres planètes. Et 71% ont déclaré qu'ils
pensent que le gouvernement américain en sait plus sur les OVNIs qu'il ne le dit.
« Le fait est que plus de gens sont sérieusement intéressés par les OVNIs maintenant qu'ils ne l'ont jamais été », dit Don Ecker,
directeur de recherche et nouveau rédacteur en chef de UFO Magazine. « Convaincre le gouvernement est peut-être un exercice futile,
mais il n'est pas difficile de trouver des croyants dans les rues. »
Un énorme objet en forme de V
C'est certainement le cas ici ces jours-ci.
« L'incident au-dessus de l'Arizona est le plus spectaculaire que j'ai vu », déclare Peter Davenport du National UFO Reporting Center à
Seattle, Washington. Il qualifie la plupart des rapports d'ovnis de « foutaises », mais pas celui-ci. « Ce que nous avons ici »,
dit-il avec conviction, « est la vraie chose. Ils sont ici. »
Les autorités de l'Arizona envoient régulièrement des rapports d'ovnis au bureau de Davenport. Le premier appel de ce jeudi soir est venu à
20 h 16 d'un officier de police à la retraite de Paulden, à 100 kilomètres au nord de Phœnix. Il a signalé un groupe de cinq lumières
rouges se dirigeant vers le sud.
Moins de deux minutes plus tard, un appel est arrivé de Prescott, à 25 kilomètres au sud de Paulden. Le second rapport décrit une lumière rouge et
quatre lumières blanches.
Une minute après, les téléphones de Davenport ont explosé avec des appels d'une succession de villes : Wickenburg, Glendale, Phœnix, scottsdale,
Tempe. Les téléphones des services de police étaient saturés. Les appels ont inondé les lignes de la base aérienne de Luke et des médias.
Sûrement beaucoup d'exagération ici, puisque Davenport n'a pu fournir que seize témoignages recueillis dans les trois mois après l'observation... Et
puis un déluge d'appels aux services de police à la base de Luke et aux médias, c'est un peu incompatible avec le fait que plus personne ou presque
n'ait parlé de cette affaire pendant trois mois !
L'événement a duré 106 minutes. Certains ont dit avoir vu des orbes dans le ciel. D'autres ont vu des triangles. La description de loin la plus
courante — et celle qui a été enregistrée sur les bandes vidéo — était celle d'un objet en forme de V. Il avait sept lumières
— trois sur chaque branche du V et une septième « lumière traînante » séparée des autres. De temps en temps, certaines de ces lumières
s'éteignaient.
Là on commence à mélanger les deux événements, puisque l'objet en forme de V, qui était bien le type d'observation le plus courant, a traversé
l'Arizona en à peu près une heure, mais c'est tout autre chose, et nettement plus tard, qui a été enregistré sur les vidéos.
Les témoins s'accordent généralement sur trois points. Premièrement, il était énorme. L'estimation la plus prudente le décrit comme faisant trois
terrains de football de long. L'analyse informatique des bandes le situe à 1800 mètres, soit plus d'un mile.
Quelles bandes et par qui, cette analyse ?
Deuxièmement, il n'émettait aucun son.
Troisièmement, il s'est déplacé lentement au-dessus de Phœnix, à une vitesse de croisière de 50 km/h. Plusieurs fois, il a fait du surplace dans le
ciel.
Là encore on mélange les deux événements différents, les lumières dessinant un V qui ont traversé le ciel à une faible vitesse apparente vers
20 h 30, et celles qui sont restées stationnaires pendant quelques minutes à 22 h.
Les pilotes de la région ont demandé aux contrôleurs aériens d'identifier les lumières, mais les contrôleurs n'ont pas pu les aider. Bien que les
contrôleurs aient pu voir les lumières, ils disent que rien n'est apparu sur leurs écrans radar.
« Bizarre, inexplicable », dit Bill Grava, pilote et contrôleur depuis 12 ans, qui était de service à la tour cette nuit-là à l'aéroport
international de Sky Harbor, ici. « Je ne sais toujours pas quoi penser, et je n'ai aucune idée de ce que c'était. Quelque chose de militaire,
je suppose ».
Dana Valentine, 31 ans, était assis dans son jardin à Phoenix lorsque les lumières se sont dirigées vers lui. Ce technicien en imprimantes laser
a couru et a entraîné son père, ingénieur en aéronautique, et tous deux ont regardé fixement le ciel lorsque les lumières sont passées à 150 mètres
directement au-dessus d'eux.
« Nous pouvions voir le contour d'une masse derrière les lumières, mais nous ne pouvions pas vraiment voir la masse », dit Valentine.
« C'était plus comme une distorsion grise du ciel nocturne, ondulée. Je ne sais pas exactement ce que c'était, mais je sais que ce n'est pas une
technologie dont le public a déjà entendu parler. »
On reparlera de cet effet de distorsion mentionné par quelques témoins.
En bas de la route, Tim Ley venait de rentrer chez lui et sortait de sa voiture quand il a vu les lumières. Il s'est précipité et a attrapé sa femme,
Roberta, à temps pour voir la formation glisser silencieusement au-dessus d'eux.
« C'était étonnant, et un peu effrayant », raconte Ley, 54 ans, consultant en gestion. « C'était si grand et si étrange. On ne
pouvait pas vraiment voir l'objet. Tout ce que l'on voyait, c'était son contour, comme si quelque chose cachait les étoiles. »
Comme la plupart des témoins, Ley a trouvé les lumières extraordinaires. « Ce n'était pas des ampoules », dit-il. « Elles ressemblaient à
du gaz. Il y avait une distorsion à la surface. De plus, la lumière ne débordait pas et ne brillait pas. Je n'ai jamais vu une lumière comme ça. »
Des centaines de personnes cherchent des explications
Comme tout le monde, selon Michael Tanner et Jim Dilettoso. Ils sont deux des quatre partenaires qui possèdent Village Labs, une entreprise de
Tempe, en Arizona, qui conçoit des effets spéciaux informatisés pour Hollywood et des superordinateurs pour le gouvernement fédéral. Ils travaillent
clandestinement pour analyser les vidéos d'ovnis.
Ils savent surtout se faire mousser, et effectivement ils occupent beaucoup de leur temps à analyser les vidéos d'ovnis sans en avoir les
compétences.
Ils ont fait une analyse informatique des vidéos tournées par des observateurs amateurs, comparant les lumières mystérieuses à toutes les autres
lumières de l'horizon de Phœnix filmées cette nuit-là. Selon eux, les lumières au-dessus de la tête étaient tout à fait uniques : une lumière
parfaitement uniforme, sans variation d'un bord à l'autre et sans lueur. Ils ont exclu les lasers, les fusées éclairantes, les hologrammes et les feux
d'avion comme sources.
« Je n'ai aucune idée de ce que c'était », dit Dilettoso.
De son côté, Tanner a interrogé les témoins et a fait le tri dans la chronologie. Son point de vue actuel : il y avait quatre objets, dont la
formation en V, arrivant tous du nord à peu près au même moment et repartant de la même façon qu'ils sont arrivés.
Mais aucun des deux hommes n'est un scientifique de formation. Ce sont des hommes d'affaires qui s'appuient sur les logiciels sophistiqués des autres.
Ainsi, pendant que leur travail se poursuit, Frances Barwood, conseillère municipale de Phœnix, prend la tête de l'appel à une enquête officielle.
On reparlera de Frances Barwood...
Elle a assumé ce rôle lors d'une réunion du conseil le 6 mai, lorsqu'elle a demandé au directeur municipal Frank Fairbanks si quelqu'un enquêtait sur
l'incident. Elle a été le premier représentant officiel à poser une question publiquement, et les médias locaux ont sauté sur l'occasion. Puis les
appels de personnes ayant vu l'incident ont commencé à affluer à son domicile et à son bureau.
« Il y en a eu 37 le premier jour », raconte Mme Barwood. « Après cela, ils se sont comptés par centaines. J'ai reçu des appels de
médecins, d'avocats, de célébrités.
« Un entraîneur de la Little League a appelé pour dire que les deux équipes et leurs familles avaient vu cela. La plupart voulaient que leur nom ne
soit pas mentionné, mais ils voulaient des réponses. Eh bien, si je l'avais vu, je voudrais des réponses, aussi. »
Pas d'enquête officielle
Le chemin de Barwood vers une réponse officielle, cependant, a emprunté la voie habituelle des enquêtes sur les ovnis, qui est une route qui ne mène
nulle part.
Les autorités de Phœnix affirment que la ville ne peut pas enquêter car « nous n'avons pas de force aérienne », déclare Scott Phelps,
porte-parole du maire Skip Rimsza. « C'est bien au-delà de nos ressources de poursuivre des lumières dans le ciel. Nous ramassons les ordures.
Appelez le gouverneur. »
Le bureau du gouverneur Fife Symington n'est pas impliqué non plus. Lorsqu'un auditeur de son émission de radio hebdomadaire régulière l'a interrogé à
ce sujet, Symington a répondu que c'était la première fois qu'il en entendait parler. Aucune action officielle n'est prévue.
On reparlera aussi longuement de Symington, mais ce qui est à remarquer c'est ce nombre de gens importants habitant à Phœnix qui n'avaient même pas
entendu parler de ce formidable événement censé avoir saturé les lignes téléphoniques de tous les services concernés, avant que la presse ne s'en
mêle, à la recherche d'histoires d'ovnis pour fêter dignement le cinquantième anniversaire du... crash de Roswell. Frances Barwood non plus n'avait
pas entendu parler de ces observations avant qu'un journaliste ne l'aborde.
Barwood a écrit au sénateur américain John McCain, qui a transmis l'affaire à l'armée de l'air américaine à Washington, D.C. L'armée de l'air a
clos le dossier la semaine dernière en annonçant qu'elle ne ferait rien.
En effet, le gouvernement américain ne s'occupe plus officiellement des ovnis depuis 1969, date à laquelle l'armée de l'air a mis fin au projet
Blue Book, le service d'enquête sur les ovnis créé après l'incident de Roswell. « C'est une question qui relève des juridictions
locales », déclare Gloria Cales, porte-parole de l'armée de l'air.
Et maintenant, le crash de Roswell a mené à le création de Blue Book !
En d'autres termes, la ville dit que c'est l'affaire de l'armée de l'air, et l'armée de l'air dit que c'est l'affaire de la ville. Résultat :
Aucune agence gouvernementale n'enquête.
Une organisation privée a enquêté, cependant. Le directeur pour l'état de l'Arizona du Mutual UFO Network, un groupe de 5000 enquêteurs dans le pays, a
déclaré qu'il s'agissait d'un ovni. C'est inhabituel. Seulement 5% des observations d'ovnis obtiennent cette distinction de ce groupe.
« Je ne peux pas garantir que c'est extraterrestre », déclare Tom Taylor, directeur pour l'état. « Cela pourrait être lié à l'armée, bien
que j'aie du mal à croire que l'armée le laisserait voler comme ça ».
À la base aérienne de Luke, le lieutenant-colonel Mike Hauser, assiégé, dit que les appels continuent d'arriver. Les gens sont en colère et exigeants.
Ils veulent une enquête. Ils dénoncent une dissimulation.
« Ils nous traitent de menteurs », dit-il. « Je m'insurge contre cela. J'ai répondu à tous les questions. Nous n'avons rien à cacher.
Mais le fait est que... nous n'enquêtons pas sur les ovnis. »
Hauser reconnaît que des avions de chasse F-16 étaient en vol cette nuit-là. Il ajoute cependant qu'ils n'avaient rien à voir avec les drôles de
lumières dans le ciel. Les jets étaient en mission d'entraînement de routine.
Mais Hauser ne convaincra jamais le conducteur de la bétonnière. Les deux orbes brillamment éclairés qu'il a vus étaient principalement blancs avec des
périmètres orange et des centres rouges pulsants.
L'itinéraire de Greiner l'a mené à moins d'un kilomètre et demi de la base, et il dit que l'un des orbes était au-dessus de la base lorsque trois F-16
ont décollé et ont viré à droite vers lui.
Puis il s'est élevé et a disparu « en un clin d'œil », dit Greiner. « C'était fou. Je sais que ces pilotes l'ont vu. Bon sang, je me
soumettrai à un détecteur de mensonges à la télévision nationale si ce type de la base fait de même.
« J'aimerais que le gouvernement l'admette. Vous savez comment c'est dans cette ville en ce moment ? C'est comme si 50 000 personnes
dans un stade regardaient un match de football et qu'on nous dise qu'on n'y était pas. »
Et voilà comment l'affaire de Phœnix a vraiment démarré. Après ce coup d'envoi d'USA Today, toute la presse lui a emboîté le pas, les
télévisions ont diffusé en boucle les vidéos des mystérieuses lumières, et le cas s'est élevé au rang des plus formidables observations d'ovnis. C'est
dire que beaucoup d'ufologues vont s'y accrocher désespérément en refusant de voir les évidences les plus flagrantes !
Le mythe du chevron géant
Si on lit la littérature ufologique, on a l'impression que des milliers de témoins à Phœnix se sont vus survolés par un immense ovni en forme de chevron,
portant de puissantes lumières et masquant les étoiles sur son passage.
Mais cette prétendue « constance » est issue en grande partie d'un témoignage unique, celui de Tim Ley, dont la reconstitution par lui-même
était exposée dans l'article du 18 juin d'USA Today :
Une observation apparemment fantastique, mais comme d'habitude dans ce genre de cas on peut s'interroger sur la réalité de la « forme » noire
visible dans le ciel nocturne. Tim Ley dit dans son témoignage que le ciel n'était pas encore complètement noir, mais le fait est que le 13 mars 1997
à 20 h 15 à Phœnix le soleil était couché depuis près de deux heures et se trouvait à 21° sous l'horizon, et dans ces conditions il fait
vraiment nuit noire. Les témoins étaient situés à l'écart de la ville dont les lumières se trouvaient presque dans leur dos, ils avaient donc un ciel
assez noir et le phénomène devait plutôt se présenter ainsi :
Son témoignage dans le journal était assez court :
Au bout de la rue, Tim Ley arrivait juste à sa maison et sortait de sa voiture quand il a vu les lumières. Il a couru et est allé chercher sa femme,
Roberta, à temps pour regarder la formation glisser silencieusement au-dessus d'eux.
« C'était étonnant, et un peu effrayant », dit Ley, 54 ans, consultant en gestion. « C'était si grand et si étrange. Vous ne pouviez
pas réellement voir l'objet. Tout ce que vous pouviez voir était le contour, comme si quelque chose effaçait les étoiles. »
Comme la plupart des témoins, Ley a trouvé les lumières extraordinaires. « Ce n'étaient pas des ampoules », dit-il. « Elles ressemblaient
à du gaz. Il y avait une déformation de la surface. De plus, la lumière ne s'étendait pas et ne luisait pas. Je n'ai jamais vu une lumière comme
ça. »
Il a été plus précis en racontant son histoire l'année suivante dans son blog. Tim Ley rentrait chez lui, un peu à l'écart de la ville au nord-est,
accompagné de son fils. Ce dernier, à peine sorti de la voiture, regardait en direction du nord-ouest pour voir si la comète était encore visible, quand
il a vu dans cette direction un ensemble de cinq lumières formant un arc de cercle légèrement courbé vers le haut. Tim a alors appelé sa femme et son
petit-fils, qui ont aussi observé le phénomène.
Il précise ensuite la description :
J'ai continué à observer que les lumières gardaient rigidement leur forme de A, sans aucune déviation. Mon esprit était à la recherche d'une réponse
qui pourrait équilibrer ces deux observations différentes : la grande distance entre les lumières et l'intégrité absolue de leurs positions
relatives. Ma femme et moi avons parlé entre nous de ce qui se passait, et nous avons discuté de la façon dont il serait difficile pour cinq objets
distincts de voler dans un tel modèle parfait. Ils continuaient à venir droit sur nous, sans jamais changer de cap ou l'altitude. Nous étions juste dans
ma cour à côté de notre grand cactus saguaro et regardions cette forme en Alpha de cinq lumières blanches lumineuses qui venait directement vers nous
pour probablement environ 15 minutes en tout avant qu'elle nous atteigne. C'est lorsqu'elle est arrivée à environ un kilomètre et demi de distance
que nous avons finalement décidé qu'il s'agissait certainement d'une énorme structure, parce que les lumières maintenaient si rigidement leurs positions
relatives les unes aux autres, elles devaient être verrouillés ensemble.
Et plus loin il insiste :
J'ai fait remarquer que les lumières devaient être reliées entre elles, car aucun vol d'objets distincts éclairés dans notre monde ne pourrait
maintenir cette symétrie parfaite.
À présent, il se trouvait à un demi-mile en venant encore directement à nous, et à ce moment-là, nous pouvions alors voir clairement le contour distinct
de sa forme sombre se déplaçant sur le fond des étoiles qui sont au-dessus et au-delà.
Plus loin, il dit qu'il distinguait la forme, mais difficilement, et qu'elle masquait les étoiles :
C’était très noir aussi nous pouvions à peine voir les bords. La forme masquait les étoiles.
Et encore plus loin, une étrangeté dont on aura l'occasion de reparler :
Les enfants étaient dans la rue à regarder dans les espaces entre les bras et faisaient remarquer à ma femme et moi combien les étoiles semblaient
étranges, comme si on les voyait à travers un verre très fin avec la légère distorsion de la lumière passant au travers, due à l'épaisseur elle-même et
à un effet d'ondulation causé par le mouvement de l'engin. L'aspect des étoiles entre les bras était assez semblable à une vidéoprojection. Ces étoiles
étaient notablement différentes de l'aspect des étoiles dans le reste du ciel.
Concernant l'immensité du vaisseau qu'il a observé et sa « parfaite symétrie », on est tenté de penser qu'il a quelque peu idéalisé son
observation du fait qu'il l'a prise quasiment pour une révélation divine... C'est ce qu'on peut lire encore sur son blog, lorsqu'il raconte sa troisième
vision de l'engin (parce que oui, il l'a revu à deux reprises dans les mois qui ont suivi, le 25 juin et le 23 juillet) :
Je parlais de l'observation que ma femme et moi avions faite un mois plus tard le 25 juin et du fait des circonstances de l'observation [à la
suite d’une prière] j'étais arrivé à une certaine conclusion concernant les habitants du vaisseau. J'ai su que ces êtres dans le vaisseau étaient amis
avec Dieu et font ce que Dieu leur demande y compris se montrer à mon épouse et moi et faire une démonstration dans le ciel pour nous faire savoir
qu'ils sont là et qu'ils sont les amis de Dieu et qu'ils nous connaissent. J'ai conclu aussi qu'ils étaient liés à nous comme les enfants de Jésus et
étaient humains.
Rappelons aussi que ce récit a été fait un an après l'observation... Mais il se trouve que le NUFORC avait pour sa part enregistré une déposition de Tim
Ley le 19 mars 1997, soit seulement six jours après l'observation :
Mon fils de 10 ans et moi venions tout juste d'arriver je pense vers 20 heures, et alors qu'il attendait dans la voiture que je vienne ouvrir
la porte, il regardait vers le nord-ouest pour voir si la comète était encore visible, quand il vit un groupe de lumières. J'ai regardé et ce que j'ai
vu était ce qui ressemblait au début à un motif de 5 lumières dans un demi-ovale sur son côté supérieur. Je croyais que c'était un dirigeable avec
des lumières dessus. Il semblait flotter, mais j'ai remarqué qu'il venait directement dans notre direction. Mon fils est entré dans la maison et a
demandé à ma femme, à mon petit-fils de 13 ans et à ma fille de 18 ans de sortir. Nous avons tous regardé ces lumières s'approcher. Quoi que
ce soit, ça avançait plutôt lentement. Au fur et à mesure qu'il s'approchait, il n'avait plus une forme ovale vers le haut, mais commençait à ressembler
davantage à un « V » de 5 feux, avec un feu au centre de la pointe et deux feux de chaque côté. L'angle du « V » n'était pas
très aigu, peut-être 60 degrés... Alors que nous étions là à regarder, nous étions complètement sidérés parce qu'il allait passer directement
au-dessus de notre maison. Et il l'a fait. Il est passé directement au-dessus de nos têtes, à peut-être 300 m ou plus au-dessus de nos têtes. Notre
maison est située sur le flanc d'une montagne dans la partie nord-est de Phœnix et nous pouvons voir assez loin au nord-ouest et au sud-ouest. Quand il
est passé au-dessus de nos têtes, nous étions tous en train de le regarder et de parler. D'une part, il semblait flotter au-dessus de nous et il
n'émettait absolument aucun son détectable. On essayait d'imaginer ce que c'était. Ça ne peut certainement pas être un groupe d'avions volant en
formation, car les lumières sont restées absolument fixes les unes par rapport aux autres. En levant les yeux, nous pouvions voir à travers le milieu du
« V », mais chaque bras semblait avoir la forme d'une règle plate et plutôt longue, de la première lumière de tête aux lumières de pointe,
peut-être une soixantaine de mètres ou plus. C'était énorme. Les enfants ont eu un peu peur, je suppose, parce que nous n'avions aucune explication pour
ce que nous voyions. Nous l'avons regardé continuer à voler vers le sud-est jusqu'à ce que nous ne puissions plus voir aucune lumière. Mon
parcours : j'ai 54 ans, en parfaite santé. Je suis titulaire d'une maîtrise du Columbia University Teacher's College. Ancien ingénieur-système
pour IBM. Plus récemment, j’ai travaillé dans l'industrie de la réparation électronique dans le domaine de la gestion. Actuellement cadre dans une
entreprise manufacturière. Ma femme est secrétaire à l'école secondaire catholique St Mary's. Ma fille est une étudiante d'honneur au lycée. Nous vivons
sur le flanc de cette montagne et nous regardons toujours le ciel, donc si nous sommes dehors, il ne se passera pas grand-chose sans que nous le
voyions. Et nous n'avons jamais rien vu de tel.
On remarque qu'il n'est pas clair du tout dans ce premier témoignage que Tim Ley ait vraiment vu la forme de l'engin, puisqu'il insiste surtout sur le
fait que « Ça ne peut certainement pas être un groupe d'avions volant en formation, car les lumières sont restées absolument fixes les unes par rapport
aux autres ».
Rien non plus sur l'étrangeté des lumières, ni une quelconque distorsion ou ondulation du ciel étoilé entre les bras du « V ».
Et puis, Tim Ley estimait la dimension de l'objet à une soixantaine de mètres et l'altitude à environ 300 m, ce qui correspondrait à une dimension
angulaire de 12° lors du passage au plus près, pas vraiment immense donc. À comparer à ce qu'il dit dans le récit de son blog : la dimension est
estimée à plus de 200 m (700 pieds), et l'altitude à seulement 30 m (100 pieds)... En un an, le témoin a multiplié le rapport
dimension/distance, donc la dimension apparente, par 35 ! Et bien sûr c'est sur le récit le plus tardif que se fondent les ufologues... Voir par
exemple une magnifique reconstitution en 3D de
l'observation de Tim Ley sur le site de Laurent Chabin... Lequel s'interroge tout de même en constatant qu'en suivant les estimations du témoin, on
trouve que l'ovni aurait tapé de l'aile contre une colline à proximité !
Une autre bizarrerie dans son témoignage initial est qu'il dit avoir observé l'objet avec son fils Hal âgé de 10 ans, son petit-fils Damian âgé de
13 ans, sa femme Roberta (ou Bobby) et sa fille de 18 ans... Mais cette dernière, « étudiante d'honneur au lycée », n'est pas du tout
évoquée dans le blog, et n'a jamais été présente ni mentionnée dans les différentes interviews de Tim Ley et sa famille... On peut se demander si cette
mise à l'écart ne trahirait pas une perception différente des événements, et peut-être une certaine distance avec les convictions religieuses de la
famille.
L'autre témoignage de « chevron » ayant été très médiatisé est celui de Mike Fortson, qui a témoigné très tôt :
Je me suis réveillé d'une brève sieste dans mon fauteuil et je me suis penché pour dire à ma femme que j'allais me coucher. J'ai jeté un coup d'œil à
l'horloge de la télévision, il était 20 h 30. Alors que je marchais dans le couloir menant à la chambre principale, j'ai remarqué que la
fenêtre de la chambre était ouverte. Le temps était très agréable ce soir du 13 mars, température de 24 degrés, clair et pas de vent (bulletin
météo de Jim Schnebelt sur Fox 10). Une soirée de printemps typique de l'Arizona.
Lorsque j'ai fermé la fenêtre, mes yeux ont été attirés par les trois énormes lumières blanches brillantes inclinées vers le bas et très basses par
rapport au sol. « un crash d'avion ! », ai-je pensé. Ces lumières étaient bien trop basses et inclinées d'une manière que rien de ce que
je connaissais ne pouvait correspondre.
J'ai couru dans le couloir, j'ai attrapé mes lunettes au bar et j'ai crié à celle qui est ma femme depuis 25 ans, « sors tout de
suite ! » Sans hésitation, elle m'a suivi par la porte de l'arcade arrière jusqu'à l'extrémité de notre patio. (J'ai chronométré cela depuis,
ça a pris environ 8-10 secondes).
Debout au bord de notre patio, face à l'ouest et regardant vers le nord, j'ai été confus. Car il n'y avait pas de crash, mais venant du nord et se
dirigeant vers le sud, il y avait une unique structure ressemblant à un boomerang géant. (Les comparaisons avec un boomerang, un chevron (mieux) ou un
objet en forme de V sont toutes valables). Cet objet faisait tache dans le ciel du soir en raison du fait que nous regardions vers le nord vers la
région métropolitaine de Phœnix, et les lumières de la ville nous donnaient un fond gris pour voir cet énorme objet noir en forme de V. Il était si
bas à la surface que nous ne pouvions pas le croire. Je me souviens avoir dit « qu'est-ce que c'est que ça ? »
L'énorme engin en forme de V se déplaçait lentement vers le sud. À ce point, toujours à notre nord-ouest, nous avons tous les deux vu un 737 en
approche d'atterrissage passer au-dessus de l'objet. L'avion arrivait de l'ouest en direction de l'est. L'engin en forme de V se dirigeait vers le
sud depuis le nord. Alors que le 737 passait au-dessus de l'objet en forme de V, j'ai dit : « avez-vous vu ça ! Pourquoi l'avion
n'a-t-il pas foutu le camp de là ? » Mais ce n'était pas le cas. Ni le pilote ni les ordinateurs des avions n'ont rien vu. (Tout comme les
radars de Sky Harbor et de Luke AFB. Rien n'a été détecté).
J'aimerais en savoir plus sur cet incident. Nous vivons à environ 37 kilomètres à l'ESE de Sky Harbor à Phœnix. Les avions qui atterrissent (la
plupart du temps) doivent passer par nous, virent vers le nord (à gauche), continuent sur à peu près 16-19 kilomètres, virent encore à gauche (vers
l'ouest) et atterrissent à Sky Harbor. C'est la procédure d'atterrissage normale. J'ai parlé à des pilotes de ligne, à des tour-opérateurs et à des
enquêteurs de l'altitude des avions qui atterrissent à Sky Harbor, au point du premier virage vers le nord où nous vivons. L'altitude...
370 m. L'engin massif en forme de V que nous avons vu était à moins de 370 m d'altitude !
Alors que l'énorme engin en forme de V se dirigeait vers le sud, il était presque devant nous, quand mes yeux suivirent l'aile gauche vers son
extrémité. Nous vivons à 800 m au sud du Bd Chandler. L'extrémité de l'aile était bien au-delà et au moins à mi-chemin de la route Ray
(2500 mètres au nord !) Je me souviens avoir dit à ma femme, « ce fils de pute fait un kilomètre et demi de long ! » Lorsqu'il
est passé devant nous, tout ce que nous pouvions voir, c'était l'aile gauche. Ça montre à quel point il était bas. À bout de bras, l'objet mesurait au
moins 80 cm+ de long. J'ai indiqué qu'il était environ 2,5 km à l'ouest de nous, descendant la route Alma School. Mais la partie la plus
proche de l'énorme V, la fin de l'aile gauche, était beaucoup plus proche. Peut-être 800 mètres. Une chose dont je me souviens le mieux est la
façon dont ce vaisseau « flottait » à environ 50-65 km/h. Il n'y avait aucun moyen de propulsion visible et absolument aucun bruit.
Le 13 mars 1997, à environ 20 h 31 MST, il y avait un brillant quart de lune inférieur à l'horizon ouest. J'ai dit à ma femme,
« on va avoir plus de détails, regarde, il va droit dans la lumière de la lune. » Mais au lieu de plus de détails sur cet énorme vaisseau en
forme de V, ce que nous avons vu nous étonne toujours. Lorsque l'avant du vaisseau en forme de V est entré dans la lumière de la lune, cet objet
noir en forme de chevron est devenu translucide à la lumière vive ! Nous pouvions toujours voir le quart de lune inférieur à travers l'objet, mais
au lieu d'être d'un blanc brillant, elle (la lune) était d'un jaune terne. Lorsque le vaisseau en forme de V est sorti de la lune brillante, il est
redevenu un objet noir solide. Nous avons regardé l'ensemble du vaisseau passer par là. Nous voyions un objet solide entrer et sortir, en étant noir.
Mais alors que l'engin passait entre nous et la lune brillante et blanche, il était translucide.
(Quelque chose à propos d'objets brillants... des témoins qui ont eu ce passage au-dessus de leur tête affirment que lorsque l'engin passait entre des
étoiles brillantes, c'était comme regarder à travers... de l'eau)
Au moment où la fin (aile gauche toujours) passait à travers la lumière de la lune, l'avant de l'engin disparaissait dans le ciel nocturne à notre sud.
Il n'a jamais changé de cap, de vitesse ou d'altitude. Juste disparu dans le ciel nocturne à notre sud.
Pendant toute l'observation, nous nous ne nous sommes jamais déplacés. Nous n'avons jamais envisagé de prendre un appareil photo. Nous n'avons jamais
pensé à crier à un voisin. Il n'y avait aucun doute dans nos esprits que ce que nous avons vu n'était pas de cette Terre. Notre observation totale a
duré à peu près 1 minute et 45 secondes.
La dimension apparente est encore plus grande que dans l'estimation de Tim Ley, avec une dimension à bout de bras de plus de 80 cm ! Mais on
sait bien que des exagérations extrêmes de la dimension angulaire sont monnaie courante chez les témoins d'observations. Il est dommage que Fortson n'ait
pas donné une dimension apparente par rapport à celle de la lune (je doute un peu qu'il aurait indiqué 160 diamètres lunaires, qui équivaudraient
bien à 80 cm à bout de bras), alors qu'il a eu la chance de voir l'objet passer devant.
Notons du reste qu'il est le seul parmi la centaine de témoins dont on dispose à avoir vu l'objet passer devant la lune, ce qui est une bonne raison de
douter des dimensions extrêmes qui sont souvent attribuées à l'objet.
Quant à l'altitude, qui serait inférieure à 370 m parce qu'il est passé « au-dessous » de deux avions en approche d'atterrissage, c'est
l'habituel problème de l'impossibilité de connaître la distance... Puisque l'objet passait devant la lune, les deux avions passaient aussi au-dessus de la
lune, dont l'altitude est bien supérieure à 370 m !
On peut aussi s'amuser de l'objet décrit comme un immense engin très noir, à l'aspect bien « solide », qui devient « translucide »
lorsqu'il passe devant la lune... Ça me rappelle un peu un témoin de notre vague du 5 novembre 1990 qui voyait l'objet éteindre ses lumières
lorsqu'il passait « devant » une colline et les rallumer quand il en ressortait (c'est pratiquement le seul cas de « passage devant un
obstacle » que l'on ait pour cette vague, malgré les affirmations de certains).
On reparlera du changement de couleur de la lune observé lors de ce passage.
Contentons-nous pour l'instant de remarquer que Tim Ley et Mike Fortson sont LES deux témoins qui sont à l'origine de l'affirmation que des milliers
d'habitants de Phœnix ont vu un immense objet solide en forme de chevron traverser le ciel de l'Arizona.
Le gouverneur Fife Symington fait rire jaune avec un Petit Gris
Au lendemain de la parution de l'article d'USA Today, le 19 juin, beaucoup d'habitants de l'Arizona exigeaient des réponses, et son gouverneur
Fife Symington a dû réagir. Il a commencé par expliquer qu'il ordonnait une enquête et qu'il mènerait toutes les investigations nécessaires pour apporter
des réponses, et il a convoqué une conférence de presse dans l'après-midi.
Et il est arrivé à cette conférence de presse avec le « coupable », son chef d'état-major déguisé en extraterrestre et menotté ! Il
expliquait : « Ceci pour vous montrer que vous autres êtes beaucoup trop sérieux ». Mais pour faire preuve lui-même d'un peu de sérieux, il
ajoutait qu'il avait questionné au sujet de cette affaire le commandant de la base Luke de l'Air-Force, le général en charge de la Garde Nationale, et le
chef du Département de la Sécurité publique, et qu'il n'avait obtenu aucune réponse précise à ce stade mais qu'il continuait l'enquête.
La majorité du public y compris beaucoup de témoins ont beaucoup ri de cette intervention, mais on imagine que les quelques ufologues persuadés que
l'Arizona avait subi une véritable invasions d'ovnis et que le gouvernement leur cachait la vérité, et les témoins qui les suivaient, l'ont assez peu
appréciée !
Plus tard, Symington a expliqué que sa plaisanterie n'avait pour but que d'apaiser un début de panique qui gagnait ses concitoyens, mais l'explication
était assez ridicule : au moment de cette conférence de presse, l'observation était passée depuis plus de trois mois, les rumeurs de fin du monde
associées au passage de la comète Hale-Bopp étaient oubliées, la panique n'avait plus aucune raison d'être et nous avons vu qu'elle n'avait jamais eu
lieu.
On comprend bien mieux la volonté de Symington de détendre l'atmosphère lorsqu'on sait qu'il était alors au centre d'un véritable scandale politique,
accusé de 21 chefs d'accusation concernant des fraudes fiscales, extorsions, mensonges à des financiers et autres... Lors de cette conférence de presse,
les auditions publiques de ce procès commençaient, et étaient très commentées dans la presse. Symington a évité de justesse la prison, bien qu'inculpé
quelques mois plus tard de 7 de ces chefs d'accusation, et contraint de démissionner de son poste de gouverneur. Il a été réhabilité en appel pour des
questions de procédure (deux juges fédéraux sur trois l'estimaient coupable, mais le troisième refusait de discuter avec les autres), en ayant dû tout de
même rembourser quelques millions de dollars qu'il avait extorqués à une caisse de retraite, puis « pardonné » par le président Bill Clinton à
qui il avait rendu service dans sa jeunesse.
On comprend donc que Symington avait intérêt à détendre l'atmosphère et à dire aux journalistes qu'ils étaient « un peu trop sérieux » pour
détourner l'attention de son procès, plutôt que pour calmer un début de panique totalement imaginaire !
La mairie assaillie de témoignages
Beaucoup d'ufologues racontent aussi que juste après l'observation, le standard téléphonique de la mairie était saturé d'appels téléphoniques de témoins
inquiets de ce qu'ils avaient vu... Mais là encore la réalité est tout autre.
C'est le 6 mai, presque deux mois après les événements, qu'une membre du conseil municipal, Frances Emma Barwood, a été approchée par les
journalistes d'un show télévisé qui préparaient un sujet sur cet événement, lui demandant ce qu'elle pouvait leur dire à ce sujet, personne ne voulant
leur répondre. Barwood n'avait alors même pas entendu parler de ces observations, mais elle a promis qu'elle en parlerait au Conseil municipal pour
essayer d'obtenir des réponses. Et c'est ce qu'elle a fait le jour-même lors d'une séance publique. La presse s'en est fait l'écho le 11 mai, et
personne n'ayant réagi Frances Barwood a vite été connue comme la personne à contacter pour les témoins de cette observation, et a elle-même lancé un
véritable appel à témoins. Et c'est ainsi qu'elle a commencé à récolter des témoignages, et ça s'est encore amplifié lorsque l'affaire a connu un gros
intérêt médiatique, encore un mois plus tard à l'approche du cinquantenaire des « soucoupes volantes ».
Ses adversaires politiques ont profité de sa détermination à enquêter sur les « Lumières de Phœnix », auxquelles pratiquement personne ne
s'intéressait alors, pour tenter de la discréditer, la faisant passer pour une hystérique croyant à une invasion extraterrestre. Ils cherchaient depuis
déjà plusieurs mois à la faire exclure du conseil municipal pour de tout autres raisons, mais ils ont alors redoublé d'efforts, obtenant même que son
exclusion soit mise à l'ordre du jour d'une cession. Ils ont échoué, et Frances Barwood est restée au conseil jusqu'à la fin de son mandat en décembre de
la même année. Il semble donc bien que cette campagne de discrédit n'ait pas été comme l'affirment bien évidemment beaucoup d'ufologues une tentative
d'étouffer l'affaire, mais une simple opportunité pour les adversaires politiques de Barwood... Laquelle du reste en faisait peut-être vraiment un peu
trop avec cette histoire, étant très influencée par les ufologues enthousiastes de Village Labs.
Quoi qu'il en soit, c'est donc ainsi que Frances Emma Barwood a reçu des centaines d'appels téléphoniques concernant ces observations, des mois après les
faits, et qu'elle a personnellement rappelé selon ses dires plus de sept cents témoins directs. Malheureusement elle n'a pas enregistré tous ces
témoignages, et on ne connaît donc que son appréciation d'ensemble, qui était que ces témoins avaient réellement vu quelque chose de très anormal,
assimilé pour beaucoup à un survol de la ville par un objet immense. C'est dommage parce que nous verrons que les quelques associations ufologiques qui se
sont intéressées à l'affaire ont de leur côté collecté beaucoup moins de témoignages, et que ces derniers sont bien loin d'être aussi unanimes.
Les Lumières reviennent le 14 janvier
Presque un an après les événements des « Lumières de Phœnix », le 12 janvier 1998 à 21 h 40, Lynne Kitei a observé deux lumières
étranges alors que la ville était plongée dans une légère brume.
Étant donné que l'affaire des flares avait beaucoup fait parler d'elle, elle a voulu savoir si des manœuvres impliquant des lâchers de flares avaient été
menées. Et elle a fini par apprendre que la Garde nationale aérienne du Michigan, cette fois, participait pendant deux semaines à une nouvelle opération
Snowbird à partir de la base Davis-Monthan AFB, et procédait presque chaque jour à des lâchers de flares. Le lieutenant-colonel qui commandait les
avions lui a dit qu'il doutait qu'elle puisse voir ces lâchers depuis Phœnix, et que les opérations se terminaient à 20 h 30, si bien qu'elle a
déduit un peu hâtivement que ces opérations ne pouvaient pas expliquer ses observations du 12.
Mais le jour-même où elle a obtenu ces informations, le 14 janvier à 19 h 45, Lynne Kitei a vu à nouveau des « orbes », et les a
photographiés. Elle a aussitôt appelé ses amis de Village Labs, lesquels ont contacté d'autres témoins de la « vague » de l'année
précédente qui se tenaient prêts à filmer en cas d'alerte, si bien que les orbes ont pu à nouveau être filmés de quatre lieux différents, formant à deux
reprises et pendant un total de vingt minutes des alignements de lumières, dont la dernière s'est éteinte à 20 h 46. Outre Lynne Kitei à
Paradise Valley au nord de Phoenix, il y avait le couple Krzyston à Moon Valley un peu au nord-ouest, Chuck Rairden à Ahwatukee à l'est, et un couple
d'observateurs à Rainbow Valley au sud-ouest. Et tous à part le dernier avaient aussi filmé le phénomène de 1997 à 22 h.
Lynne Kitei a alors rappelé la base de Davis-Monthan, dont le commandant lui a dit que la Garde Nationale avait bien lâché des flares comme les autres
jours. Il pensait qu'il pouvait y avoir eu jusqu'à 8 flares lâchés.
Bruce Maccabee enterre l'ovni de 22 h
Cette deuxième série de vidéos a été à l'origine de la principale étude
montrant que cet ovni du 14 janvier 1998 aussi bien que celui du 13 mars 1997 à 22 h s'expliquent bien par des lâchers de flares. L'auteur,
Bruce Maccabee, est un ufologue très respecté, physicien en optique ayant longtemps travaillé pour la Marine américaine, et n'appartenant pas du tout au
courant sceptique.
Cette étude parue en été 1998 est très intéressante et avait été en grande partie traduite en français dans un forum depuis disparu, j'ai donc décidé de
récupérer cette traduction en la complétant et de la remettre en page, vous pouvez trouver ce
document ici.
Maccabee a commencé par s'intéresser aux vidéos de janvier 1998, expliquant que ça constituait pour lui un bon entraînement avant d'aborder celles de mars
1997. En effet, pour la seconde observation, les auteurs des vidéos étaient préparés et ont été prévenus rapidement, ils ont donc pu filmer l'ensemble du
phénomène. Cela permettait de mieux calculer les différentes directions d'observation, et d'éliminer tout doute sur le fait qu'ils avaient tous filmé les
mêmes lumières depuis quatre points de vue assez éloignés les uns des autres. Il y avait en outre deux groupes de lumières très espacés dans cet événement
de janvier 1998. Les personnes ayant tourné ces vidéos étaient pour l'essentiel les mêmes dans les deux cas et avaient filmé depuis les mêmes lieux, et
elles avaient toutes le sentiment que les deux événements étaient de même nature et que les lumières étaient identiques. L'étude des vidéos de janvier
1998 permettait donc d'éliminer certaines ambiguïtés possibles concernant celles de mars 1997.
Et donc, après cet « exercice d'entraînement », il s'est attaqué à l'événement le plus intéressant, en tout cas celui qui a fait le plus parler
de lui, les vidéos du 13 mars 1997.
Maccabee a montré par triangulation que les lumières filmées se trouvaient bien au-dessus du terrain de Barry Goldwater comme les autorités militaires
l'avaient annoncé, à plus de 100 km de Phœnix. La carte ci-dessous récapitule les positions des six personnes qui ont filmé et celles
(approximatives) des flares sur le terrain de Barry-Goldwater :
Il a montré que les lumières n'étaient pas totalement fixes, mais descendaient légèrement et se décalaient vers la gauche, comme si elles tombaient
lentement et étaient poussées par le vent qui allait dans la bonne direction. Et que si les lumières ne s'éteignaient pas dans le même ordre dans les
différentes vidéos, c'est parce qu'elles disparaissaient en fait derrière la chaîne de montagne Estrella.
Cela avait d'ailleurs déjà été montré de façon très convaincante par une reconstitution faite par le Dr Leonid Rudin du laboratoire Cognitech, diffusée
pendant un documentaire de Discovery Channel en novembre 1997 :
Maccabee montrait ensuite que toutes les données sur les lumières, comme leur durée, leur intensité, leur vitesse de chute, leur déplacement en fonction
du vent, étaient compatibles avec les fusées éclairantes utilisées par la Garde Nationale lors des opérations concernées.
Et il répondait à toutes les objections avancées par certains ufologues : sur l'absence de vision des parachutes ou des panaches de fumée, impossible
à distinguer même aux jumelles ou dans une petite lunette astronomique en raison de la distance (Richard Motzer avait dit dans son article qu'on pouvait
distinguer ces fumées sur deux des vidéos, mais ça n'est pas du tout évident) ; sur la couleur des lumières, virant un peu vers le rouge en raison de
la quantité d'atmosphère traversée...
On a vu que tout cela avait d'ailleurs déjà été dit depuis longtemps par Richard Motzer, mais ce dernier se contentait d'affirmations assez péremptoires
et se trompait nettement sur la localisation des lâchers de flares, alors que Maccabee donnait le détail de ses calculs et des données, tout cela était
vérifiable.
Quelques critiques ont tout de même été émises par Bill Hamilton et Tom King (qui accessoirement avaient filmé l'événement, mais étaient les seuls à ne
pas avoir fourni leur vidéo à Maccabee), auxquelles il a répondu de façon convaincante dans une annexe à son document (intégrée dans la traduction).
Bref, ce rapport de Bruce Maccabee a convaincu à peu près tout le monde que les lumières de 22 h ayant fait l'objet de plusieurs vidéos étaient bien
dues à des flares. Même Jim Dilettoso a fini par le reconnaître.
Mais ce rapport ne concernait que les événements de 22 h, et au sujet de ce qui avait eu lieu une à deux heures auparavant Maccabee précise :
« Les médias locaux et nationaux avaient combiné ces observations vidéo avec les observations du triangle mobile de 20 h 00 à
21 h 00 (PROBABLEMENT UN ÉVÉNEMENT OVNI NON DISCUTÉ ICI !) pour en faire un spectacle de cirque... »
Les ufologues répètent à l'envi cette phrase pour indiquer que d'après Maccabee les observations d'une formation de lumières en V ayant traversé tout
l'Arizona se rapportent à un authentique OVNI. Mais ce qui apparaît, c'est qu'alors que Maccabee consacre l'équivalent d'une trentaine de pages papier à
démontrer que le phénomène de 22 h 00 s'explique par des flares, il ne consacre pas une ligne, à part celle que je viens de citer, à l'étude du
phénomène de 20 h 30... En clair, il ne l'a pas du tout étudié et son appréciation, qu'il assortit d'ailleurs d'un prudent
« probablement », n'a donc pas la moindre valeur. On peut se demander pourquoi il ne s'y est pas intéressé alors qu'il a consacré autant de
temps au « non-ovni » de 22 h, mais il faut bien comprendre qu'au moment où il a fait son étude les deux étaient intimement mêlés et que
c'était bien le phénomène de 22 h qui paraissait le plus étrange et faisait l'objet des principales discussions. Et on disposait dans son cas de
plusieurs vidéos, c'est sans doute ce qui a poussé Maccabee à s'y intéresser en tant qu'expert en optique.
La vidéo du boomerang
Lorsqu'il a été clair que le phénomène de 22 h s'expliquait par des flares, plus d'un an après les observations, les ufologues ont fini par se
rabattre sur « l'ovni géant en forme de chevron » de 20 h 30, qu'ils avaient un peu délaissé jusque là.
Mais alors qu'on n'a pas moins de six vidéos des flares de 22 h, on en a une seule, et de mauvaise qualité, de l'événement de 20 h 30. Elle
a été prise par Terry Proctor à 20 h 28. On la trouve sur YouTube
avec les commentaires, parfois discutables, de Richard Motzer (celui qui a le premier défendu l'hypothèse des flares pour le phénomène de 22 h),
suivie par plusieurs versions améliorées par un traitement informatique, encore par Richard Motzer. Ces traitements n'apportant pas grand-chose, j'ai
extrait la séquence présentant la vidéo d'origine :
D'après les indications de la caméra, la vidéo commence à 8 secondes, les premières ont dû être coupées parce qu'on n'y voyait pas l'objet. Ce
dernier n'apparaît que très furtivement à la huitième seconde et en partie à la neuvième, puis il réapparaît partiellement et encore sur quelques images à
la dix-huitième seconde, il réapparaît à la fin de la dix-neuvième seconde pour être suivi de façon constante jusqu'au début de la cinquante-neuvième
seconde, et la vidéo se termine encore une seconde plus tard.
On entend aussi la discussion entre Terry Proctor et sa femme (sous réserve, ça n'est pas toujours très compréhensible) :
T : Gaelle !
G : ?? au téléphone.
T : Envoie-le au diable, viens.
G : Oh mon dieu !
T : Tu vois ça ?
G : Oui.
T : Je ne sais pas encore ce que c'est... At...
T : 1, 2, 3, 4, 5... Maintenant je dois le tenir ce bâtard.
...
G : C'est pour ça qu'il nous a appelés.
T : Quoi ?
G : Ça... Il a dit quelque chose à propos d'une formation en V.
T : Dépêche-toi.
G : ??
Hennisement
T : Tu vois ça, chérie ?
G : Je vois ça.
Si j'ai bien compris (merci à mon ami anglais Oliver pour son aide) sa femme était au téléphone avec quelqu'un qui les appelait pour leur parler d'une
formation en V, ça confirme que beaucoup de gens ont vu le phénomène. Il est dommage que personne n'ait pensé à demander à Proctor où se trouvait
cette personne.
Notez aussi le hennissement à la fin. En essayant d'interpréter tout seul la conversation, avec ma compréhension très limitée de l'américain, je pensais
qu'après le hennissement Proctor parlait à son cheval, qu'il aurait appelé « Tony » (pourquoi pas ?) Mais Oliver m'a gentiment expliqué que
c'est à sa femme qu'il dit « You watch it, honey ? » (quelle idée d'appeler sa femme « miel »), puisque ça n'est pas son cheval
qui répond « I watch it » ! Et donc le cheval n'est probablement pas à lui, c'est juste un cheval à proximité, qu'il n'y a aucune raison de
ne pas appeler Tony... On verra plus loin que ce brave Tony va contribuer à faire connaître la vérité sur cette affaire.
Il est intéressant de noter que les témoins de l'événement de 20 h 30 sont beaucoup plus nombreux que ceux de 22 h, et pourtant on n'a que
cette vidéo sur laquelle les lumières sont à peine visibles. Cela indique au minimum que les lumières de 20 h 30 étaient moins lumineuses que
celles de 22 h. Et c'est d'ailleurs confirmé par le fait que Terry Proctor a eu aussi la chance de filmer les flares de 22 h, qui sont nettement
plus visibles.
Bizarrement, on n'a pas beaucoup cherché à exploiter cette vidéo, le seul enregistrement physique du passage du « V ». Vous lirez partout par
exemple que cette vidéo dure 42 secondes, alors qu'on y voit l'indicateur de la caméra qui va de 8 à 60 secondes, c'est dire qu'il n'y a pas beaucoup
d'ufologues qui l'ont examinée en détail ! Alors qu'il y a eu des dizaines de pages d'études poussées sur les vidéos des flares de 22 h, et que des
ufologues s'escriment à faire de magnifiques reconstitutions en 3D des témoignages relatés après des années, personne ne semble s'être intéressé de près à
cette vidéo unique. On va voir qu'il y a pourtant beaucoup de renseignements utiles à en tirer. Je n'ai pas non plus vu commenter la conversation
enregistrée sur cette vidéo, qui contient pourtant des éléments intéressants.
Étant donné que les lumières sont à peine visibles, et que le reste est noyé dans le bruit, il ne faut guère espérer mettre en valeur des détails
invisibles par des traitements d'images, comme l'a essayé Richard Motzer... Par contre, ce qui peut être intéressant c'est de stabiliser l'image du
« V ». Je ne sais pas s'il y a des logiciels qui peuvent le faire avec des détails aussi peu visibles, en tout cas je n'en ai pas alors j'ai
tout fait manuellement image par image, en plaçant au centre le point de tête :
La vidéo va de la fin de la dix-neuvième au début de la quarante-neuvième seconde, durée de visibilité du V en continu. Je l'ai accélérée par deux
pour qu'on perçoive mieux l'évolution de la formation.
J'espérais aussi que cela pourrait permettre de voir des étoiles, qui se déplaceraient de façon constante à peu près de gauche à droite sur cette vidéo
stabilisée. Si par chance on pouvait repérer plusieurs étoiles, ça permettrait de les identifier et de connaître la dimension, la hauteur et la vitesse de
déplacement angulaires de l'objet. Mais j'ai eu beau repasser la vidéo de multiples fois en écarquillant mes yeux, je n'ai pas trouvé la moindre évidence
du passage d'une étoile. Ça signifie en tout cas que les lumières de l'objet sont nettement plus lumineuses que toutes les étoiles passant dans le champ
de la caméra. Étant donné le champ parcouru par la vidéo, il y a au moins des étoiles de magnitude 2 qui sont passées, les lumières du V sont donc
plus lumineuses que cela... Et on a vu qu'elles étaient sûrement aussi nettement moins lumineuses que les lumières des flares dont la magnitude devait
être de -2 d'après leurs caractéristiques. On peut donc estimer la magnitude des lumières du V entre 1 et -1, soit celle des étoiles les plus
lumineuses du ciel. C'est d'ailleurs ce qu'indiquent un certain nombre de témoins. Et cinq lumières aussi lumineuses que les étoiles les plus brillantes
qui traversent le ciel en quelques minutes, ça ne passe pas inaperçu et il est tout à fait vraisemblable que plusieurs milliers de témoins les aient
remarquées.
Pour mieux évaluer l'évolution de la formation, j'ai aussi reporté la position des cinq points seconde après seconde. Les images entre 9 et 18 s sont
interpolées, puisque l'objet n'apparaît pas. La vidéo est accélérée de cinq fois pour qu'on se rende bien compte des déplacements.
Il y a tout au long de la vidéo un changement de perspective très net, mais on voit bien aussi que la configuration des lumières change :
Elle a l'air à peu près symétrique au début en tenant compte de la perspective, mais la lumière la plus haute, donc la plus à l'est, prend ensuite du
retard par rapport aux autres, alors que l'autre lumière à l'est se rapproche de la lumière de tête.
Notons que Terry Proctor lui-même s'est livré au même exercice, et on retrouve cette image un peu partout, mais ses positions sont considérablement
fausses :
La première image correspond à peu près à la disposition à 23 s sur la vidéo, peu après le début de la présence de l'objet en continu ; la seconde ne
correspond vraiment à rien (ça serait à peu près la configuration à 38 s, mais avec la lumière du haut complètement mal placée) ; la troisième
correspond à la configuration à 53 s ; et la dernière ne correspond à rien du tout, à moins que la vidéo diffusée par Richard Motzer ne soit
incomplète, puisqu'elle se termine à 59 s au compteur du caméscope et que 42 secondes après un début qui commence à 19 ça ferait 61 secondes :
ça voudrait dire que dans les deux secondes manquantes la lumière la plus haute, donc la plus à l'est, s'écarterait encore... Mais j'en doute parce qu'on
entend un bruit à la fin de la vidéo et l'objet n'est plus visible, comme si Proctor arrêtait l'appareil, je pense donc plutôt que la dernière image
correspond à la configuration à 58 secondes et que la lumière la plus haute est simplement mal placée parce que très difficile à repérer.
Des témoins pas aussi unanimes qu'on le prétend
Une seule vidéo donc, dont on reparlera, mais des milliers de témoins selon tous les ufologues qui parlent des Lumières de Phœnix, et c'est tout à fait
vraisemblable... Mais ce sont toujours les mêmes qui étaient mis en avant, à commencer par Tim Ley et Mike Fortson. Pour savoir s'ils sont réellement
représentatifs de l'ensemble des observations, il faudrait étudier l'ensemble des témoignages compilés.
À ma connaissance, une seule personne s'est attelée à cela : Thomas Eddie Bullard, connu pour être un ufologue pas vraiment sceptique mais très
rigoureux, auteur notamment de l'étude la plus complète et la plus sérieuse sur les « enlèvements extraterrestres » (UFO Abductions :
the Measure of a Mystery). Bullard avait écrit dans la revue International UFO Reporter de mars 2012, donc longtemps après les événements, un
article défendant l'idée que le fameux ovni était une formation d'avions avec leurs feux d'atterrissage allumés. Cet article n'ayant pas vraiment
convaincu, Bullard a décidé d'être plus complet dans une
longue annexe qu'il a publiée sur le site du NUFORC.
Pour moi, ce texte est aux témoignages de 20 h 30 ce que celui de Maccabee est à ceux de 22 h... Étant donné son intérêt, j'en
ai fait une traduction en français.
Bullard a donc recensé tous les témoignages sur les Lumières de Phœnix qu'il pouvait trouver dans des livres, revues, sites ou forums internet. Et à voir
le nombre de références, il a bien cherché... En éliminant les doublons, il en a trouvé 132, dont une trentaine n'ont vraisemblablement rien à voir avec
les observations du triangle lumineux ayant traversé le ciel de l'Arizona (heures ou lieux trop éloignés des autres témoignages, descriptions totalement
différentes...) Ça nous laisse une centaine d'observations relatives à ce fameux « ovni triangulaire géant ».
C'est peu quand on sait que les ufologues prétendent qu'on dispose de centaines voire de milliers de témoignages ! William F. Hamilton, un des
principaux enquêteurs sur ce phénomène qui représentait alors le Mufon, annonce par exemple qu'il a recueilli une centaine de témoignages peu après
l'observation, et à peu près autant plus tardivement. On a vu que dans son article sur les flares, Richard Motzer disait pour sa part avoir recueilli
quelque 70 témoignages dans les trois premiers mois, dont 52 lui avaient paru crédibles. Davenport du NUFORC en indique pour sa part une centaine reçus la
nuit même des observations, mais on ne trouve qu'une soixantaine de rapports en tout qui aient été compilés par cet organisme. D'autres enquêteurs
annoncent qu'ils disposent de quelque 300 témoignages. Et on se rappelle que la conseillère municipale Frances Barwood dit en avoir recueilli environ 700.
On devrait donc avoir un bon millier de témoignages, et en fait on n'en trouve qu'une centaine qui aient fait l'objet sous une forme ou une autre d'un
rapport !
Il est normal que beaucoup de témoins ne se soient pas fait connaître, et on peut donc estimer que le nombre réel de témoins doit être de plusieurs
milliers, ce qui est assez normal pour une ville de plus d'un million d'habitants et ses environs, mais il est beaucoup plus étonnant que les différents
enquêteurs sur cette affaire n'aient compilé qu'une petite partie des témoignages dont ils avaient connaissance. Et on peut alors se demander sur quels
critères ils ont choisi de rapporter un témoignage plutôt qu'un autre. Le fait que Mitch Stanley, l'astronome amateur qui a parfaitement reconnu en
l'observant dans son télescope Dobson que les lumières n'étaient que celles d'avions en formation, n'ait pas fait l'objet d'un rapport alors qu'il avait
bien contacté les ufologues, donne un indice !
Et parmi la centaine de rapports relatifs au « triangle géant », seule une minorité ont été rapportés au cours de l'année 1997, les autres ont
donc été rapportés par les témoins bien après leurs observations. Il n'y a guère qu'une trentaine de témoignages qui aient été consignés dans les trois
mois, avant que la presse nationale ne donne une grosse répercussion à l'affaire et que les divers documentaires télévisés ne viennent nécessairement
polluer la mémoire des témoins.
C'est très décevant comme le remarque Bullard, et ça nous donne une idée du peu de sérieux des principaux enquêteurs sur cette affaire, mais le fait est
là, on doit se contenter d'une centaine de témoignages dont la plupart sont très tardifs.
Vous pouvez donc consulter l'article de Bullard, mais pour éviter les allers-retours je reproduis son premier tableau des témoignages, en l'expurgeant des
observations n'ayant manifestement rien à voir avec ce qui a traversé le ciel de l'Arizona vers 20 h 30 (il en reste 104), et en n'indiquant que
le numéro de l'observation, l'heure, le lieu, la description et l'année du rapport.
No
Heure
Lieu
Résumé
Année
002
18:00
Prescott
Granite Mountain, 160 km N de Phœnix ; formation d'engins individuels avec des lumières blanches rondes, pas des fusées éclairantes ;
rapide et silencieux.
05
003
18:40
Phœnix
Objet triangulaire dérivant au-dessus de Phœnix à moins de 50 km/h ; lumières vues au-dessus de South Mountain depuis la
51e Av./route Indian School.
06
004
18:55 (?)
Henderson
Un témoin a mentionné un objet en forme de V de la taille d'un 747 avec 6 lumières sous l'aile et brillant comme des phares ; il est
passé au-dessus de lui avec un bruit d'accélérateur. [On ne sait pas si l'heure est MST ou PST ; si c'est l'heure PST, l'heure à Phœnix est
19:55].
97 ?
005
19:00
Carefree
Un témoin a vu une formation triangulaire silencieuse au-dessus de la région de Carefree.
06
006
19:00
Scottsdale
Une aile volante avec 8-9 lumières ambrées à la lueur douce a survolé la maison en 5 minutes à 150 m d'altitude et à
65 km/h ; l'objet ressemblait à une ombre sombre et émettait un son vibrant. Il s'est légèrement déplacé vers l'ONO (le témoin dit que
la date est le 17 mars).
06
007
19:30
Phœnix
9 ou 10 lumières ont survolé les Superstition Mountains à l'est de Phœnix, en configuration d'hexagramme.
97 ?
010
19:45
Stanfield
4 témoins ont vu un boomerang avec 4 lumières orange et une lumière blanche à l'avant, dans le sud au-dessus de Table Top Mountain ;
pas de ciel visible entre les lumières, aussi grand qu'un terrain de football d'un bout à l'autre de l'aile, lent. A survolé Hidden Valley vers
Phœnix, puis Raceway vers l'aéroport Sky Harbor.
08
011
Après 19:45
Un homme et sa femme sont arrivés à la maison à 19:45 et ont observé la comète. Ils ont vu une lumière au N, qui s'est séparée en 5 en
s'approchant ; forme en V, basse et lente ; la lumière de gauche est passée au-dessus de la maison en une minute environ ; elle a
tourné vers l'E en direction de l'aéroport et a disparu 1 minute plus tard.
08
012
20:00
Kingman
James et Fawn Clemens observaient Hale-Bopp quand ils ont vu une lumière floue au-dessus de l'horizon ; avec les jumelles, ils ont vu 5
lumières ambrées ou orange intenses en formation en V, juste à droite de la comète. Paraissaient au-dessus du lac Mead. Les lumières étaient
immobiles au début, puis lentes, puis elles ont disparu. Vu également une lumière se dirigeant vers le SO à 19:30.
97
013
20:00 (ca.)
Paulden
Un homme a signalé 5 objets en forme de diamant avec de fines traînées.
97
014
20:00 (:30 ?)
Dewey / Prescott Valley
Un conducteur et 5 passagers allant vers le N sur la I-69 ont vu un objet sur le côté SE de la route se déplaçant à 100 km/h, à 600 m
d'altitude (plus bas que 300) et sans bruit. Il leur est passé au-dessus, s'est arrêté (a plané pendant plusieurs minutes) ; vu 5 lumières
blanches brillantes en forme de piquet large (boomerang ?) Objet de 100-150 mètres de large, un poing serré à bout de bras ne pourrait
pas le masquer.
97
015
20:00
Fountain Hills
Cecile Storer a signalé un triangle planant au-dessus du côté E de la vallée ; elle a également vu 3 grandes sphères blanches lumineuses
planant en ligne ; un avion est passé à l'E des sphères.
02
016
20:00 (19:30 à 20:30)
Phœnix
Un témoin au N de Phœnix a vu 5 lumières s'approcher du N, bas sur l'horizon comme suivant la I-17 ; elles semblaient être en ligne
droite puis se sont élevées et ont montré un V ; silence. Un énorme objet s'est levé et a accéléré en passant au-dessus de Phœnix, a
fait un virage sans aucune courbe.
08
017
20:00
Phœnix
Objet avec 5 lumières, en forme de flèche, a survolé la maison ; est venu au-dessus de Shaw Butte Mountain au N (15e Av. & Cholla), vu
pour la dernière fois 13e Av. & Mercer.
99
018
20:00
Phœnix
2 témoins ont vu 5 lumières sphériques de la taille d'un terrain de football passer du N de Camelback Mountain au S. Sans bruit.
99
019
20:00
Tolleson
Une aile volante a survolé un témoin en voiture alors qu'il se dirigeait vers l'ouest à 67e & I-10 ; est sorti de l'autoroute à la 83e pour
suivre l'appareil. Silencieux.
00
020
20:00
Phœnix
Ressemblait à une formation d'avions avec des feux d'atterrissage allumés, pas de bruit ; vu par 4 personnes depuis 7777 S.
Pointe Parkway.
02
021
20:00
Phœnix
Un adolescent et sa mère à 35e Ave & Deer Valley ont vu des lumières rouges en formation en V voler lentement au-dessus de leur
maison ; silence.
08
022
20:00
Phœnix
Richard Wolfe conduisait vers l'O sur la rue McDowell près de Papago Park, et a vu des lumières en formation en V ; près du sol et
lentement. V pas parfaitement formé, les lumières indépendantes ressemblaient à une formation irrégulière d'oiseaux volants.
07
024
20:00
Glendale
Un témoin à 30e Av. & Northern a vu 4 lumières blanches brillantes à 30° au NO ; brillantes comme des feux d'atterrissage ; 2 ou
3 km plus loin à 43e ou 51e Av. & Olive. Descendaient lentement et disparaissaient derrière des maisons.
98
025
20:00 (+)
Scottsdale
Pete Fournier marchait vers l'ouest sur Edgemont à partir de la 42e rue à Phœnix ; il a vu une unique rangée de 5 lumières en vol
stationnaire au-dessus de Squaw Peak ; il les a vues se déplacer vers le SE ; il a appelé sa femme et s'est procuré des jumelles ;
il a vu une formation en V passer sans bruit à l'O de la maison ; elle semblait solide jusqu'à ce que la lumière sur le bras E change de
position. Des lumières blanches brillantes, couvrant un champ de 10 degrés.
97
027
20:05
Glendale
Objet de la taille de 2-3 jumbo-jets est passé lentement comme un zeppelin ; était à l'E de 55e (Av.) & T-Bird ; vu les lumières, pas
le corps. Silencieux.
00
028
20:06
Chino Valley
2 témoins ont vu 5 lumières blanches en triangle ; ont volé bas depuis le NO, sont allées de l'O de Chino Valley vers Prescott Valley.
02
029
20:10 (ca.)
N de Phœnix
Tim Ley (avec sa femme et 2 garçons) a vu un arc minuscule de lumières s'approcher en provenance du NO ; en une minute environ, il
s'est transformé en V ; 15' avant d'être au-dessus d'eux. A vu le contour sombre lorsque l'objet était à 800 m de distance, les lumières
étaient fixes les unes par rapport aux autres, sans bruit. De près, a vu la silhouette d'une équerre de charpentier à 60 degrés ; le
bout était pointu, les extrémités des deux bras étaient carrées. L'objet s'étendait sur deux pâtés de maisons, un bras mesurait 200 m de long
; ne pouvait voir l'objet en entier d'un seul coup d'œil ; à 30 m d'altitude, il allait à 50 km/h. La pointe lui est passée
directement au-dessus, la dernière lumière est passée 15 s plus tard. Les chiens n'ont pas aboyé. Les étoiles entre les bras étaient comme
vues à travers un verre épais. Une lumière sur le bras le plus éloigné a scintillé en deux lumières ; plus tard, la dernière lumière s'est divisée
en deux, blanche et rouge-ambre ; l'apparence changeante n'a duré qu'une ou deux secondes. La lumière semblait large de 2 mètres, d'un
blanc doux, et n'éclairait rien en dessous. Quelques minutes après être passé au-dessus d'eux, l'objet est passé dans un creux dans les
montagnes ; une bosse en forme de dôme au milieu du sommet était visible ; les lumières du sol se reflétaient sur la surface de l'objet.
Il est passé au SO de Squaw Peak, juste après avoir franchi le col. Perdu de vue parmi les lumières des avions et de la ville de Phœnix
plusieurs minutes après avoir franchi la brèche.
97
030
?
N de Phœnix
Un témoin à rue Thomas & 44e rue a vu une formation de 5 lumières s'approcher du NO, en direction de Sunnyslope dans les Phoenix
Mountains (où Tim Ley vivait). Les lumières ont continué vers le SE en direction de l'Arizona State University.
02
031
20:10
150 km N de Phœnix
Ross Nickle (avec femme et enfants) conduisait vers le N sur l'autoroute 89, a vu 5 lumières semblables à des étoiles s'approcher en une
formation serrée. Elles ont changé de couleur, passant du blanc au rouge, lorsqu'elles leur sont passées au-dessus ; moins de 300 m
d'altitude, silencieuses.
97
032
20:10
Tempe
Formation delta de lumières ambrées ; lorsqu'elles se sont approchées, les lumières se sont déplacés individuellement et on a entendu des
moteurs à réaction — A-10s (9 avions).
02
033
20:12 :15?
Prescott
4 témoins ont vu une formation en V de lumières blanches brillantes, 4 d'un côté, 3 de l'autre ; à travers des jumelles, chaque lumière
était en fait 2, 1 verte et 1 rouge. Sans bruit, à 300 m d'altitude.
97
034
20:13
Paulden
Denis Monroe et sa femme sont sortis de leur voiture pour regarder 5 lumières intenses de couleur pêche ou orange voler au-dessus de leurs
têtes en formation de cerf-volant ; les lumières étaient grandes et douces ; ils voyaient des étoiles entre les lumières. Un poing à
bout de bras pouvait masquer la formation. Silence, vitesse d'hélicoptères ; les lumières se sont éteintes peu après à l'horizon S.
97
035
20:13
Prescott Valley
Ann Baker (et Gary Dolch ?) regardaient la comète dans un télescope (jumelles ?) Ils pensaient que des bombardiers furtifs
s'approchaient ; aux jumelles, ils ont vu des étoiles entre 5 lumières blanches brillantes lorsqu'elles les ont survolés. Changement de
la formation en V en un demi-cercle avec 5 lumières rouges brillantes ; passage de très lent à très rapide vers Phœnix ; sans bruit.
97
036
20:15
Prescott
Le témoin a vu 5 lumières jaune-blanc en V voler lentement du NO au NE, puis vers le S. 3 lumières avant couvraient un demi-degré,
2 lumières arrière couvraient 1 degré ; 1 lumière arrière s'est déplacée vers le haut puis est redescendue.
97
037
20:15
Prescott
Un couple a vu un groupe de lumières blanches en V passer au-dessus de la maison et se diriger vers Phœnix. Les lumières sont devenues rouges,
se sont assemblées en un arc semi-circulaire, ont accéléré à grande vitesse et se sont éloignées.
02
038
20:15
Prescott
Lumières à l'ONO vues depuis Hidden Valley Drive ; rouges, vertes et blanches, couleurs changeantes ; 2 objets distincts ou plus. Vu
3 lumières à travers les arbres au SO. Ensuite, vu une formation en chevron de 5 lumières blanches brillantes à l'ONO, a obliqué vers le
sud et est passée au-dessus de nous (vue moins d'une demi-minute). Silencieuses, semblaient être des lumières séparées.
04
039
20:15
Scottsdale
Un homme, son fils et l'ami de son fils ont vu un grand vaisseau avec des lumières principalement rouges voler bas, lentement et silencieusement
au-dessus de la maison.
97
040
20:15
Black Canyon City
À 100 km N de Phœnix sur la I-17 allant vers le S, le témoin a vu des lumière blanches bas sur l'horizon près de l'aire de repos de Sunset
Point. De plus près, elles suivaient la I-17. Au début la formation était de la taille apparente de son pouce ; de la taille du poing à bout
de bras quand elle est passée au plus près.
06
041
20:15
Prescott / Phœnix
Un voyageur se dirigeant vers le N sur la I-17 a vu une petite lumière à 2 degrés au-dessus de l'horizon NO, obliquant vers le S ;
elle semblait composée de 3 lumières en ligne, puis 5 à l'unisson ; elle s'est arrêtée ; à 20:24, elle est passée à l'O et a
disparu ; vu un chevron de 5 groupes de 3 lumières chacun, ayant l'intensité d'une étoile de 1er degré. Sous des nuages cirrus.
02
042
20:15
Glendale
Kelly et sa femme roulaient vers le nord sur la 67e av., ont vu un V avec une lumière à l'extrémité et trois de chaque côté. Se sont
arrêtés pour regarder ; objet. 600 à 1500 m d'alt., se déplaçant silencieusement à la vitesse d'un dirigeable. Une lumière arrière a
rompu la formation, s'est déplacée brièvement vers la lumière principale, la formation a tourné vers l'E et s'est éteinte.
97
043
20:15
Phœnix
Un pilote de ligne a vu des lumières alors qu'il conduisait vers le N sur la I-10 pour se rendre au travail, elles sont apparues au-dessus de
l'aéroport ; elles ne masquaient pas les étoiles, en formation large à haute altitude ; chaque lumière est composée de 2 lumières.
99
044
20:15
Phœnix
Un membre du personnel au sol de la Luke AFB a signalé que 2 F-15 ont décollé en réponse à un appel de l'aéroport de Prescott Valley
indiquant qu'un objet avait frôlé un petit avion. À 20:32 les jets ont rencontré l'objet au-dessus de Phœnix, près de 7e Av. & route
Indian School. L'objet se dirigeait vers Sky Harbor, le radar ne captait rien. L'objet était à 5500 m, est descendu à 3000 m puis s'est
éteint. Vu que des lumières.
97
045
20:15
Ahwatukee
À Ahwatukee, le(s) témoin(s) a (ont) vu une ligne horizontale rouge près de l'horizon, ayant l'apparence d'un triangle quand elle s'est
approchée ; lumières blanches brillantes. Passait au-dessus, disparaissait à l'horizon SE. Silencieux, étoiles visibles entre les points mais
formation rigide.
97
046
20:15
Tempe
Se dirigeant vers le N sur la I-10 à partir de la sortie bd Chandler, un témoin a vu des lumières orange tomber vers la terre, puis planer sur
place au-dessus des lumières de la ville et pulser. 2 lumières se sont déplacées indépendamment des autres à angle droit et en spirale ;
les 3 autres ont maintenu une trajectoire régulière... Disparues. Les lumières sont apparues à l'E de Sky Harbor au-dessus de Tempe.
98
047
20:15
Chandler
Un père (officier de police) et plusieurs jeunes adultes ont vu un énorme objet en forme de V ou d'aile volante avec des lumières dessous dans
le ciel à l'E ; pas plus de 600 m d'altitude, sans bruit ; de la taille d'un pâté de maisons, lent ; passé au-dessus d'eux.
Facile à voir sous la lune pleine ou presque pleine.
12
048
20:15
30 km SE de Prescott
Les lumières sont restées à la gauche de la voiture, survolant la partie sud de l'Interétat. 1 lumière à l'extrémité, 2 de chaque côté du
V ; lumières blanches et légèrement jaunâtres.
06
049
20:16
Paulden
Un policier et sa famille conduisant vers le N ont vu un groupe de 4-5 lumières rouge-orange en forme d'équerre ou de boomerang ; une
lumière suivait, mais semblait se tenir en retrait des autres. Observé avec des jumelles ; chaque lumière semblait être composée de
2 points de lumière orange. Disparition vers S.
97
050
20:17 +
Prescott Valley
John Kaiser à l'extérieur avec femme et fils a vu un amas de lumières en motif triangulaire à l'ONO, rouges sauf la lumière de tête qui était
blanche. Il l'a observé avec des jumelles alors qu'il passait au-dessus de lui et s'inclinait à droite. Disparu au SE de Prescott Valley. Bas et
silencieux.
97
051
20:20 (juste avant)
Paradise Valley
Max et Shahla Saracen, conduisant vers l'ouest sur la route de Deer Valley ont vu un formation de lumières se déplaçant lentement vers le S dans
leur direction ; 3 km de large, 300-600 m d'altitude. Vu une rangée de fenêtres à la pointe et des silhouettes à l'intérieur.
L'objet se déplaçait silencieusement, à 30-50 km/h ; il était blanc ; 2 poings levés vers le ciel masquaient l'objet ; il
était métallique, masquait les étoiles, pas de structure visible.
97
052
20:20 (avant)
Casa Grande
Le Dr Bradley Evans, sa femme Kris et 2 autres personnes roulaient vers le N sur la I-10 en direction de Tempe, ont vu une rangée de lumières
rouge-orange brillantes au NO, 15 degrés au-dessus de l'horizon. Elles semblaient stationnaires, ils ont pensé qu'il s'agissait des lumières
d'une tour d'émission sur South Mountain. Conduisant plus loin, vu des lumières à l'E de South Mountain et à l'O de Camelback. Les témoins se
sont approchés de Chandler, juste au sud de Mesa et Tempe, à 20:20-:25. Les lumières sont devenues jaunes et ont pris la forme d'un diamant
au-dessus du bord ouest de la réserve de Gila River, puis se sont déplacées vers le sud le long de la I-10. Vu un fond d'étoiles entre les
lumières ; les lumières sont restées 5-10 minutes au-dessus d'eux, à 450 (550) m en silence ; formation de 300 m de long
et symétrique, déplacement vers le S en direction de Casa Grande.
97
054
20:20
Phœnix
Vu du coin SO de la vallée, un V de lumières venant du N, a plané près de Camelback Mountain, s'est déplacé au-dessus de Sky Harbor, a disparu
derrière South Mountain.
06
055
20:20
Tempe
Bree Crownover et 4 amis sur leur lieu de travail à quelques kilomètres à l'est de l'aéroport, ont vu des lumières rouge-orange à l'horizon N
sur une trajectoire de vol croisant le trafic aérien ; elles semblaient plus bas en altitude ; 3 lumières devant, une derrière de
chaque côté ; pas de corps, seulement des lumières. La formation était si grande quand elle leur est passée au-dessus que les témoins
devaient bouger leurs yeux pour tout voir. 1 lumière suivait ; les lumières se déplaçaient lentement vers le S.
97
057
20:28
Scottsdale
Terry Proctor a capturé la seule vidéo connue des Lumières de Phœnix à 20 heures depuis la 56e (57e) rue et l'autoroute Carefree. La séquence
dure 42-43 secondes ; elle a été prise depuis son jardin. Elle montre une petite formation en V de 5 lumières faibles. La dernière
lumière du côté O commence à suivre les autres ; les côtés du « V » sont légèrement courbés vers l'extérieur. (La formation suit la I-17 vers
le sud ?)
97
058
20:28
Scottsdale
Alan Morey (enquêteur MUFON) et Steve LaChance (pilote Pan Am) ont vu une formation passer au-dessus de leurs têtes. Les lumières
semblaient orange pâle au début, mais à travers les jumelles, ils ont vu une petite lumière rouge à bâbord de chaque grande lumière orange. Les
lumières étaient 5 objets indépendants en configuration d'aile delta, des étoiles étaient vues entre les lumières. Une lumière était à la
traîne, puis la formation s'est resserrée. Les lumières couvraient une surface équivalente à deux fois la taille d'un poing à bout de bras.
97
059
20:28 (ca.)
Scottsdale
Mitch Stanley a observé les lumières à travers un télescope de 10 pouces et a vu que chaque lumière était composée de 2 lumières sur
un avion aux ailes carrées.
97
060
Avant 20:30
N de South Mountain
Le témoin a vu 5 lumières en formation en V, se déplaçant vers le S le long de la Route 51, un peu à l'E de celle-ci, se dirigeant vers South
Mountain.
97
061
20:30
Chino Valley
3 lumières blanches à l'avant, deux à l'arrière, en approche à basse altitude, se sont élevées en s'approchant, les lumières ont disparu en
passant au-dessus comme si elles étaient cachés par le bord de l'appareil ; lent. Se dirigeaient de Kingman vers Prescott Valley (le témoin
dit 23:33).
97
063
20:30
Lake Pleasant
Lee était en train de pêcher de nuit quand il a vu des lumières jaunes et rouges en forme de couronne, suspendues au-dessus de Prescott Valley
pendant 8 minutes, puis elles se sont déplacés vers le S.
02
065
20:30 (18:30?)
Phœnix
2 témoins conduisant vers l'est en traversant Phœnix ont vu ce qui ressemblait à une ligne d'avions commerciaux approchant Sky Harbor. Ils ont
quitté la I-10 à rue Riggs, sont allés vers l'E, ont vu les lumières de plus près ; c'était une structure solide en V avec de multiples
lumières, s'éteignant et se rallumant, cachées par par le bord de l'appareil. Silencieux, énorme (800 m), à 30 degrés au-dessus de
l'horizon, il allait à 25-30 km/h le long de la I-10 vers Casa Grande.
00
066
20:30
Phœnix
Un vétéran de l'AF et sa femme ont vu les lumières d'un engin noir triangulaire se déplacer vers Sky Harbor. Objet long comme 3-4 avions de
ligne bout à bout, silencieux.
97
068
20:30 - 20:40
Phœnix
Juste après le coucher du soleil, 4 lumières orange brillantes en formation trapézoïdale sont apparues à 30° de hauteur ; déplacement
très lent, beaucoup plus grand qu'un avion. Des lumières blanches plus petites sont apparues autour des lumières orange.
97
069
20:30
Ahwatukee
Bruce Gerboth, près de l'angle SE de South Mountain près des rues Elliott & 40e, a vu 5 lumières ambrées en formation
triangulaire ; il pensait que les lumières étaient attachées à une structure solide. Disparues au-dessus de la réserve indienne
Gila River. Vers 22 h, vu 7 lumières ambrées à l'OSO arrivées lentement derrière Estrella.
97
070
20:30
Phœnix
Sue et Erin Watson ont vu 7 lumières blanches brillantes en formation de boomerang s'approcher de la maison depuis Camelback, lentement et
sans bruit. L'engin semblait avoir la taille de 10 poings, le dessous était éclairé d'une couleur ambrée ; pas vu d'étoiles au travers ;
il a disparu rapidement vers le S.
97
071
20:30
Goodyear
Les cheerleaders d'une école secondaire ont vu un groupe de lumières comme des lampadaires sans poteaux, se dirigeant vers elles ; un objet
sombre de 150 m de large, 30 m de haut et silencieux ; il s'est déplacé lentement au loin. (Davenport a des lumières passant
au-dessus en formation, à 60-90 m d'altitude).
09
072
20:30
Chandler
Alors que le témoin conduisait vers le nord depuis la réserve indienne de Gila River sur la I-10, avant le boulevard Chandler, un objet
(circulaire ?) plus grand que 2 ou 3 terrains de football et à 60 à 90 m d'altitude est passé au-dessus de sa tête, masquant les
étoiles. Il y avait plusieurs lumières orange.
05
073
20:30
N Phœnix
N Phœnix (Tatem Highlalnds, Tatem & Jomax). Une femme promenant son chien au sud-ouest de Ramuda, le témoin a vu l'approche de 4 lumières
rouges régulièrement espacées et une 5e qui était décalée, en V large ; arrivées au sud-ouest elles ont tourné vers l'ouest. Les lumières
n'étaient pas trop brillantes ; l'objet a changé d'altitude, sans bruit ; pas vu d'étoiles entre les lumières.
00
074
20:30
Tempe
Vu d'abord au-dessus de l'extrémité SE de l'aéroport, des orbes de lumières rouge-orange formant un demi-cercle de 8 km de large, puis un
V ; mouvement indépendant entre les orbes. Ils ont fait un virage incliné, à une altitude égale ou inférieure à celle de la chaîne South
Mountain.
09
076
20:30
Chandler
Mike Fortson, chez lui à 37 km SE de Sky Harbor, a vu 3 grandes lumières blanches brillantes, inclinées vers le bas et à basse
altitude vers le N (vers Phœnix), allant vers le S le long de la route Alma School ; il a appelé sa femme, ils ont vu un objet noir en chevron
avec 3 faisceaux blancs brillants dépassant de l'avant, 5 lumières rouges ambrées suivant sur le côté et l'arrière ; toutes les lumières
étaient inclinées vers le sol. L'engin est devenu translucide en passant devant la lune vers l'O ; la lune est passée du blanc au jaune, avec
aussi un effet d'ondulation. Vu un 737 passer au-dessus de l'objet à d'O en E. Objet à moins de 350 m d'altitude, d'une longueur de
2 km, paraissant 80 cm de long à bout de bras (8 poings) ; à une distance de 800 à 2400 m ; 50-65 km/h, silencieux. S'est
estompé au loin au S, vers Tucson.
97
077
20:30
Tucson / Mesa
Rick Litchfield et sa femme Lori roulaient vers le nord sur l'autoroute 79 à partir de Oracle Jonction (65 km S de Florence) ; ils ont
vu un groupe de lumières rouges brillantes bas sur l'horizon NNO. De plus près, les lumières formaient un V, semblaient solides ; ils se sont
arrêtés pour regarder. Des étoiles sont passées entre les lumières. 5 lumières rouges, ovales et pulsantes, sans bruit. Le V se déplaçait
vers Oro Valley et Tucson ; les lumières ont accéléré et se sont déplacées les unes par rapport aux autres.
02
078
20:35
Ahwatukee
Un témoin près de 42e rue & rue Ray a vu un groupe triangulaire de 5-7 lumières au N ; a vu un mouvement relatif entre
les lumières alors qu'elles passaient au S au-dessus de lui. Les lumières ont disparu une à une.
97
079
20:30 - 20:50
Phœnix
Mary Lou Farrar, dans une maison près de la 32e rue et rue de Shea, a vu de brillantes lumières blanches en formation de boomerang, basses et
silencieuses ; elle ignore si les lumières étaient reliées entre elles.
02
080
20:35
Ahwatukee
R. Hawkins et son mari roulaient de la 43e place au Mountain Park lorsqu'ils ont vu des lumières s'approcher depuis South Mountain. Ils ont vu
un énorme V passer au-dessus d'eux en allant lentement et silencieusement vers l'E, puis obliquer vers le SE en direction de Tucson, parallèlement
à la I-10. Ils n'ont pas vu d'étoiles lorsque l'objet est passé au-dessus d'eux.
07
081
20:35
Scottsdale
Ozma Linderman et son ami Willie ont vu un objet solide avec des lumières qui masquaient les étoiles ; il se déplaçait vers le SE, s'est
éloigné, s'est arrêté une seconde ; il s'est configuré en ovale, est devenu rouge, a filé droit vers le haut ; 4 fois la taille
d'un Boeing 747.
97
082
20:40
Phœnix
Terry Mannsfield a perçu quelque chose d'anormal avec les étoiles puis a vu un grand triangle ; avait une surface gris foncé satinée ;
est allé vers le S. sur l'autoroute 51( ?).
?
083
20:40
Phœnix
Sur la I-10 en venant du Bd Chandler, vu 5, puis 6, puis 7 lumières au N, d'abord en ligne puis en V, puis en ligne ; se sont éteintes au
NO [le témoin a donné l'heure de 19:40].
00
084
20:40
Mesa
Au Mesa Community College, un témoin a vu un grand objet triangulaire avec des lumières ambrées en V, se déplaçant lentement [heure
20:30-20:50].
97
085
20:42 (pas 20:20)
Tucson / Casa Grande
Stacey Roads (Rhodes) (plus mère, fille, conducteur et 1 autre) roulait (N)O sur I-10 depuis Tucson ; ont d'abord vu 3 lumières
jaune-orange s'approcher ; puis triangle noir avec 3-5 lumières à l'avant et 1 lumière sur chaque coin arrière, voler vers E
au-dessus de l'autoroute. De près, ils ont vu une masse métallique avec des lumières blanches ; 3 km d'envergure, étoiles masquées,
aucun son. Des panneaux sur le dessous, un vaisseau fin. Il leur a fallu 2 minutes pour passer sous l'objet alors qu'ils roulaient à
130 km/h. Ont volé vers le SE jusqu'à Tucson. Un journal ouvert vers le ciel n'aurait pas couvert l'objet. Quelques milliers de pieds
d'altitude. A vérifié l'heure sur l'horloge de la voiture.
97
086
20:45
Phœnix
Témoin au S de Phœnix à Ahwatukee ; a vu des lumières blanches brillantes devant les Superstition Mountains.
97
087
20:45
Saddlebrook
Le témoin a vu une formation de lumières jaunes dorées, en forme de diamant, se déplaçant lentement et volant vers le S vers Tucson.
97
088
20:50 - 21:10 (20:45)
Chandler
Don et Grace ont vu un triangle géant silencieux avec 7 lumières orange sur la section avant ; panneaux gris sur la partie inférieure.
1 lumière s'est détachée, est allée vers la droite, est revenue et s'est réamarrée ; une lumière blanche brillante avec une traînée
rougeoyante suivait l'objet principal. Une voisine a dit que sa fille avait vu un faisceau lumineux traverser la chambre.
97
089
21:00
Prescott
Un témoin a vu une formation en V de 5 lumières plus brillantes que celles d'un avion, volant rapidement ; la formation s'est brisée
lorsque la lumière à l'arrière et en dessous a ralenti. Le groupe a viré à gauche de 90 degrés, est allé au S de Mingus Mountain ; a entendu
un bruissement.
97
090
21:00
N Phœnix
En conduisant vers le sud de Sedona à Phœnix sur la I-17, à 50 km au N de Phœnix, vu 5 lumières en formation de V vers l'O et au-dessus de
lui ; les lumières ont volé vers le S le long de l'autoroute à la même vitesse que la voiture. Aucun objet visible entre les lumières.
07
091
21:00
Phœnix
6 lumières orange brillantes ou plus en forme de V se sont déplacées vers le S au-dessus de Squaw Peak ; elles se trouvaient à 2 à
3 km à l'E de la maison du témoin.
05
092
21:00
Phœnix
Un homme et sa femme sur la face S de South Mountain, quand 5 lumières le long du bord d'un triangle noir d'1,6 km de large sont arrivées
au-dessus de la montagne, à 150 m d'altitude, se dirigeant vers le S à faible vitesse.
02
093
21:00
Phœnix
Un témoin a vu un objet en forme de V avec des lumières dessous (date incertaine).
07
094
21:00 (?)
Phœnix
4 personnes ont vu 5-6 lumières brillantes (d'une longueur d'1,6 kilomètre) ; elles allaient et venaient ; trop rapides pour des
hélicoptères en formation.
97
097
21:30
Un témoin de 18 ans et des amis ont vu une boule de feu de couleur orange vers 21 h ; puis une demi-heure plus tard, ils ont vu
6-7 lumières en formation triangulaire au-dessus de l'aéroport municipal ; bourdonnement.
08
098
21:30
Bill voyageait en direction du S sur la I-17 lorsqu'il a vu 10 lumières en formation en V ; il pensait que les lumières étaient
séparées ; lent et silencieux.
02
102
22:00
Phœnix
Un groupe a vu plusieurs lumières jaunes-orange silencieuses sur un engin solide séparé ; l'engin a pris la forme d'un grand triangle,
s'est transformé en ovale ; l'engin s'est déplacé de haut en bas, d'avant en arrière mais pas très loin ; puis les lumières se sont
éteintes et l'engin a disparu.
05
104
22-22:45
Glendale
Janet Garbero a vu un triangle au N de la route Thunderbird alors qu'elle rentrait chez elle. L'objet avait de larges ailes et des lumières
jaunes-blanches sur les extrémités des ailes et l'avant ; faisait un bruit de moteur, avait une indentation en forme de V à l'arrière ;
allait vers l'E.
02
105
22:20 à 22:40 (?)
Scottsdale
Le fils (avec 2 amis) de Trig Johnston (pilote d'avion à la retraite) a attiré son attention sur une formation en V de lumières ambre
brillantes s'approchant du NW à l'est. 1500 m d'altitude, vitesse 200 km/h. L'objet solide, dont on devinait le contour, avait une
superficie de 2 km2 ou plus. L'objet a continué jusqu'à la route Camelback, a fait un léger virage à droite, a volé vers le sud le long
de la route Scottsdale, a survolé Sky Harbor, s'est estompé et a disparu. Lorsqu'il a atteint le bd Shea, on ne pouvait plus voir la partie
supérieure ; une nacelle semi-transparente se trouvait en dessous, traînant presque sur le sol. Les étoiles ont pâli et semblaient onduler au
passage de l'objet.
98
108
Chino Valley
John Widener a vu 5 lumières en triangle passer lentement au N et à l'E de l'aéroport de Prescott et se diriger vers Phœnix.
97
109
Chino Valley
Un instructeur de vol et un élève survolant Chino Valley ont vu des lumières s'éteindre en dessous ; ils ont vite réalisé qu'un chevron
géant bloquait les lumières alors qu'ils le survolaient ; long d'1,6 km ; a pris la direction du S vers Phoenix.
06
110
Prescott Valley
Une famille de 5 personnes à Dairy Queen sur la route 69 a vu un énorme vaisseau en V passer au-dessus d'elle à basse altitude et
lentement.
06
111
Prescott Valley
Les enfants de Tony ont vu 5 lumières formant une couronne ; lentes et silencieuses.
02
112
Prescott Valley
Michael Rainwater et 3 amis observaient la comète ; à travers des jumelles ils ont vu que les lumières blanches étaient en fait
2 lumières, rouge et verte. Semblaient être à une altitude de 300 m.
97
115
Black Canyon City
Iness a vu 5 lumières venant l'O de Verde à l'ouest de la route de Verde Valley ; elles ont flotté au-dessus de sa maison sans bruit.
02
116
New River
Sur l'autoroute Carefree en direction de Table Mesa, Richard a vu un V de lumières lent et silencieux à moins de 1500 m d'altitude.
02
118
Paradise Valley
Sondra Hickman a dit qu'elle et 15 enseignants ont vu une formation en V de 5-6 lumières, plus grandes que 4 avions de ligne. Pas sûre que
ce soit une formation de lumières ou un seul objet.
02
119
N Phœnix
Greg Aguirre, pilote de Southwest Airlines, et sa femme rentraient à la maison après le dîner lorsqu'ils ont vu une formation en V de
lumières ; 2 (poings) à bout de bras pouvaient la masquer. Ils se sont arrêtés pour regarder. Ils n'ont pas vu de feux de navigation, ça
se déplaçait à la vitesse d'un dirigeable, trop lente pour un avion, sans bruit, comme s'il s'agissait d'un objet unique. Passé au-dessus à
1000-2000 m et a disparu au-dessus des montagnes au sud.
97
120
N de Phœnix
Le pilote Larry Campbell et le copilote John Middleton, qui pilotaient un 757 d'America West à destination de Las Vegas, ont vu une
formation en V de 5 lumières blanches brillantes juste au nord de Phœnix. L'avion était à 5200 m et la formation un peu plus haut ;
le contrôle aérien a identifié un vol de CT-144 à 5800 m. Le pilote de ce vol s'est identifié comme étant un Canadien se dirigeant vers
Davis-Monthan AFB ; questions sur la raison de voler en formation avec des feux d'atterrissage allumés.
97
121
Peu après le coucher du soleil
Mesa
Le témoin était un garçon chez sa tante lorsque d'autres personnes ont attiré son attention sur un V de lumières jaunâtres à 1500 m
d'altitude ; pas brillantes, semblant être vues à travers du brouillard. Il est rentré chez lui 5 minutes plus tard et l'a observé
allant vers le S ; il était presque sous l'objet pendant un moment, mais il voyait moins de lumières, comme si le bord en masquait. De chez
lui, l'a vu traverser la ville.
13
123
Phœnix
Dana Valentine et son père ont vu la silhouette d'une masse derrière des lumières, comme une distorsion grise et ondulée du ciel nocturne.
150 m d'altitude.
97
124
Phœnix
David Holthouse (journaliste au New Times) a vu 5 lumières jaune-blanc brillantes attachées à un objet en forme de boomerang ;
haut, lent et sans bruit.
97
125
Phœnix
Michael Kiefer (journaliste au New Times), dans une partie de la vallée différente de celle de Holthouse, a vu 5 lumières jaunes et
blanches brillantes à haute altitude, non connectées, lentes et silencieuses.
97
127
Casa Grande
Charles Painter a vu 3 lumières silencieuses en formation triangulaire.
97
128
(tard)
130 km S de Phœnix
Gary Morris conduisait sa bétonnière sur la I-10 lorsqu'il a vu ce qu'il a comparé à un vol d'oies avec des lampes flash dans le bec.
97
L'histoire romancée de Phœnix prétend que la plupart des témoins décrivent des « objets solides » et pas de simples lumières. Mais si on regarde
cette centaine de témoignages rapportés, il y en a moins de 30% qui mentionnent le contour de l'objet, ou les étoiles disparaître à son passage (Bullard
en compte un peu plus en acceptant ceux qui disent que l'ensemble des lumières était porté par un objet parce que les lumières gardaient une position
constante les unes par rapport aux autres, ce qui est très subjectif, ou que certaines lumières semblaient à un moment occultées comme par un bord
d'attaque, ce qui peut s'appliquer aussi bien à des objets indépendants comme des avions qu'à un objet unique géant). Et parmi ces témoins, il y en a
beaucoup qui ne semblent pas très sûrs de leur appréciation, qui est rarement partagée par plusieurs témoins groupés. Bref, quoi qu'en disent les
ufologues, la majorité des témoins n'ont distingué aucun objet entre les lumières, et ne l'ont pas vu masquer les étoiles.
Il y a même un témoin (Mike Fortson, 76) qui a vu la « forme noire » devenir translucide lorsqu'elle est passée devant la lune !
Et ceux qui disent avoir distingué une forme lui donnent en parts à peu près égales soit la forme d'un chevron ou d'un boomerang, soit celle d'un
triangle.
Par contre, quelle que soit la forme ou l'absence de forme, la disposition des lumières reste généralement la même... Pour quelque 85% des témoins, il
s'agissait de 5 lumières adoptant une formation en V, et c'est aussi ce que l'on voit sur la seule vidéo de ce phénomène... Et pour les autres,
les variations sont assez minimes et peuvent sans difficulté être attribuées à des défaillances de la mémoire, à des effets de perspective ou à un
changement de configuration des lumières au cours du déplacement.
Déplacement qui est aussi constant pour la plupart des observateurs : plus de 80% de ceux qui mentionnent un cap indiquent un dépacement vers le sud
ou le sud-est.
En bref, l'observation typique du 13 mars 1997 c'est un ensemble de cinq lumières disposées en V qui traverse le ciel du nord-nord-ouest vers le
sud-sud-est.
Là, on a le choix entre trois possibilités :
— Soit il y a eu plusieurs objets différents volant à basse altitude, se déplaçant dans la même direction et pratiquement à la même heure, une sorte
de carnaval extraterrestre, sans que personne ne voie plusieurs objets en même temps.
— Soit il y a eu un objet unique volant à haute altitude, dont la dimension serait alors immense, et seule une minorité de témoins auraient distingué
ses contours ou auraient vu l'objet masquer les étoiles sur son passage... Mais on ne comprend pas pourquoi certains ont vu les contours d'un triangle et
d'autres les contours d'un chevron, et on s'étonne aussi qu'un témoin qui a vu l'objet passer devant la lune l'a alors vu devenir
« translucide ».
— Soit enfin il y a eu cinq objets de petite dimension volant en formation, à haute altitude, portant chacun une grosse lumière blanche et peut-être
d'après certains témoins une ou deux autres lumières plus petites et souvent colorées. Les visions de « formes noires » sur un fond de ciel
obscur seraient alors illusoires.
Il me semble que quel que soit son degré de croyance à la présence de vaisseaux extraterrestres dans nos cieux (ou d'engins militaires secrets de taille
immense et dotés de techniques de furtivité optique avancées), la troisième possibilité est la plus logique, celle qui respecte le mieux les témoignages
tout en ne faisant appel qu'à des illusions et erreurs de perception bien connues.
Les visions de « formes noires » sur un fond de ciel obscur relèveraient alors de la très classique « illusion de contour » qui tend à
faire imaginer un objet aux contours sombres autour d'un ensemble de lumières disposées à peu près géométriquement. Et la disparition des étoiles au
passage de l'objet s'expliquerait de son côté par le manque de sensibilité de la rétine aux lumières faibles en son centre, là où on dirige son regard...
Tous les amateurs d'astronomie savent que pour distinguer une étoile de faible luminosité, il faut regarder à côté. Ici, on porte son regard sur un objet
assez lumineux, il est normal que les étoiles moins lumineuses qui sont à proximité disparaissent.
À l'appui de cette supposition, on peut remarquer qu'un certain nombre de témoins mentionnent un changement de configuration des lumières. Il y en a pas
moins de 18 qui rapportent cela (22, 25, 32, 35, 36, 42, 46, 49, 55, 57, 58, 73, 74, 77, 78, 88, 89, 94), et beaucoup se recoupent (en particulier sur le
fait qu'une des lumières à l'arrière, celle située à l'est ou sur « l'aile gauche », se serait momentanément écartée pour revenir à la
formation). Et on a vu que cela est confirmé par la vidéo.
Il reste à évaluer les caractéristiques de ces lumières.
Concernant la luminosité, un certain nombre de témoins la comparent à celle des étoiles les plus lumineuses, mais sans plus. Et on a vu que c'était ce que
suggérait la vidéo de Terry Proctor, ne montrant aucune étoile mais où les lumières sont à peine visibles alors que celles des flares plus tard, sans
doute un peu plus lumineux que les étoiles les plus brillantes, l'étaient beaucoup plus.
On a vu que le cap suivi, du nord au sud ou du nord-est au sud-ouest, est indiqué par pratiquement tous les témoins.
Et il se trouve que l'heure des témoignages progresse aussi en général suivant ces directions, indiquant que c'est bien un objet unique (ou un ensemble
d'objets en formation) qui a traversé le ciel de l'état.
Bullard a cherché à trouver la trajectoire approximative suivie d'après l'ensemble des témoignages qu'il a compilés :
Les points verts correspondent aux observations « anormales », hors normes, et doivent donc être ignorées. On aurait donc une trajectoire
constituée approximativement de trois segments de droites, le premier allant de Las Vegas à Prescott, sur une distance de 270 km et inclinée de 125°,
le second de Prescott à Phœnix, sur une distance de 160 km et inclinée de 165°, et le troisième de Phœnix à Tucson, de 180 km et inclinée de
141°. Soit une distance totale de 610 km environ.
On peut remarquer que la comète se trouvait à un azimut de 321° à 20 h, et 325° à 20 h 30, et sa queue s'étendait vers le nord. Elle était donc très
proche de la direction d'où venait l'objet.
Notons que les deux virages sont mentionnés par un certain nombre de témoins. En particulier dans la région de Prescott, qui compte 22 témoins dont
trois mentionnent un virage vers la droire (38, 41, 50).
Les « couloirs » dans lesquels on retrouve la majorité des témoignages font 80 km de largeur, le phénomène était donc visible à une distance de
40 km et quelquefois un peu plus.
Bullard a aussi cherché à reconstituer l'évolution temporelle des observations le long de cette trajectoire :
Cela correspondrait à une vitesse approximative de 550 km/h, mais la marge d'erreur est importante. Comme le remarque Bullard, les témoins notent
rarement l'heure exacte, l'arrondissent souvent, ne précisent pas s'il s'agit du début, du passage au plus près ou de la fin, ce qui conduit à une grosse
incertitude lorsque la durée d'observation est d'un quart d'heure ou plus... Et bien sûr ils peuvent aussi se tromper. L'unique témoin à Henderson, près
de Las Vegas, indique une heure précise de 18 h 55... Mais Henderson est (de peu) dans le Nevada, à l'heure du Pacifique (Pacific Standard
Time), alors que L'Arizona est à l'heure des montagnes (Mountain Standard Time), une heure plus tard. L'horaire à prendre en compte serait donc de
19 h 55, comme l'indique d'ailleurs le NUFORC qui a recueilli cette observation, ce qui indiquerait un trajet de Henderson à Prescott parcouru
en moins de 20 mn, alors qu'il faudrait une demi-heure à la vitesse de 550 km/h. Ça ne fait jamais que dix ou quinze minutes d'erreur, que l'on
peut raisonnablement imputer au témoin.
Concernant l'altitude, on sait bien que les témoins ne peuvent pas l'évaluer correctement, mais Tim
Printy a estimé d'après les positions et les angles de vision de quelques témoins fiables (notamment Mike Fortson qui a vu l'objet passer devant la
lune) qu'elle devait être comprise entre 8 et 15 km. Ça reste très approximatif parce qu'en dehors du passage devant la lune qui n'est indiqué que
par un seul témoin, ne permettant donc pas une triangulation, les estimations de hauteur angulaire par les témoins sont très aléatoires, et en général
elles sont plutôt surestimées : des témoins disent souvent que l'objet leur est passé rigoureusement au-dessus alors qu'il ne passait qu'à 60 ou 70°
de hauteur angulaire, ou annoncent une hauteur de 60° quand elle n'était que de 20°. Et donc, si on se fie à deux témoins se trouvant de part et d'autre
de la trajectoire de l'objet qui surestiment la hauteur angulaire de ce qu'ils ont vu, le résultat sera une surestimation de l'altitude. Nous verrons plus
loin qu'il y a des raisons de penser que cette altitude était plutôt de 5,5 km.
Bullard remarque au sujet de l'altitude que globalement les témoins situés dans Phœnix voient l'objet plus grand que ceux situés avant, dans la région de
Prescott, et il pense que cela pourrait montrer que l'objet se serait rapproché du sol, ou encore que les lumières se seraient écartées. Toutefois, les
témoignages ne semblent pas accréditer cela, et on voit que les témoignages de Phœnix s'étendent assez largement, loin de la trajectoire moyenne, ce qui
est incompatible avec une altitude basse. Il me semble que cette différence d'appréciation des dimensions peut s'expliquer autrement. On a vu que beaucoup
de témoins étaient dehors pour observer la comète, mais ceux-là n'étaient pas dans la ville, où la comète n'était pas visible en raison de sa faible
hauteur sur l'horizon et des lumières de la ville. Ces témoins se trouvaient donc au nord de Phœnix, dans la région de Prescott. Et on peut supposer que
des personnes intéressées par l'astronomie estiment les dimensions angulaires de façon plus objective que les autres. Ce sont aussi une partie de ces
témoins qui étaient équipés de jumelles, et pouvaient donc constater en observant l'objet grossi que ses dimensions apparentes n'étaient pas gigantesques.
Et puis, loin de la ville, ils voyaient les étoiles dans le ciel qui leur donnaient des repères visuels, et voyaient pour la plupart une portion de ciel
plus étendue, loin des bâtiments. Tout cela tend sans doute à amplifier les dimensions estimées pour les témoins situés dans la ville, et en outre elles
sont très variables et ne reposent que sur quelques témoignages.
Il n'y a donc aucune évidence que l'objet aurait considérablement changé d'altitude le long de son parcours.
La vitesse de 550 km s'accorde assez bien aux vitesses angulaires et durées d'observation estimées par beaucoup de témoins pour un objet passant à
l'altitude considérée.
Concernant la dimension du phénomène, on sait qu'on ne peut accorder aucune confiance à un témoin qui annonce que « c'était aussi grand qu'un terrain
de football » s'il ne connaît pas la distance. Et cette distance étant impossible à déterminer pour un objet inconnu, tout ce qui importe c'est le
rapport entre la dimension et la distance, que l'on estime souvent par une « distance à bout de bras » (la dimension que devrait avoir un
« cache » qui tenu à bout de bras – environ 55 cm – masquerait l'objet), ou encore la dimension angulaire. Dans les témoignages
compilés par Bullard, il n'y en a que 16 qui donnent sous une forme ou une autre une telle indication. On peut donc calculer en se fiant à ces estimations
quelle serait la dimension réelle de l'objet.
Quand le témoin indique à la fois la dimension et l'altitude estimées, c'est simple, il suffit de multiplier la dimension par le rapport de l'altitude
réelle à l'altitude estimée pour avoir la dimension réelle. Par exemple, s'il indique que l'objet semblait faire 50 m d'envergure et se déplaçait à
200 m d'altitude, en supposant que son altitude réelle était de 5,5 km sa dimension réelle serait de
50 × 5500 / 200 = 1876 m... Qui ne serait toujours bien sûr qu'une estimation du témoin, pas très fiable.
Si le témoin indique la dimension et la distance estimée, ou encore la dimension à bout de bras ou directement une dimension angulaire, c'est plus
compliqué parce qu'il faudrait aussi connaître la distance du lieu d'observation par rapport à la trajectoire, ou encore la hauteur angulaire lors du
passage au plus près. Mais ces informations ne sont données nulle part. Bullard a bien cherché à situer tous les témoins sur une carte, mais il n'indique
pas la localisation de chaque cas individuellement. Pour simplifier, et étant donné qu'il serait vain d'espérer une valeur précise de dimension calculée,
je considérerai que la distance de l'objet au témoin est en moyenne le double de son altitude (ça serait le cas avec un objet vu à 30° de hauteur
angulaire).
Voyons donc ce que l'on obtient avec les 16 témoignages considérés qui donnent suffisamment d'informations. Je reprends la numérotation des témoignages
adoptée par Thomas Bullard dans son étude.
14 : Environ 125 m de largeur pour 600 m d'altitude, soit 1150 m de largeur réelle.
25 : Dimension angulaire 10°, correspondant pour une distance de 11000 mètres à 1900 mètres de largeur réelle.
29 : Le cas de Tim Ley, qui indique dans son premier témoignage une dimension de 60 mètres pour une altitude de 300 mètres, soit une dimension
réelle de 1100 mètres.
34 : Un poing à bout de bras pouvait masquer la formation, correspondant à une longueur réelle de 2000 mètres.
36 : Dimension angulaire de 1,5°, correspondant pour une distance de 11000 mètres à une longueur réelle de 300 mètres.
40 : Taille d'un poing à bout de bras, soit une longueur réelle de 2000 mètres.
51 : Environ 3 km de largeur pour 450 m d'altitude, soit une dimension réelle de 37 km.
52 : Dimension 300 m, passage au-dessus des témoins à 500 m d'altitude, soit une dimension réelle de 3300 mètres.
58 : Deux poings à bout de bras, soit une longueur réelle de 4000 mètres.
70 : Taille de dix poings à bout de bras, soit une longueur réelle de 20 km.
71 : Objet de 150 m de largeur à 75 m d'altitude, soit une longueur réelle de 11 km.
72 : Taille 2 ou 3 terrains de football soit 250 m, 75 m d'altitude, soit une longueur réelle de 18 km.
76 : Objet long de 2 km à 350 m d'altitude, soit une longueur réelle de 31 km.
85 : Un journal ouvert à bout de bras n'aurait pas couvert l'objet, soit 60 cm à bout de bras, ou 12 km de longueur pour une distance de
11 km.
92 : 1600 m de large à 150 m d'altitude, soit 60 km de longueur réelle.
105 : 1600 m de longueur, 1500 m d'altitude, soit 6 km de longueur réelle.
119 : 2 poings à bout de bras, soit une longueur réelle de 4000 mètres.
Les dimensions estimées sont donc colossales, sauf pour un témoin qui estime une longueur réelle de « seulement » 300 m. Mais on sait bien
que la grande majorité des témoins surestiment une telle dimension, souvent d'un facteur important. La lune, par exemple, est souvent comparée à une
orange tenue à bout de bras, ou au minimum à une pièce de 2 euros, alors qu'elle a en fait la taille d'un petit pois ! Et un témoin qui
sous-estime une dimension angulaire, ça n'existe pratiquement pas ! Il est donc raisonnable de penser que le témoin qui donne la valeur minimale est
le plus proche de la vérité. Et l'exagération a tendance à augmenter avec le temps : on l'a vu en particulier avec Tim Ley, dont le premier
témoignage sur lequel on s'est appuyé nous a conduit à une dimension de 1100 mètres, alors que ses estimations quelques mois plus tard aboutissaient
à une dimension de 40 kilomètres !
On peut aussi remarquer que sur 104 témoins, un seul dit avoir vu passer l'objet devant la lune... Ça serait très anormal si cet objet avait les
dimensions colossales indiquées par beaucoup, couvrant une grande partie du ciel !
Les témoignages sont de très mauvais outils pour estimer une dimension apparente, mais par contre les caméras sont beaucoup plus fiables, et on se
rappelle qu'on dispose en l'occurrence d'une vidéo, tournée par Terry Proctor. Sur cette vidéo l'objet occupe environ le cinquième de la largeur totale du
champ. Or, le champ de ce camescope faisait au maximum 50° en largeur, ce qui implique que l'objet en faisait 10 au maximum. Proctor indique par ailleurs
que l'objet passait à une hauteur angulaire de 60°, ça correspondrait à une distance de 6400 m pour une altitude de 5500 m, et une dimension de
l'objet de 1100 m.
C'est donc un maximum si Terry Proctor n'utilisait pas de zoom, et dans le cas contraire ça pourrait être jusqu'à 10 fois moins. Et vu qu'il a mis une
vingtaine de secondes pour arriver à viser correctement l'objet, il est vraisemblable qu'il ait utilisé un zoom assez puissant.
On peut donc considérer que l'objet, s'il était bien à 5500 m d'altitude, avait une envergure ou une longueur comprise entre 300 et 1100 m,
considérons 500 comme une bonne moyenne. Cela correspondrait à une dimension angulaire de 5° pour les témoins le voyant passer à leur verticale.
On peut aussi parler des témoins qui indiquent une vitesse... Généralement lente, mais vu qu'ils pensent que l'objet volait bas c'est encore à mettre en
relation avec l'altitude réelle.
03 : >50 km/h, pas d'indication d'altitude ou de distance.
06 : 65 km/h, altitude 150 m.
14 : 100 km/h, altitude 600 m.
29 : 50 km/h, altitude 300 m (dans son premier témoignage où il n'indiquait pas la vitesse ; il a plus tard divisé l'altitude par dix).
42 : vitesse d'un dirigeable (disons 50 km/h), altitude 1000 m.
51 : 30-50 km/h, altitude 300-600 m.
65 : 25-30 km/h, pas d'indication d'altitude ou de distance.
76 : 50-65 km/h, altitude 350 m.
105 : 200 km/h, altitude 1500 m.
7 témoins indiquent donc à la fois la vitesse et l'altitude estimées. Si on reporte ces vitesses à une altitude de 5500 m, on trouve respectivement
2400 km/h, 920 km/h, 920 km/h, 275 km/h, 490 km/h, 900 km/h et 730 km/h. En dehors du premier cas qui apparaît très
douteux pour plusieurs raisons, cela s'accorde plutôt bien avec une vitesse approximative de 550 km/h caractéristique du déplacement tout le long du
parcours sur l'Arizona.
Concernant la couleur (de la lumière principale quand il y en a plusieurs), elle est blanche dans 42% des cas. Viennent ensuite l'orange (23%), le jaune
(14%), l'ambre (12%) et le rouge (9%). L'impression générale est qu'on a affaire à des lumières blanches, qui virent un peu vers le rouge selon la
perspective et la distance.
Un certain nombre de témoins ont distingué que chaque lumière pouvait en fait être séparée en plusieurs. Souvent, c'est le cas quand les témoins ont pu
observer l'objet aux jumelles.
33 : 7 lumières blanches brillantes. À travers des jumelles, chaque lumière était en fait 2, 1 verte et 1 rouge.
41 : 5 groupes de 3 lumières chacun, couleur non précisée.
43 : 2 lumières par objet, nombre d'objets et forme de la formation non précisés.
49 : 4 ou 5 lumières orange formant une équerre, séparées en 2 aux jumelles.
58 : 5 objets indépendants en formation delta, séparés en 2 lumières aux jumelles, une grosse lumière orange et une petite rouge.
59 : Groupe de lumières reconnu comme des avions à travers un télescope. Chaque objet séparé en 2 lumières (il dira plus tard 3).
68 : 4 lumières orange brillantes en formation trapézoïdale. Des lumières blanches plus petites sont apparues autour de chaque lumière orange (nombre non
indiqué).
112 : Nombre non précisé de lumières blanches. À travers des jumelles les lumières blanches étaient en fait 2 lumières, rouge et verte.
Il n'y a pas vraiment de cohérence, mais on sait que la vision des couleurs est assez variable et change selon l'ambiance lumineuse, et d'autre part la
mémorisation n'est jamais parfaite, surtout quand les témoignages sont tardifs. Et aux jumelles tenues à la main ça n'est pas toujours évident d'avoir une
vision nette. Ce que l'on remarque c'est que la plupart de ces témoins voient que chaque lumière peut être séparée en deux ou trois en général.
Une formation d'avions pas si fantôme que ça
Donc, nous avons vraisemblablement 5 objets séparés qui traversent l'Arizona à la vitesse d'approximativement 550 km/h, à une altitude de 5 à
10 kilomètres, et dont la formation atteint de l'ordre de 500 m en largeur... Ça évoque quand même bigrement des avions, et nous allons voir
qu'il y a pas mal d'arguments qui vont dans ce sens.
Mais pourquoi ces avions ne seraient pas allés en ligne droite, de Las Vegas à Tucson ? Leur trajet total fait 620 km, alors qu'en ligne droite ils
n'auraient parcouru que 590 km... La différence n'est pas énorme, mais ça paraît quand même une dépense inutile en temps et en carburant. Une raison
possible serait qu'ils voulaient être vus... On verra plus loin quelles pourraient être les motivations des pilotes. Prescott et Phœnix sont les
principales villes qui se trouvent à peu près sur le chemin, et elles correspondent justement aux deux brisures de trajectoires, comme l'a montré Bullard.
Certains ont fait remarquer que les lumières ont suivi à peu près les autoroutes 10 et 17... Ça pourrait aussi être pour être remarqués par de nombreux
automobilistes, mais de telles « pistes » lumineuses peuvent aussi servir de repères à des pilotes qui volent à vue sans bien connaître leur
parcours. Mais en fait l'autoroute 17 s'écarte largement de la trajectoire dès qu'on s'éloigne de Phœnix vers Prescott, et il y a bien peu de témoins
au sud de Phœnix, où l'autoroute 10 mène vers Tucson.
Mais lorsque le pilotage se fait aux instruments, ce qui est généralement le cas pour les avions de ligne ou militaires, il suit des couloirs aériens
précis, délimités par des balises radio. Et dans son excellente revue SUNlite, dont
le numéro 2_3 était consacré en grande partie aux Lumières de Phœnix, Tim Printy a montré sur une carte aérienne que le trajet suivi correspondait
aux couloirs aériens classiques empruntés à cette altitude pour aller de Las Vegas à Tucson et Davis-Monthan AFB :
Pour plus de clarté pour les non aviateurs, j'ai reporté cette trajectoire sur Google Maps, et ajouté l'heure approximative du passage, en
considérant toujours une vitesse de 550 km/h :
C'est bien proche de la trajectoire estimée par Thomas Bullard uniquement d'après les témoignages, et il peut difficilement s'agir d'une coïncidence. La
seule différence est que le deuxième virage important se fait à quelque 70 km de Phœnix et non à Phœnix même, mais le nombre de témoins au sud de
Phœnix étant très faible ça n'est pas incompatible avec les témoignages, en fait c'est même plutôt mieux avec la trajectoire de Printy qu'avec celle de
Bullard.
Mais il y a bien d'autres confirmations qu'il s'agissait d'avions en formation.
D'abord, il y a les témoins qui ont fait leur observation avec des jumelles. Dans
son enquête très fouillée pour le Reader's Digest, le journaliste Randall Fitzgerald a recherché particulièrement ces témoignages, et en a trouvé
une dizaine :
Pour James et Fawn Clemens de Kingman, Az. la lumière ambrée floue mais brillante suspendue au nord-ouest, juste à droite de Hale-Bopp, semblait
étrange et déplacée, comme si une deuxième comète s'était matérialisée. Il était 20 heures et le couple, tous deux âgés de 42 ans, se tenait
dans la cour entre leur maison et le magasin de taxidermie qu'ils exploitent, braquant leurs jumelles sur la lumière.
Elle semblait être au-dessus du lac Mead du Nevada et se diriger vers le sud-est. Au lieu d'une lumière, le grossissement de leurs jumelles leur a
permis de discerner cinq orbes orange intenses volant dans une formation en forme de V. Au cours de toutes leurs années d'observation des étoiles,
ils n'avaient jamais rien vu d'aussi mystérieux auparavant.
Au-dessus de la vallée de Prescott, les lumières ont été scrutées à travers des jumelles par au moins deux groupes distincts d'observateurs de comètes.
Ann Baker les regarda directement passer silencieusement au-dessus d'elle et put voir des étoiles entre les lumières. « Je n'ai pas vu de
masse solide. Il y avait cinq lumières blanches brillantes dans une formation en forme de V. Ensuite, il a effectivement changé de formation. Il
était maintenant en demi-cercle avec cinq lumières rouges et brillantes. »
Son compagnon d'alors, Gary Dolch, confirme dans les commentaires :
Au début, nous pensions qu'il s'agissait d'un bombardier furtif en approche, mais lorsqu'il est passé au-dessus de nos têtes, nous avons vu CLAIREMENT
les étoiles entre les lumières. De plus, la formation a changé de forme lorsqu'elle s'est éloignée vers Phœnix. Nous avons tous deux conclu qu'il
s'agissait de 5 objets en formation.
Michael Rainwater et trois amis ont remarqué qu'une fois qu'ils ont focalisé leurs jumelles sur la formation en V, « ce qui ressemblait à des
lumières blanches était en fait deux lumières, rouge et verte, n'en formant qu'une. Ils semblaient être à environ 1000 pieds dans les airs. »
L'enquêteur du MUFON, Alan Morey, un machiniste de 36 ans, était assis sur la terrasse de sa maison de Scottsdale avec le pilote de la Pan Am,
Steve LaChance :
Nous étions sur ma terrasse face au nord à 20 h 30. Nous avions des jumelles et avions regardé les avions atterrir. Nous avons vu un groupe de
lumières venant de la direction de la comète et se déplaçant indépendamment. Lumières extrêmement brillantes. Au début, les lumières semblaient orange
pâle, mais à travers les jumelles, nous pouvions voir une petite lumière rouge sur le côté bâbord de chacune des cinq plus grandes lumières orange. À
travers les jumelles, nous pouvions voir cinq objets indépendants. Nous savions qu'ils étaient séparés parce que nous pouvions voir des étoiles entre
eux. Ils étaient dans une configuration d'aile delta dirigée vers le sud. Une lumière était derrière les autres dans une configuration d'aile delta.
Mais ensuite la formation s'est resserrée. Les lumières couvraient une zone deux fois plus grande que mon poing si j'étendais mon bras vers le ciel.
Tout l'ensemble est passé par-dessus ma maison. Nous ne pouvions rien entendre alors qu'ils disparaissaient au-dessus de South Mountain. Mon point de
vue personnel est qu'il s'agissait d'un exercice militaire furtif de la base aérienne de Nellis au Nevada ou de la base aérienne de Holloman en
Californie.
Fitzgerald remarque :
Les témoins pensaient soit qu'ils voyaient un gigantesque véhicule d'un autre monde venu nous visiter, soit une formation d'avions au comportement
curieux. Certains supposaient que si les lumières étaient liées à un unique et énorme vaisseau, il pourrait s'agir d'un véhicule militaire expérimental.
Quelques ufo-enthousiastes ont même suggéré que de multiples ovnis et d'autres événements seraient survenus cette nuit pour rendre compte de la variété
des descriptions de vaisseaux.
Y a-t-il des observateurs dans la catégorie de témoins « vaisseau extraterrestre » qui ont pointé leurs jumelles sur les lumières cette
nuit ? S’il y en a, je ne les ai pas trouvés. Tous ceux que je connais qui ont observé les lumières avec des jumelles ont insisté sur le fait que
les lumières étaient cinq objets séparés semblant être des avions.
Et il y a aussi plusieurs témoins qui ont clairement vu les avions.
Rich Contry (pseudonyme), pilote ayant passé quatre ans dans l'US Air Force, écrivait dans
une liste de diffusion 4 jours après l'observation :
Je suivais ma route entre Flagstaff et Laughlin jeudi quand j'ai vu la formation de lumières rapportée à la radio l'autre nuit. Je suis pilote et ai
passé 4 ans dans l'U.S. Air Force. Étant dans les montagnes sur l'autoroute 40, la nuit était claire et calme. Alors que la
formation arrivait vers moi j'ai stoppé ma voiture et je suis sorti avec mes jumelles pour essayer de voir ce que c'était. Alors que ça arrivait vers
moi, je voyais 5 avions avec leurs feux de navigation (rouge et vert) et les feux d’atterrissage (blancs) allumés. Ils volaient aussi lentement et
en formation triangulaire. Alors qu'ils arrivaient au-dessus de moi je pouvais voir les étoiles entre les avions donc il ne pouvait pas s'agir d'un
unique grand vaisseau. Le vol était semblable à une démonstration des Blue Angels ou des Thunderbirds. Aussi le bruit de leurs réacteurs n'était pas
très fort en raison d'une configuration de vol lent mais j'ai pu entendre les avions quand ils sont partis vers le sud.
Et il y a aussi un astronome amateur, Mitch Stanley, dont le témoignage a été donné dans l'article de Tony Ortega The
Great UFO Coverup, paru le 26 juin 1997 dans le journal Phoenix New Times (témoignage 59).
Mitch Stanley, 21 ans, passe plusieurs nuits par semaine dans son jardin avec un télescope de 25 cm, à explorer le ciel nocturne. Il possède
le télescope depuis environ un an, et a appris à bien connaître le ciel. Avec son miroir de 25 cm, le télescope recueille 1500 fois plus de lumière
que l'œil humain. Et avec l'oculaire que Stanley utilisait la nuit du 13 mars, le télescope lui donnait un pouvoir de résolution 60 fois supérieur
à celui de son œil nu.
Cette nuit-là, Mitch et sa mère, Linda, étaient dans le jardin et ont remarqué des lumières venant du nord. Comme les lumières semblaient se déplacer
très lentement, Mitch a essayé de les capturer dans le télescope. Il a réussi, et les trois premières lumières sont entrées dans son champ de vision.
Linda a demandé de quoi il s'agissait. « Des avions », a répondu Mitch.
C'était évident, dit-il. Ce qui avait l'air de lumières individuelles à l'œil nu se divisait en fait en deux sous le pouvoir de résolution du télescope.
Les lumières étaient situées sur le dessous d'ailes carrées, dit Mitch. Et les avions eux-mêmes semblaient petits, comme des avions privés légers.
Stanley les a observés pendant environ une minute, puis s'est détourné. C'était la dernière chose que l'astronome amateur voulait regarder. « Ce
n'était que des avions, je ne voulais pas les regarder », répond Stanley quand on lui demande pourquoi il ne les a pas regardés plus longtemps. Il
est certain de ce qu'il a vu : « C'était des avions. Il n'y a aucune chance que je me sois trompé. »
Notons que c'est la mère de Mitch Stanley qui a signalé l'observation de son fils deux jours plus tard seulement, lorsqu'elle a entendu parler des
observations de cette nuit à la radio.
Le télescope était de type Dobson, très facile à manœuvrer à la main malgré son diamètre important, il n'y a donc aucune raison de douter que Stanley ait
pu observer ces avions avec. Le grossissement était de 43 et non 60 comme mentionné par erreur dans l'article. Dans un mail à Tim Printy, Mitch Stanley a
par ailleurs précisé qu'il voyait en fait trois lumières sur chaque avion, et non deux : une sous chaque aile et une sous le fuselage.
Deux autres témoins plus douteux (peu de détails, et témoignages recueillis après 5 ans) ont reconnu des avions :
20 : Ressemblait à une formation d'avions avec des feux d'atterrissage allumés.
32 : Formation delta de lumières ambrées ; lorsqu'elles se sont approchées, les lumières se sont déplacés individuellement et on a entendu des
moteurs à réaction — A-10s (9 avions).
Et il y a aussi le pilote d'hélicoptère de la Garde nationale aérienne de l'Arizona qui a dit le lendemain à une télévision locale qu'il avait observé des
lâchers de flares dans la région de Gila Bend (le terrain de Barry-Goldwater est juste un peu plus au sud), et aussi une formation d'avions militaires
en V, avec une caméra FLIR.
Les caméras FLIR (Forward looking infrared, ou imagerie infrarouge frontale) visualisent les sources de chaleur, elles sont utilisées par la surveillance
aérienne en particulier pour repérer des avions sans lumières et volant sous la couverture radar, qui peuvent être des avions ennemis ou de contrebande.
Elles peuvent repérer à grande distance les tuyères des réacteurs, et donc aussi des flares.
Pour la petite histoire, ces caméras qui donnent une vision peu habituelle ont été à l'origine de quelques observations célèbres « d'ovnis » qui
ont été expliquées. On peut citer le cas du 5 mars 2004 à Campeche, au Mexique, où un avion de l'Armée de l'air mexicaine a été « cerné »
par 11 ovnis qui n'étaient en fait que des torchères de puits de pétrole en mer ; celui du 25 avril 2013 à Aguadilla, où un objet qui semblait
disparaître ou se dédoubler par moments était vraisemblablement un couple de lanternes thaï liées par une ficelle, utilisées traditionnellement dans la
région pour célébrer des mariages ; et celui du 11 novembre 2014 où un hélicoptère de la marine chilienne a filmé une étrange lumière laissant
derrière elle un jet chaud, cas que le CEFAA (le service officiel d'étude des ovnis au Chili) n'arrivait pas à expliquer depuis deux ans et qui
s'expliquait simplement par un avion de ligne laissant une traînée partielle.
Bref, ce pilote d'hélicoptère volait dans la région du pic Picacho, à 70 km au nord-ouest de Tucson, et a vu à la fois des flares et une formation
d'avions militaires en V. Pourtant, on a vu que les deux événements n'ont pas eu lieu à la même heure. Mais depuis l'hélicoptère, il n'y avait pas de
montagne élevée dans la direction du champ de tir Barry Goldwater, et à une distance d'une centaine de kilomètres le pilote pouvait voir les flares qui
ont été tirés à basse altitude pour illuminer le terrain, et pas seulement ceux qui ont été lâchés à haute altitude un peu avant 22 h. On se rappelle
que la base Luke a indiqué que la Garde Nationale du Maryland avaient reçu l'autorisation de lâcher des flares sur le terrain de Barry Goldwater entre
21 h 30 et 22 h... Ça ne colle toujours pas avec le passage des avions à 20 h 30, et même si le pilote de l'hélicoptère n'a pas
explicitement précisé qu'il avait fait les deux observations à la même heure il est douteux qu'il soit resté en vol dans la même région pendant une heure.
Mais Richard Motzer indiquait pour sa part dans son article qu'il a rencontré des témoins à l'ouest de Phœnix, qui n'étant pas gênés par des montagnes ont
pu voir aussi ceux qui étaient largués à basse altitude, et qui ont dit qu'il y avait eu ce soir-là trois séries de lâchers, à 20 h 30,
21 h 25 et 22 h. Les avions de la Garde Nationale du Maryland avaient décollé à 20 h 15 de Davis-Monthan, le site de largage des
flares se trouve à environ 200 km de Davis-Monthan, il leur fallait environ 20 minutes pour l'atteindre, ça peut coller.
Et ce lâcher de flares « précoce » est confirmé par un agent de sécurité de Gila Bend, donc juste à une vingtaine de kilomètres au nord du
terrain militaire où les flares ont été lâchés (cas 62 de Bullard, issu du catalogue du Nuforc) :
À environ 20 h 15 les flares largués étaient suffisamment proches pour que je puisse voir la fumée blanche à mesure que chacun brûlait, mais
les parachutes n'étaient pas visibles.
Il serait d'ailleurs étonnant que les avions arrivent sur le lieu de l'opération une heure avant de procéder à leur mission. Peut-être que la base de Luke
s'est trompée sur l'heure du début de l'opération, ou qu'il y a eu deux opérations différentes ce soir-là.
Dans tous les cas s'il y a eu des lâchers de flares vers 20 h 30, on peut vérifier que depuis sa position, le pilote était très bien placé pour
les voir et les identifier grâce à sa caméra IR, et il pouvait voir quelques minutes plus tard le passage de la formation d'avions, aussi bien de
face à l'œil nu que de dos avec la FLIR :
Notons que ce pilote a appelé la télévision qui parlait des observations parce que ça lui paraissait important de dire ce qu'il avait vu pour répondre aux
questions du public. Mais cela lui a été reproché par le capitaine Eileen Bienz, chargée des relations publiques de la Garde nationale aérienne de
l'Arizona, qui était seule habilitée à donner des communiqués officiels, et elle-même n'a jamais communiqué que sur les flares. Elle a d'ailleurs tenu à
préciser que ce pilote n'avait exprimé qu'une opinion personnelle sur ce qu'il avait vu, et que ça n'était nullement une position officielle de l'ANG. En
tout cas ce pilote existe bien et appartient à l'ANG, il était bien là ce soir-là pour surveiller l'espace aérien, et il a dit ce qu'il a vu... Et c'est
tant mieux parce qu'on n'a jamais eu aucun communiqué officiel concernant le passage d'avions de l'armée en formation, mais on peut supposer qu'un pilote
de la Garde nationale aérienne qui patrouille régulièrement pour surveiller le ciel à l'aide d'une caméra FLIR sait reconnaître des flares qui sont
largués régulièrement sur les terrains militaires de la région, et sait aussi reconnaître une escadrille d'avions militaires en formation.
On trouve une autre information importante dans l'article de Randall Fitzgerald, dont nous avons déjà parlé :
Au nord de Phœnix au-dessus de Lake Pleasant, trois pilotes dans le cockpit d'un avion de ligne 757 d'America West, se dirigeant vers Las Vegas à
5200 mètres, ont remarqué une étrange formation en V de cinq lumières brillantes à leur droite et légèrement au-dessus d'eux dans cet espace
aérien très fréquenté. « Hé, il y a un OVNI ! » plaisanta le copilote John Middleton au pilote Larry Campbell.
Intrigué par ce qu'ils voyaient, Middleton a interrogé le centre régional de contrôle du trafic aérien à Albuquerque, Nouveau-Mexique. Un contrôleur a
répondu par radio qu'il s'agissait d'un vol de CT-144 à 5800 mètres. Ayant apparemment entendu cet échange, un pilote disant faire partie de la
formation a pris la parole.
« Nous sommes des Snowbirds canadiens pilotant des Tutors », a dit le mystérieux pilote par radio à Middleton. « Nous nous dirigeons vers
la base aérienne de Davis-Monthan. »
Une équipe de spectacles aériens, les Snowbirds, sont des pilotes de l'Aviation canadienne basés à Moose Jaw, en Saskatchewan, qui pilotent des CT-144,
un avion d'entraînement à deux places surnommé le Tutor, qui a un seul feu d'atterrissage dans son nez. Normalement, les Snowbirds se produisent chaque
année lors de spectacles aériens nord-américains d'avril à octobre.
Bien que cette réponse ait satisfait l'équipage d'America West, ils ont quand même trouvé le comportement de l'autre pilote inexplicable. Pourquoi
volaient-ils dans une formation de spectacle la nuit avec leurs feux d'atterrissage allumés et dirigés vers le bas ? Se demandait Middleton.
Pourquoi essayaient-ils intentionnellement d'attirer l'attention sur eux ? Sur la base du trafic radio que Middleton a entendu par la suite, ces
questions étaient dans l'esprit de nombreux équipages de compagnies aériennes commerciales dans les airs cette nuit-là.
Ça se précise... Les Snowbirds sont un escadron de démonstration aérienne de l'armée canadienne, un peu l'équivalent de notre Patrouille de France. Ils
pilotent des avions Canadair CT114 (et non CT144, qui n'existe pas, sans doute une simple erreur) dits « Tutor », équipés d'une grosse lumière
dans le nez qui peut être pointé vers l'avant ou vers le bas, utilisée aussi bien lors des démonstrations aériennes que pour l'atterrissage et le roulage
(quand l'avion se déplace au sol).
Ici une démonstration nocturne des Snowbirds :
Le problème, c'est que les Snowbird ne font des démonstrations que d'avril à octobre, et qu'ils étaient à leur base du Saskatchewan lors de l'épisode des
Lumières de Phœnix.
Mais on se rappelle que Snowbird, c'est aussi le nom de l'opération à laquelle participaient les avions de la Garde Républicaine du Maryland qui ont lâché
des flares à 22 h, responsables de l'autre événement de la soirée. Il peut difficilement s'agir d'une coïncidence !
On peut donc supposer qu'il y a eu une erreur d'interprétation du pilote d'America West, qui a compris que cette formation d'avions était l'escadron
de Snowbirds, très connus en Amérique, alors que le pilote disait qu'ils participaient à l'opération Snowbird.
L'opération Snowbird, qui dure environ deux semaines, est organisée chaque année en hiver par la base aérienne Davis-Monthan (précisément la destination
de cette formation d'après le pilote, et dans la direction où se dirigeaient les lumières d'après beaucoup de témoins), près de Tucson. Elle consiste à
recevoir des pilotes venant du Canada et des états du nord des États-Unis afin qu'ils puissent se livrer à des exercices aériens dans des conditions météo
plus clémentes que dans leur région d'origine. Ça explique que la Garde nationale aérienne du Maryland y participait (le Maryland se trouve à plus de
3000 km de Davis-Monthan AFB, pas beaucoup au nord mais un peu tout de même), et des pilotes canadiens participaient aussi à ces opérations.
Les principaux avions utilisés dans cette opération sont des A-10 Thunderbolt II fabriqués par Fairchild, connus sous le nom de Warthog, conçus pour les
attaques à basse altitude. Mais les avions Tutor n'étaient pas seulement utilisées par l'escadron de Snowbirds pour des démonstrations de voltige, ils
étaient très utilisés dans l'armée canadienne comme avions d'entraînement jusqu'en 2000, il est donc bien possible que des pilotes militaires canadiens
aient participé à cette opération sur leurs propres avions. Mais peut-être aussi que ça serait encore une mésinterprétation du pilote de l'America West
qui aurait indiqué les Tutor CT114 en sachant qu'il s'agissait des avions utilisés par l'escadron Snowbird. Et peut-être alors qu'il s'agissait encore
d'un autre type d'avion ayant participé à l'opération Snowbird.
Les A-10 ont donc été suspectés dans un premier temps, notamment par James McGaha connu pour être un ufologue sceptique, mais qui est un ancien pilote de
l'Air Force et un astronome amateur aguerri.
Dans tous les cas, l'opération Snowbird de 1997 se terminait justement le 13 mars, et tous les avions impliqués rentraient donc ce soir-là à la base
de Davis-Monthan. On a vu que les avions de la Garde républicaine du Maryland revenaient d'opérations sur le terrain de Barry-Goldwater, à l'ouest de
Phœnix, il est bien possible que d'autres avions aient participé à des manoeuvres sur le terrain de Nellis AFB, près de Las Vegas, la direction
d'où provenaient les lumières.
Notons que les deux avions suspectés ont l'extrémité des ailes à peu près carrée, en accord avec les dires du témoin Mitch Stanley qui les a vus dans son
télescope, et il s'agit d'avions assez petits : envergure de 11 m pour le CT-114, 17,5 m pour le A-10 qui évoque tout de même beaucoup
moins « un avion privé léger ».
L'altitude de la formation aurait donc été d'après ces pilotes de 5800 m au-dessus du niveau de la mer, ou 5450 m au-dessus du sol à Phœnix.
C'est assez proche des différentes estimations que nous avons mentionnées, et les deux avions peuvent dépasser une altitude de 12000 m.
Et si les avions ont bien suivi le couloir aérien standard pour aller de Phœnix à Tucson, on peut calculer précisément l'altitude d'après l'observation de
Mike Fortson qui a vu passer les lumières devant la lune.
À l'heure de l'observation, la lune se trouvait à un azimut de 263° (pratiquement plein ouest) et à une hauteur angulaire de 38,5°.
J'ai reporté sur la carte ci-dessous le couloir aérien emprunté par les avions au-dessus de Phœnix, la position de Mike Fortson et la direction dans
laquelle il observait la lune. En mesurant la distance entre Fortson et la trajectoire dans cette direction, on a la distance au sol des avions lorsqu'ils
étaient à une hauteur sur l'horizon de 38,5°.
La distance trouvée est de 7,3 km. Pour avoir l'altitude, il suffit de multiplier par la tangente de 38,5°, on trouve 5,8 km... Soit presque
exactement l'altitude indiquée par le pilote d'America West (5,8 km au-dessus du niveau de la mer ou 5,5 km au-dessus du sol à Phœnix). Tim
Printy a fait le même calcul dans Sunlite, et trouve une altitude d'environ 17000 pieds soit 5,2 km.
Certes, les avions ne suivent pas très précisément un couloir aérien, et avec une largeur de plusieurs centaines de mètres la position de la formation
lorsqu'elle passait devant la lune n'est pas très précise. Et la hauteur de la lune dépend de l'heure exacte, qui est aussi imprécise (j'ai considéré
20 h 35 en me « calant » sur l'heure indiquée par Terry Proctor qui a filmé la formation de lumières). Il y a donc une grosse marge
d'incertitude, mais tout de même le fait qu'on trouve à quelques centaines de mètres près l'altitude indiquée par ce pilote conduit à penser qu'il y a de
bonnes chances que ce soit l'altitude réelle des avions.
À cette altitude, il n'est pas surprenant que le bruit des avions n'ait pas été entendu par la grande majorité des témoins. Il y en a tout de même
quelques-uns qui ont entendu du bruit :
Rich Contry, non comptabilisé par Bullard et dont on a déjà parlé parce qu'il a bien reconnu des avions dans ses jumelles, a entendu le bruit des
réacteurs lorsque les avions s'éloignaient.
04 : Le témoin d'Henderson, qui se trouvait au tout début de la trajectoire près de Las Vegas (si des avions avaient décollé de Nellis, ils auraient
donc été encore à basse altitude), a pour sa part entendu un « bruit d'accélérateur ».
06 : Un témoin à Scottsdale a entendu un « son vibrant ».
32 : Un témoin à Tempe a entendu des moteurs à réaction après le passage des lumières, et dit avoir reconnu 9 avions A-10.
89 : Un témoin à Prescott a entendu « un bruissement ».
97 : Un autre dans un lieu indéterminé « à 46 mn de Phœnix » a entendu un bourdonnement.
104 : Enfin, un témoin à Glendale a entendu un bruit de moteur.
Il est à noter que la plupart de ces témoins qui ont associé un bruit à leur observation se trouvaient loin du centre de Phœnix, plutôt dans les quartiers
résidentiels où il n'y a pas beaucoup de bruit.
La vitesse maximale des CT-114 et des A-10 est respectivement de 780 km/h et 700 km/h, et la vitesse de croisière des A-10 est de 560 km/h
(celle du CT-114 n'est mentionnée nulle part, mais dans tous les cas une vitesse d'à peu près 550 km/h apparaît tout à fait raisonnable pour un vol
tranquille, hors exercice de démonstration aérienne).
La dimension atteinte par la formation, de peut-être 500 m, correspond à un écart d'à peu près 150 m entre les avions, ce qui semble aussi
plausible. Ils volent bien sûr en formation beaucoup plus serrée lors des démonstrations de voltige aérienne, mais là ils rentraient à leur base dans un
vol de routine à la fin de deux semaines d'exercices, ils devaient rester à bonne distance les uns des autres pour ne pas avoir à s'inquiéter d'un risque
de collision.
Ce qui surprend donc les pilotes ayant vu cette formation, c'est le fait qu'ils avaient leurs feux d'atterrissage allumés. Et c'est aussi la seule chose
qui peut expliquer que ces avions aient été remarqués par autant de témoins. Un avion volant à 5 km d'altitude ou plus est visible la nuit, bien
reconnaissable à ses lumières clignotantes rouges, vertes et blanches, mais il est à peine visible. Les feux d'atterrissage sont par contre des lumières
blanches et très lumineuses, qui peuvent attirer l'attention même à haute altitude. Avant de se demander le pourquoi, voyons si des avions avec feux
d'atterrissage allumés correspondent bien aux témoignages.
Nous avons vu que Rich Contry aux jumelles a bien reconnu des avions avec leur feu d'atterrissage allumé, de même que le pilote d'America West qui
dit que cela avait été discuté par d'autres pilotes d'avions en vol à ce moment-là.
Les feux d'atterrissage sont très lumineux, mais ils ont un angle de diffusion assez réduit, et sont dirigés vers l'avant et vers le bas, puisqu'ils
servent comme leur nom l'indique à l'atterrissage. De ce fait, ils ne sont vraiment très lumineux que lorsque l'avion est vu du face. Leurs
caractéristiques sont tout de même très variables suivant les avions, et malgré tout ils sont généralement plus lumineux que les autres lumières même si
l'avion est vu de dessous ou sur le côté. Il n'y a que quand l'avion est vu de dos que ces feux ne sont plus visibles.
Avec les avions CT-114, la lumière du nez sert à la fois pour les démonstrations, l'atterrissage et le roulage, elle est nettement moins lumineuse que les
feux d'atterrissage habituels mais a un angle de diffusion beaucoup plus important, et elle reste tout de même beaucoup plus lumineuse que des feux de
navigation, et donc bien visible à plusieurs dizaines de kilomètres.
Et tout cela est compatible avec bon nombre de témoignages, en particulier ceux qui se rapportent aux lumières vues de loin.
Tim Ley, notamment, dit qu'il a observé ces lumières pendant dix à douze minutes avant qu'elles ne lui passent au-dessus. En dix minutes à la vitesse de
550 km/h, des avions parcourent 90 km... Est-il possible de voir des feux d'atterrissage à une telle distance ? C'est ce que nous dit le
Wikipedia anglais : « les feux d'atterrissage d'un gros avion peuvent être aisément visibles depuis un autre avion à plus de 160 km ».
Certes, il s'agit des feux de gros avions, et ceux des CT-114 ou A-10 doivent être nettement plus faibles. Et en général on ne les voit pas d'aussi loin
parce qu'ils ne sont généralement allumés qu'à basse altitude et sont donc masqués par l'horizon, mais un avion à 5 km d'altitude atteint l'horizon à
250 km. Et rappelons que les lumières arrivaient à peu près de la direction de la comète Hale-Bopp, et que tous ceux qui les ont vues arriver de
loin, comme Tim Ley, voulaient justement observer la comète. Alors, cinq lumières alignées avec une dimension angulaire un peu inférieure au diamètre de
la lune (pour une distance de 90 km et un écart entre les avions extrêmes de 500 m), qui se déplacent lentement dans la direction qu'on observe,
même si elles n'ont que la luminosité d'étoiles mineures ça attire l'attention. Après le passage au-dessus de Tim Ley, par contre, les lumières ont
disparu rapidement, en seulement une ou deux minutes. Tim Ley a en outre déclaré que lorsque les lumières s'éloignaient, il a vu qu'elles étaient en fait
constituées de deux lumières.
Et bien d'autres témoins ont vu les lumières se dédoubler vers la fin de l'observation, ou faiblir ou changer de couleur :
31 : Au nord de Phœnix, 5 lumières semblables à des étoiles se sont approchées en formation serrée, elles sont passées du blanc au rouge lorsqu'elles
sont passées au-dessus des témoins.
35 : Ann Baker et son ami, qui étaient dans la vallée de Prescott pour observer la comète, ont vu 5 lumières blanches brillantes qui les ont
survolés. Aux jumelles, ils ont vu les étoiles entre les lumières. Changement de la formation en V en un demi-cercle avec 5 lumières rouges
brillantes ; passage de très lent à très rapide vers Phœnix.
37 : À Prescott, un couple a vu un groupe de lumières blanches en V passer au-dessus de la maison et se diriger vers Phœnix. Les lumières sont
devenues rouges, se sont assemblées en un arc semi-circulaire, ont accéléré à grande vitesse et se sont éloignées.
41 : Entre Prescott et Phœnix, le témoin a vu un chevron de 5 groupes de 3 lumières chacun, couleur non précisée. Le témoignage est assez flou,
mais il semble que ce soit lorsque le « chevron » s'éloignait, avant de disparaître, que ce qui apparaissait auparavant comme des lumières
uniques étaient séparées en trois.
42 : À Glendale, un couple a vu 5 lumières en V. La formation a tourné vers l'est et s'est éteinte.
43 : Un pilote de ligne a vu des lumières alors qu'il conduisait vers le nord sur la I-10 pour se rendre au travail, elles sont apparues au-dessus de
l'aéroport ; elles ne masquaient pas les étoiles, en formation large à haute altitude ; chaque lumière est composée de 2 lumières.
61 : Dans la vallée de Chino, 3 lumières blanches à l'avant, deux à l'arrière... Les lumières ont disparu quand elles sont passées au-dessus du
témoin, comme si elles étaient cachées par le bord de l'appareil.
68 : 4 lumières orange brillantes en formation trapézoïdale. Des lumières blanches plus petites sont apparues autour de chaque lumière orange (nombre
non indiqué). Là encore cette séparation semble s'être faite lorsque les lumières s'éloignaient.
76 : À Chandler, le témoignage de Mike Fortson : « Au moment où la fin (aile gauche toujours) passait à travers la lumière de la lune, l'avant
de l'engin disparaissait dans le ciel nocturne à notre sud. Il n'a jamais changé de cap, de vitesse ou d'altitude. Juste disparu dans le ciel nocturne à
notre sud. »
81 : À Scottsdale, Ozma Linderman et son ami Willie ont vu un objet solide avec des lumières qui masquaient les étoiles... Il s'est configuré en ovale,
est devenu rouge, a filé droit vers le haut.
83 : À Phœnix, le témoin a vu 7 lumières au nord, d'abord en ligne, puis en V, puis en ligne. Se sont éteintes au nord-ouest.
121 : Un peu au NNO de Phoenix, le témoin a vu un V de lumières jaunâtres, et 5 minutes plus tard il les a observées se dirigeant vers le sud.
Quand il était presque sous l'objet, il voyait moins de lumières, comme si le bord en masquait.
Tous ces témoignages semblent indiquer que les lumières faiblissaient nettement souvent après être passées au-dessus ou au plus près des témoins, ou que
la lumière principale, blanche, faiblissait et laissait alors voir une ou deux autres lumière, de couleur plutôt rouge.
On voit aussi une baisse de luminosité très nette et rapide au début de la vidéo de Terry Proctor. Voici comment les lumières apparaissent au tout début,
avec les lumières bien visibles :
Puis, 11 secondes plus tard, les lumières de « l'aile » droite ont bien baissé d'intensité :
Après encore 1 seconde, seules les 2 lumières de queue sont très visibles :
Et après encore 1 seconde, les cinq lumières se distinguent à peine :
Et elles continuent à baisser jusqu'à la fin de la vidéo, à 59 s. On a bien l'impression que ce sont les lumières de tête qui ont tendance à faiblir
les premières, et cette baisse rapide se fait lorsque l'objet n'est pas loin de son rapprochement maximum. Pourtant l'angle de vision ne change pas
beaucoup en moins d'une minute, puisqu'il se déplace de moins de 8 km, et de quelque 300 m pendant les 2 secondes où se fait l'essentiel de
la baisse de luminosité. Il se trouve alors sûrement à une dizaine de kilomètres du témoin, l'angle varie de seulement deux degrés en 2 secondes. Et
la distance varie très peu, d'ailleurs la formation garde à peu près la même dimension angulaire sur toute la durée de la vidéo. Il se pourrait que cette
baisse de luminosité brutale soit plutôt due à l'enclenchement d'un stabilisateur d'image électronique, qui semble avoir lieu au début de la seconde 20
(l'image « saute » brutalement). Ces stabilisateurs ont le défaut de diminuer la sensibilité des capteurs.
On peut aussi noter que deux témoins disent qu'ils ont différencié les lumières en deux ou trois à l'œil nu... Est-ce possible ? Les feux de
navigation des Tutor sont distants de la lumière de nez de 7 m. À la distance de 5,5 km pour un témoin qui serait directement survolé par
l'avion, cela correspond à un angle d'un peu plus de 4' d'arc, soit le septième du diamètre de la lune ; c'est tout à fait visible, la limite du
pouvoir séparateur de l'œil étant d'à peu près une minute d'arc. Mais il faut avoir une très bonne vue, et il faut aussi être bien placé, à nettement
moins de 10 km de la trajectoire au sol pour avoir des chances de pouvoir faire cette distinction. Aussi n'y a-t-il que deux témoins qui indiquent
cela, on pourrait vérifier leur distance à la trajectoire.
On peut comparer à ce que l'on voit sur la vidéo d'une démonstration nocturne des Snowbirds. Lorsque les avions s'approchent, on ne voit guère que la
lumière de nez, beaucoup plus lumineuse que les autres :
Plus tard, lorsque les avions ne sont pas loin de passer à la verticale, la lumière de nez est beaucoup moins lumineuse et les lumières en bout d'ailes,
rouge et verte non clignotantes, sont beaucoup plus visibles, surtout la rouge (aile gauche) :
Lorsque les avions sont presque au-dessus du témoin, la lumière rouge est presque aussi lumineuse que la blanche :
Enfin, lorsque les avions sont de dos, on ne voit qu'une faible lumière orangée sur la queue, et pas sur tous les avions (lumière clignotante ?) La
lumière du nez est encore un peu visible, mais encore beaucoup plus faible :
C'est assez conforme à ce que disent la majorité des témoins (bien entendu, il faut penser que les cinq avions étaient beaucoup plus écartés que dans
cette vidéo).
Dans les cas 35, 37 et 81, un changement de couleur vers le rouge est associé à une accélération. Et justement, les enquêteurs savent bien qu'un
affaiblissement rapide des lumières est quelquefois interprété par les témoins comme une accélération rapide ou une fuite vers le haut. Ça se produit par
exemple quand un satellite passe dans l'ombre de la terre, quand une lanterne thaïlandaise s'éteint, quand un objet que l'on croit proche disparaît à
l'horizon, quand un météore finit de se consumer... ou bien sûr quand le feu d'atterrissage d'un avion n'a plus son faisceau dirigé vers le témoin.
Il y a un autre cas mentionnant une accélération :
77 : Entre Tucson et Mesa, Rick Litchfield et sa femme Lori ont vu un groupe de lumières rouges brillantes en V. Les étoiles passaient entre les
lumières. Le V se déplaçait vers Oro Valley et Tucson. Les lumières ont accéléré et se sont déplacées les unes par rapport aux autres.
Toutes ces constatations vont nettement dans le sens d'une formation d'avions avec leur feu d'atterrissage allumé, et plutôt des avions canadiens Tutor.
Bullard s'étonne tout de même du manque de témoignages à Tucson, qui est pourtant une grande ville.
Il y a quelques cas entre Phœnix et Tucson, des régions pas très peuplées, et après 20 h 30 la comète n'était plus visible (et tout le monde le
savait, les horaires de visibilité étaient donnés notamment dans les bulletins météo), il y avait donc beaucoup moins de monde dehors au sud de Phœnix
après 20 h 30 qu'au nord à 20 h 15.
Et l'absence de témoignages à Tucson même s'explique aussi assez bien si les avions ont atterri à la base de Davis-Monthan, qui se trouve à une dizaine de
kilomètres au sud-est de Tucson. Les avions commencent à descendre à plus de cent kilomètres de leur lieu d'atterrissage. Lorsqu'ils approchent de
l'aéroport, ils sont donc nettement plus bas, ils sont vus de moins loin, on entend mieux leur bruit, et en outre ils doivent rompre la formation pour
s'aligner avec la piste. Bref, dans ces conditions tout le monde comprend qu'il s'agit d'avions, et le feu d'atterrissage allumé n'a plus rien de
surprenant. Tout ce qui faisait l'étrangeté des Lumières de Phœnix (forme de chevron/triangle, absence de bruit, luminosité anormale) disparaissait à
l'approche de Tucson.
D'ailleurs, nous avons vu que cette nuit marquait la fin de l'opération Snowbird, et donc tous les avions en opération ont dû rentrer à la base de
Davis-Monthan, et on a vu que c'était le cas à 22 h 30 des 8 avions de la Garde Nationale du Maryland qui avaient lâché des flares sur le
champ de tir de Barry Goldwater. Personne à Tucson ne s'en est inquiété.
Bref, clairement, une formation d'avions volant de Nellis AFB à Davis-Monthan AFB avec leurs feux d'atterrissage allumés explique toutes les
caractéristiques de la grande majorité des observations.
Il reste à savoir pourquoi ces avions auraient eu leurs feux d'atterrissage allumés, ce qui semble on l'a vu avoir perturbé pas mal de pilotes en vol dans
la région.
Le bon sens populaire nous souffle que les feux d'atterrissage, ça ne sert que pour l'atterrissage ! Et les feux de roulage, c'est pour le roulage au
sol.
Mais on a vu qu'au moins dans le cas d'avions d'exercice comme les CT-114, le feu de nez ne sert pas que pour l'atterrissage mais aussi pour que les
pilotes et le public les voient lorsqu'ils sont en exercice. Et ils servent en particulier de repères aux pilotes lorsqu'ils volent en formation, et pour
la même raison les feux de signalisation ne clignotent pas.
Pour aller plus loin, voyons ce que l'on trouve au sujet des feux d'atterrissage sur le Wikipedia anglais :
Les feux d'atterrissage sont typiquement utilisés pour améliorer la visibilité du pilote quand l'avion est très bas et près du terrain, comme durant
l'atterrissage ou le décollage. Les feux d'atterrissage sont habituellement éteints en vol de croisière, spécialement si les conditions atmosphériques
sont susceptibles de causer retours de réflexions ou de lueurs des lumières dans les yeux des pilotes. Toutefois, la luminosite des feux d'atterrissage
les rendent utiles pour accroître la visibilité d'un avion pour les autres pilotes, et donc les pilotes sont souvent encouragés à maintenir leurs feux
d'atterrissage allumés en blanc en vol en dessous de certaines altitudes ou dans des espaces aériens fréquentés.
Et dans l'Aeronautical Information Manual, un très sérieux manuel à l'usage des pilotes et des compagnies aériennes :
4-3)23. Usage des lumières d'avions
c. La FAA a mis en place un programme volontaire de sécurité pour les pilotes, Opération Lumières Allumées, afin de renforcer le concept « voir et
éviter ». Les pilotes sont encouragés à allumer leurs feux d'atterrissage pendant le décollage, c'est-à-dire soit après avoir reçu l'autorisation
de décoller, soit au début de la course au décollage. Les pilotes sont également encouragés à allumer leurs feux d'atterrissage lorsqu'ils volent à
moins de 3000 mètres, de jour comme de nuit, en particulier lorsqu'ils volent à moins de 16 kilomètres d'un aéroport, ou dans des conditions
de visibilité réduite et dans des zones où l'on peut s'attendre à voir des vols d'oiseaux, c'est-à-dire dans les zones côtières, les zones lacustres,
autour des décharges, etc. Bien que l'allumage des feux d'aéronef améliore le concept « voir et éviter », les pilotes ne doivent pas se
contenter de surveiller attentivement les autres aéronefs. Tous les aéronefs ne sont pas équipés de feux et certains pilotes peuvent ne pas avoir allumé
leurs feux. Il convient de respecter les recommandations du constructeur de l'aéronef concernant le fonctionnement des feux d'atterrissage et des
systèmes électriques.
Donc, si les feux d'atterrissage ont pour fonction principale d'éclairer le terrain lors de l'atterrissage ou du décollage, il n'y a pas d'altitude limite
à leur éclairage, et les pilotes sont incités à les laisser allumés plus longtemps qu'il n'est habituel. Bien sûr, il n'est pas habituel que ces feux
restent allumés pendant tout un vol puisque ça consomme de l'énergie pour rien, mais aucune règle ne l'interdit.
On peut imaginer plusieurs raisons qu'auraient eu les pilotes à les laisser allumés lors de ce vol particulier :
— Simple oubli. Étant donné qu'il n'y a pas de règles spécifique pour l'extinction de ces feux, il ne serait pas surprenant que le leader de la formation,
celui qui prend les décisions communes, ait simplement oublié de les éteindre pendant ce vol de guère plus d'une heure, alors qu'il rentrait d'un exercice
aérien dans lequel les feux étaient peut-être requis. Ça serait d'autant plus compréhensible pour des pilotes de CT-114, qui sont habitués à laisser leur
feu de nez allumés pendant les exercices aériens nocturnes.
— Certains ont imaginé que cette opération visait justement à tester les réactions de la population face à un phénomène étrange, auquel cas les lâchers de
flares à haute altitude un peu plus tard seraient aussi volontaires... C'est la thèse de Randall Fitzgerald, celui qui s'est particulièrement attaché aux
témoignages des pilotes et de ceux qui avaient vu le ou les objets avec des jumelles, qui imagine même que les militaires avaient usé de sortes
d'hologrammes... Je ne vois pas trop la nécessité de faire appel à ce genre de technologie pour expliquer les témoignages mais pour le reste c'est bien
possible...
— Peut-être aussi que des pilotes terminant deux semaines d'exercices avaient envie de s'amuser un peu en donnant un joli spectacle aux rampants, sans
penser que ça allait provoquer une telle excitation des mois plus tard ! On a vu que ça n'est pas interdit, de tels vols provoquent d'ailleurs
régulièrement des vagues de témoignages... Et là encore les flares relevaient peut-être du même état d'esprit.
— Enfin, il est possible que les pilotes aient été prévenus du risque de rencontre avec des oiseaux migrateurs, puisqu'on a vu que le Manuel d'information
aéronautique indiquait que l'usage des feux d'atterrissage était recommandé « dans des zones où l'on peut s'attendre à voir des vols
d'oiseaux ». Concernant les migrateurs, certains, comme des oies sauvages, des grues cendrées, des cygnes, peuvent voler jusqu'à 8000 m
d'altitude... C'est exceptionnel, mais les avions volaient sans doute nettement moins haut.
On voit en tout cas que l'affirmation péremptoire que les feux d'atterrissage ne sont éclairés qu'à basse altitude n'a rien de valide. C'est généralement
le cas et sinon les témoins n'auraient pas été surpris, mais rien n'interdit de les maintenir allumés pendant toute la durée d'un vol, et il peut y avoir
de bonnes raisons. Et peut-être aussi que ces raisons n'étaient pas très « avouables », auquel cas ça expliquerait le peu d'empressement de
l'Armée à reconnaître la présence de ce vol en formation.
Et il ne s'agissait peut-être pas à proprement parler de feux d'atterrissage. On a vu qu'avec les Tutors la lumière de nez a plusieurs fonctions,
et les lumières des avions militaires en général ne respectent pas forcément les règles de l'aviation civile. Il y a souvent des lumières particulières,
les feux de formation, qui sont utilisées comme leur nom l'indique lorsque l'avion vole en formation, pour que les différents pilotes puissent
repérer facilement leur position les uns par rapport aux autres. Ces feux sont moins lumineux que les feux d'atterrissage, mais nettement plus que
les simples feux de signalisation qui sont généralement les seules lumières allumées sur les avions en altitude, et ont un angle de diffusion important.
Pour les témoins, ce qui était frappant c'est que ces avions étaient munis de lumières beaucoup plus puissantes que les lumières habituelles des avions
en altitude, ils ont naturellement pensé à des feux d'atterrissage.
Il y a une dernière information concernant l'éventualité d'une formation d'avions. Un auteur sceptique a reçu en
2008 un message de quelqu'un se présentant comme un des pilotes de cette formation, mais ne voulant pas que son nom soit connu ni qu'on puisse comprendre
à quelle unité il appartenait. Il a donné de nombreux détails techniques qui laissent penser qu'il dit la vérité, et d'autre part le sceptique a vérifié
qu'il était bien celui qu'il disait être. Disons juste que ces avions étaient bien cinq Tutors canadiens volant de Las Vegas à Davis-Monthan AFB.
Il explique notamment que sur ces avions ce sont les feux de roulage (taxi lights) situés dans le nez qui sont utilisés lors des vols en formation,
avec les lumières rouges et vertes en bout d'ailes et le feu arrière blanc. Sur
le fait qu'il n'ait rien dit plus tôt après tout le bruit fait autour de cette affaire, il explique qu'il n'en a entendu parler que des années plus tard,
et que c'est encore plus tard qu'il est tombé par hasard sur un site qui parlait des Lumières de Phœnix et soutenait l'idée qu'il s'agissait d'avions
en formation. Ça n'a rien de surprenant puisqu'on en a beaucoup moins parlé au Canada qu'aux États-Unis, et que de plus on s'est surtout occupé dans un
premier temps des lumières des flares, qui n'avaient à l'évidence rien à voir avec les avions canadiens. Et maintenant ce pilote n'a pas trop envie que ça
s'ébruite du fait qu'ils n'étaient pas censés voler en formation. Il dit aussi qu'il ne sait pas d'où vient la référence aux Snowbirds, mais il explique qu'ils se rendaient à la base Davis-Monthan simplement parce que le temps était meilleur à cette époque de l'année qu'au Canada... On se souvient
que c'est précisément le but de l'opération Snowbird qui a lieu chaque année à Davis-Monthan.
Bref il n'y a guère de doute qu'on connaît les « coupables ». On peut toujours espérer que lui ou un autre de ces pilotes parlera quand ils seront tous
à la retraite, mettant une fin définitive au mythe des Lumières de Phœnix ! En attendant, les fabricants de mystères pourront toujours imaginer
comme à leur habitude que ce pilote est un menteur, ou a purement été inventé par les sceptiques.
Où est Tony ?
Revenons à la vidéo, et au changement de configuration des lumières qu'elle montre seconde après seconde :
Terry Proctor a indiqué sa position, à l'angle de la 56e rue et de l'autoroute de Carefree, ainsi que l'heure précise de la vidéo :
20 h 28. Voilà ce que l'on trouve, par rapport au couloir aérien qu'auraient suivi les avions :
La distance au sol lors du passage au plus près est de 14,25 km, la distance réelle est de 15,25 km. Pour une altitude de 5450 m au-desssus
du sol, la hauteur angulaire est arc tangente (5450/14250) = 21°. Le seul problème est que Proctor estimait la hauteur angulaire de
l'objet qu'il filmait à 60°... Même si beaucoup de témoins ont tendance à exagérer largement les hauteurs angulaires, ça fait tout de même beaucoup. Mais
surtout, si le témoin était aussi loin de la trajectoire, la perspective aurait très peu changé durant les 50 secondes de vidéo, les avions ayant
parcouru moins de 8 km. Or on voit justement qu'elle a beaucoup changé, l'axe de symétrie approximatif de la formation pivotant de quelque 70° entre
le début et la fin de la vidéo.
Bref il y a quelque chose qui cloche... On peut imaginer que la trajectoire suivie réellement passait nettement plus à l'est, mais elle ne peut pas être
plus à l'est à la position de Fortson, qui est une soixantaine de kilomètres plus au sud, et ça impliquerait donc qu'elle serait nettement moins
inclinée... Mais alors elle n'irait pas de la direction de Prescott... Et Tim Ley est quant à lui à guère plus de dix kilomètres au sud de Proctor, il
aurait vu le phénomène passer à quelque 45° de hauteur angulaire et non juste au-dessus de lui.
On peut donc se demander si Terry Proctor n'aurait pas donné une localisation fausse, peut-être pour ne pas risquer d'être importuné.
Il faut préciser qu'au contraire de la plupart des autres témoins qui se sont fait connaître, Proctor n'est pas intéressé par cette affaire... Il croit
très possible que des extraterrestres nous visitent, mais ça ne l'intéresse pas spécialement, il ne sait pas ce qu'il a observé mais il n'en fait pas un
grand mystère, et concernant son autre vidéo du phénomène de 22 h il a toujours pensé qu'il s'agissait de flares.
Pour en avoir le cœur net, regardons de près sur Google maps ce qu'il y a à la position qu'il indique, à l'angle de la 56e rue et de
l'autoroute de Carefree :
Il n'y a aucune habitation à proximité immédiate, et un peu plus loin on trouve un supermarché, un hôpital, et vers le nord-est un ensemble de grandes
villas.
Et on se rappelle que dans le son de la vidéo, on entend un cheval hennir. Or, on ne voit rien à proximité qui pourrait abriter des chevaux. Bref il est
très vraisemblable que Proctor n'ait pas donné sa véritable localisation.
Maintenant, voyons ce que l'on trouve aux abords de l'autoroute Carefree, mais plus à l'ouest, à quelque 6 km de la trajectoire :
Il y a le CCRV & Equine qui est une pension pour chevaux, un établissement de sport et de médecine pour chevaux, le Ramirez Training Center
qui est un centre d'entraînement pour chevaux, le Windrush Ranch qui abrite manifestement pas mal de chevaux, de même que les Fermes Beon... Bref il y a
des chevaux partout dans le coin !
On va essayer de se servir de la vidéo pour estimer la distance de Terry Proctor à la trajectoire, justement en tenant compte du changement de
perspective.
Pour cela, j'ai créé une feuille de calcul Excel que vous pouvez télécharger, pour comparer ce que l'on voit sur
la vidéo avec ce que donnerait une formation parfaitement symétrique suivant la même trajectoire.
Il y a des données que l'on peut considérer comme connues :
— la vitesse, de 550 km/h ou 153 m/s ;
— l'altitude, de 5450 m (on peut aussi essayer de la faire varier) ;
— l'inclinaison de la trajectoire, égale à 161,6° entre Prescott et Phœnix.
Et d'autres que l'on essaiera de faire varier pour aboutir au meilleur résultat :
— la distance au sol lors du passage au plus près, c'est ce qui nous intéresse pour déterminer la position réelle de Terry Proctor ;
— le moment du passage au plus près ;
— la déviation due au vent (les avions se déplacent par rapport à l'atmosphère, et donc s'il y a un vent de travers le cap apparent des avions, et
donc l'axe de symétrie de la formation, sera dévié par rapport à leur trajectoire au sol) ;
— l'angle d'ouverture de la formation en V (60° pour un triangle équilatéral, 90° pour une équerre de menuisier...) ;
— la distance entre les avions, qui n'interviendra que pour calculer la dimension angulaire de la formation.
Ce que l'on cherche, c'est l'inclinaison des deux « branches » de cette formation simulée au début, lors du passage au plus près et à la fin de
la vidéo.
Pour cela, on calcule successivement pour ces trois moments particuliers la distance parcourue sur la trajectoire, la distance au sol depuis la position
du témoin, la distance réelle, la hauteur sur l'horizon, l'angle de vision par rapport à celui du passage au plus près, une « correction
d'échelle » correspondant à l'effet de perspective du fait que la formation est vue de travers (il faut diviser la hauteur par le sinus de la hauteur
sur l'horizon), l'angle qu'auraient les branches de la formation au sol, et celui qu'elles auraient sur la vidéo (c'est là que le facteur d'échelle
intervient).
Et on compare ensuite aux valeurs réelles mesurées sur la vidéo. Étant donné que les deux lumières les plus en arrière se déplacent considérablement, je
me suis appuyé uniquement sur l'angle formé par les trois lumières de tête, qui reste assez constant.
J'ai indiqué dans la feuille de calcul les données qui aboutissent à un bon résultat, avec les angles théoriques qui ne diffèrent que d'un degré environ
des angles mesurés, sauf pour l'angle de la branche gauche à la fin qui s'écarte de 8 degrés.
J'ai considéré une distance entre les avions de 150 m, qui correspond à une envergure de la formation théorique de 440 m.
Le moment du passage au plus près correspond à peu près au moment où la formation paraît se déplacer bien horizontalement sur la vidéo, 48 secondes
est une bonne estimation.
La déviation due au vent est considérée égale à 5° vers la droite, cela correspond à un vent de travers de 13 m/s ou 48 km/h venant de l'ouest,
et on sait qu'il y avait bien du vent en altitude venant de l'ouest... On en reparlera un peu plus loin.
L'angle d'ouverture de la formation trouvé est de 95°, ce qui est nettement plus que les 60° estimés par Tim Ley, mais d'autres témoins donnent un angle
plus important et c'est généralement ce que l'on pense quand on compare la formation à un boomerang.
À ce sujet, on peut citer ce qu'indique le pilote anonyme qui dit avoir participé à ce vol :
Le feu de roulage (taxi light) du Tutor se trouve dans le nez du jet. En plus des feux de navigation, ce sont les seuls feux qui auraient été allumés.
Nous alignons le feu de roulage avec les feux rouge/vert de l'extrémité de l'aile gauche et droite, puis avec le petit feu arrière blanc pour une autre
référence.
On peut chercher à quoi ça correspond sur un Tutor :
Si les pilotes alignent parfaitement les lumières en bout d'ailes avec la lumière du nez, cela aboutit si les avions sont éloignés à un angle d'ouverture
de la formation de 106° (un peu plus si les avions sont rapprochés, il faut alors considérer la ligne bleu clair)... On n'est pas loin des 95° constatés.
Et enfin, ce qui nous intéresse le plus, la distance au sol lors du passage au plus près serait de 7400 m.
Ça reste bien sûr approximatif, une valeur un peu supérieure ou inférieure ne donne pas un résultat beaucoup moins bon, et la réalité ne correspond pas
forcément au meilleur résultat puisque les pilotes ne gardaient pas une formation parfaite pendant la durée de la vidéo.
Il y a un éventuel problème, c'est qu'en considérant ce résultat, la formation serait passée à seulement 4° au-dessous de la lune. Il n'y avait pas de
nuages puisque Fortson a bien vu l'objet passer devant la lune, et la direction de la lune s'inscrit bien dans la vidéo, à la 39e seconde...
Ça n'a rien d'impossible si le zoom est assez important... Avec la dimension retenue, on trouve que le champ de la vidéo en hauteur serait d'à peu près
7°, correspondant sans doute à un zoom × 5, et l'objet est à peu près centré, la lune sortirait donc tout juste du champ.
Ça passe donc, mais on peut se demander si en passant aussi près de la lune la luminosité du ciel ne varierait pas de façon visible. Pour rechercher cela,
le fond de la vidéo étant très pixellisé, il faut le flouter pour obtenir une valeur moyenne. on mesure ensuite la luminosité à plusieurs moments (toutes
les secondes), et vers le haut et le bas de l'image. Et le résultat est qu'il n'y a pratiquement aucune variation, et rien qui puisse s'interpréter comme
le passage d'une lumière intense à proximité. La luminosité moyenne du ciel reste à environ 95/255. Mais ça n'est pas forcément anormal, étant donné le
manque de sensibilité des caméscopes de l'époque il est possible qu'il ne soit pas sensible à une telle variation de luminosité, de même qu'il n'est pas
sensible au passage des étoiles (ça aussi j'ai bien cherché).
Mais il est bien sûr possible que la distance ait été un peu supérieure, écartant un peu la formation de la lune. Il est en tout cas dommage que la lune
n'apparaisse pas alors qu'elle devait être vraiment pas loin, ça aurait permis de connaître la dimension angulaire de la formation et à
sa vitesse de déplacement.
Par contre, il est peu vraisemblable qu'elle ait été nettement plus proche pour passer au-dessus de la lune plutôt qu'en dessous, parce que dans ce cas le
résultat serait nettement moins bon.
On peut donc conserver cette valeur de 7400 m pour la distance au sol au plus près, en sachant que c'était peut-être un peu plus.
Voyons ce que cela donne pour la position de Proctor :
La ligne verte indique le « couloir » où la distance à la trajectoire est identique. Et on y trouve quantités de terrains pour chevaux, de même
qu'à une distance un peu supérieure... On trouve d'ailleurs ici, juste sur ce couloir et à quelques centaines de mètres de la position indiquée :
L'un de ces trois chevaux serait-il Tony ?
Il serait en tout cas intéressant que Terry Proctor confirme sa position exacte. Étant donné qu'il a déménagé plusieurs fois depuis, il donnera peut-être
son ancienne adresse réelle si quelqu'un le lui demande gentiment...
La vidéo offre une nouvelle perspective
On peut reconstituer ce qu'il a vu passer dans le ciel (position de l'objet de 5 en 5 secondes) :
Enfin, on peut maintenant reconstituer la configuration des lumières en corrigeant la perspective, tout au long de la trajectoire filmée.
C'est ce que j'ai fait dans la deuxième page de la feuille de calcul, en considérant donc une distance au sol au plus près (DSP) égale à 7400 m, une
altitude H égale à 5450 m, une vitesse V de 153 m/s et un passage au plus près à 48 s.
Ce qui varie au cours du déplacement de l'objet, c'est sa position sur la trajectoire, par rapport à la position au plus près : p=V×t, avec t positif
après le passage au plus près, et négatif avant.
Et cela permet de calculer l'azimut par rapport au passage au plus près : z=arc tan(p/DSP). Il sera égal à 0° lors du passage au plus près,
positif avant pour tendre vers 90° à grande distance, et négatif après pour tendre vers -90° (j'ai indiqué sur la feuille de calcul l'azimut réel, qui
s'obtient en ajoutant les 90° aux 161,6° d'inclinaison de la trajectoire).
Avec cet angle, on peut calculer pour tout moment la distance au sol s=DSP/cos z, la distance réelle d=√(s2+H2), et la hauteur
angulaire a=arc tan(H/s).
Et on trouve alors les opérations à effectuer sur l'image d'origine pour obtenir l'image sans perspective :
1) On corrige l'échelle : on multiplie toutes les dimensions par la distance d divisée par la distance au plus près D (9190 m).
2) On corrige l'effet de perspective : on divise la dimension verticale de l'image par le sinus de la hauteur angulaire a (sur la feuille de
calcul, j'ai indiqué l'augmentation d'échelle à effectuer pour la dimension verticale et horizontale).
3) On redresse l'image : on la fait tourner de la valeur de l'azimut z plus la déviation due au vent (5°).
4) On choisit comment on veut représenter la configuration. Pour représenter la configuration vue du ciel et se déplaçant de haut en bas, j'ai
appliqué une rotation de 90° antihoraire et une inversion horizontale (image en miroir).
Et avec cela, j'ai reproduit l'image gif animée de la configuration seconde après seconde, en la comparant à une formation parfaite en V de cinq
points régulièrement espacés avec un angle d'ouverture de 95°.
On peut faire quelques constatations... Durant les premières secondes, la formation reste assez constante, avec les deux lumières de queue un peu plus
éloignées et formant un angle un peu plus aigu.
Ça nous rappelle que deux témoins à Prescott (35 et 37) ont vu la formation en V changer de configuration pour former un demi-cercle, et Tim Ley
voyait de son côté la formation en approche, venant de Prescott, former un arc de cercle plutôt qu'un V. Et un autre témoin à Tempe (74), vers le sud
de Phœnix, a vu lui aussi « des orbes de lumière rouge-orange formant un demi-cercle de 8 km de large, puis un V ». La configuration vue au début de la
vidéo de Proctor semble un peu intermédiaire entre les deux, comme si la formation en V n'avait pas été complètement rétablie.
Ceci dit, on ne sait pas s'il y a eu des changements entre les secondes 9 et 18, puisque l'objet n'apparaît pas sur la vidéo et que les positions des
lumières sont interpolées... Mais le fait est qu'il n'y a pratiquement pas de différence entre la configuration filmée à 8 et 19 secondes.
Ensuite, ce qui est le plus marquant est que la lumière la plus à l'est s'éloigne nettement des autres, effectuant une manœuvre rapide vers 33 s,
pendant que l'autre lumière de la branche gauche (à l'est) se rapproche de la lumière de tête. Et on a vu que cet « échappement » d'une
lumière a été remarqué par bon nombre de témoins.
On peut se demander ce qui justifie une telle manœuvre. Rappelons-nous que les Tutor sont des avions utilisés par l'armée canadienne pour des
entraînements, et même si en l'occurrence il ne s'agissait pas d'un vol d'entraînement on peut imaginer que les pilotes ont eu envie pendant ce vol d'une
heure de s'entraîner un peu tout de même, et c'est du reste sans doute ce qui justifie qu'ils se soient mis en formation, et que cette formation ait
évolué.
On peut donc supposer qu'un des pilotes a voulu effectuer une manœuvre rapide pour s'exercer, qu'il s'est pour cela écarté des autres et que le pilote de
l'avion le plus proche lui a laissé de la place.
Il est dommage que l'on n'ait que cette vidéo de cinquante secondes pour évaluer l'évolution de la formation de lumières, et qu'on ait trop peu de
témoignages, en particulier entre Phœnix et Tucson, pour avoir une bonne idée des autres modifications de la configuration.
Reconstituer ce qu'ont vu les témoins
On peut tenter de reconstituer les observations en supposant que les avions suivaient parfaitement le couloir aérien à l'altitude indiquée par le pilote
d'America West...
Pour Mike Fortson, on peut alors vérifier si la formation passait bien devant la lune. La distance de la position de Fortson à la trajectoire est de
7060 m au plus près, et 7300 m dans la direction de la lune. L'altitude d'après le pilote d'America West est de 19000 pieds au-dessus du
niveau de la mer, soit 5790 m, et l'altitude de Phœnix est de 340 m ; l'altitude par rapport au sol est donc de 5450 m. La hauteur
angulaire est arc tangente (5450/7300) = 37°. Et la lune à 20 h 35 est à 38°, on n'est vraiment pas loin. L'objet occupait
plusieurs degrés dans le ciel, et il y a des incertitudes sur l'heure, sur la mesure de la distance, mais on peut dire que ce résultat est conforme à
notre hypothèse.
Un autre témoignage intéressant est celui de Tim Ley... Sa position est connue précisément, elle est à seulement 500 m de la trajectoire au sol du
couloir aérien. Pour une altitude de 5450 m, cela correspondrait à une hauteur angulaire de 85° au plus près, à seulement 5° de la verticale.
Et Tim Ley et sa famille disent bien que l'objet leur est passé presque exactement au-dessus. Ses descriptions et les reconstitutions montrent l'objet qui
passe un peu à l'est, et non à l'ouest, mais pour un passage si proche de la verticale il n'est pas évident de faire la différence. Et bien sûr, il est
très possible que les avions aient un peu dévié du couloir aérien, et soient donc passés à l'est du témoin. Toutefois, Tim Ley dit aussi que l'objet
aurait disparu après une ou deux minutes dans le creux entre les deux collines situées tout près de sa position au sud-ouest et au sud-est, et « du
côté de Squaw Peak ». Ça colle très bien avec la trajectoire indiquée sur la carte, et beaucoup moins avec une trajectoire qui passerait au moins un
kilomètre plus à l'est.
L'objet aurait donc disparu à environ 10 ou 15 km de Tim Ley, précisément alors qu'il survolait Squaw Peak.
Quant à l'apparition, elle aurait eu lieu 10 à 12 minutes avant le passage au-dessus de Tim Ley, soit à une distance entre 92 et 110 km du
témoin, dans la direction de Prescott comme il le précise. Si on suppose que chaque lumière a une magnitude de -1, comme les étoiles les plus brillantes
du ciel, lorsque l'avion est vu en approche à 20 km, elle aura une magnitude de 2,5, autant que les principales étoiles du Grand Chariot, à
100 km. Et pour une largeur de 500 m, cet alignement de cinq lumières aura une dimension angulaire de 0,3 degré, juste un peu moins que le
diamètre lunaire. Quant à la hauteur sur l'horizon, elle serait de 2,7°.
Voici ce que Tim Ley pouvait voir en cherchant des yeux la comète (la tache floue à gauche tout près de l'horizon, à une quinzaine de degrés à gauche des
lumières ; sa queue était en fait beaucoup plus étendue, mais ne pouvait être vue que dans une parfaite obscurité, loin des lumières de la ville) :
Ce groupement serré de cinq lumières alignées, à une quinzaine de degrés de la comète, ne pouvait qu'attirer l'attention, et on remarquait vite qu'il se
déplaçait par rapport aux étoiles et se rapprochait.
On pourrait avec tout cela développer une application permettant de recréer en 3D ce que chaque témoin a pu voir selon sa position, en visualisant le
relief avec Google Earth, la carte du ciel avec la comète, la variation de l'intensité de chaque lumière des avions selon la perspective, etc. Ça nous
permettrait de comparer les descriptions des témoins avec l'apparence réelle de la formation d'avions, pour savoir s'il y a de réelles anomalies.
Ça me paraîtrait plus utile que de chercher à faire des reconstitutions 3D de chaque témoignage en se fiant uniquement à la description des témoins des
années après elur observation, comme le font Larry Lowe et Lynne Kitei avec leur Geospatial
Animation Project, ce qui leur fait conclure à une multiplicité d'ovnis différents :
Et même lorsque c'est l'équipage d'un avion d'America West qui a parfaitement reconnu une formation d'avions militaires, qui a communiqué avec la FAA
qui leur a confirmé cela, et avec un des pilotes de ces avions, ça devient un immense boomerang trente fois plus grand que l'Airbus
d'America West !
Quoi qu'on fasse on ne pourra jamais convaincre ce genre d'individus, alors il me semble qu'il n'est pas vraiment utile d'aller plus loin, la passage
d'une formation d'avions militaires n'étant plus à démontrer et sa responsabilité dans la grande majorité des observations étant une évidence.
Une ondulation très vague
Les ufologues insistent beaucoup sur une particularité remarquable des Lumières de Phœnix : le ciel aurait été visible derrière l'objet, mais déformé
comme par une ondulation.
Voyons quels sont les témoignages qui indiquent cela.
Cas 29 — La fameuse observation de Tim Ley, au nord de Phœnix :
Les enfants étaient dans la rue à regarder dans les espaces entre les bras et faisaient remarquer à ma femme et moi combien les étoiles semblaient
étranges, comme si on les voyait à travers un verre très fin avec la légère distorsion de la lumière passant au travers, due à l'épaisseur elle-même et
à un effet d'ondulation causé par le mouvement de l'engin. L'aspect des étoiles entre les bras était assez semblable à une vidéoprojection. Ces étoiles
étaient notablement différentes de l'aspect des étoiles dans le reste du ciel.
C'était ce qu'il écrivait quelques mois après son observation, mais on a vu que ce détail n'était pas du tout mentionné dans ses premières déclarations au
NUFORC, seulement six jours après l'observation.
Cas 76 — Mike Fortson, autre témoin fameux dans la partie sud-est de Phœnix, écrivait dans son premier témoignage :
Le 13 mars 1997, à environ 20 h 31 MST, il y avait un brillant quart de lune inférieur à l'horizon ouest. J'ai dit à ma femme,
« on va avoir plus de détails, regarde, il va droit dans la lumière de la lune. » Mais au lieu de plus de détails sur cet énorme vaisseau en
forme de V, ce que nous avons vu nous étonne toujours. Lorsque l'avant du vaisseau en forme de V est entré dans la lumière de la lune, cet
objet noir en forme de chevron est devenu translucide à la lumière vive ! Nous pouvions toujours voir le quart de lune inférieur à travers l'objet,
mais au lieu d'être d'un blanc brillant, elle (la lune) était d'un jaune terne. Lorsque le vaisseau en forme de V est sorti de la lune brillante,
il est redevenu un objet noir solide. Nous avons regardé l'ensemble du vaisseau passer par là. Nous voyions un objet solide entrer et sortir, en étant
noir. Mais alors que l'engin passait entre nous et la lune brillante et blanche, il était translucide.
(Quelque chose à propos d'objets brillants... des témoins qui ont eu ce passage au-dessus de leur tête affirment que lorsque l'engin passait entre des
étoiles brillantes, c'était comme regarder à travers... de l'eau).
Il nous parle donc de la lune qui aurait changé de couleur lorsque l'objet lui est passé devant, mais ce seraient d'autres témoins qui auraient parlé
d'ondulations ou de distorsions du ciel étoilé.
Mais peu après, dans son témoignage au NUFORC le 3 avril, Fortson écrivait :
Alors que le vaisseau passait devant la lumière de la lune, la couleur de la lune est passée à un jaune terne, et nous pouvions voir des
« vagues » horizontales quand il est passé. Ces vagues étaient semblables aux vapeurs d'essence si l'on enlevait le couvercle d'un bidon
d'essence et que l'on regardait le reflet des vapeurs.
On peut donc se demander s'il n'aurait pas été influencé par les autres témoins !
Cas 105 — Trig Johnston, dans la partie est de Phœnix, se trouvait avec son fils et deux de ses amis :
Les pilotes de ligne ont l'habitude de noter l'heure, le temps passé hors du parking, le temps passé au sol, le temps passé au-dessus des repères de
navigation, en particulier au-dessus de l'océan. Il est ensuite important d'estimer l'heure d'arrivée prévue, le temps au sol et le temps sur le parking
quand on éteint l'indication des ceintures de sécurité. Et l'heure de départ du bus de l'équipage par rapport à ces heures.
Mon fils Logan faisait du bruit dans notre allée. Lorsque je suis sorti pour voir ce qui se passait, l'heure à Scottsdale Arizona le 13 mars 1997
était 22 h 20.
Les amis de Logan, Ryan et Jenny, aidaient au projet qui consistait à construire des portes massives et rustiques pour notre écurie de chevaux. Il
utilisait un marteau de forgeron pour enfoncer du bois dans des tiges d'acier. Ryan a demandé, « Qu'est-ce que c'est que ça ? » Ryan
devait être la seule personne sur terre qui ne connaissait pas la comète Hale Bop.
Je me suis retourné, prêt à faire une conférence sur les comètes, mais je me suis arrêté net. « Euh, nous sommes dans un spectacle aérien. »
Ai-je dit. Ma première impression était qu'il s'agissait d'une formation de C-130 montrant un nouveau type d'éclairage tactique. Mais vous sentez les
puissants moteurs Alison d'un C-130 avant de les entendre ou de les voir. Nous n'avons rien senti. C'était silencieux. Vraiment silencieux, et c'est
resté comme ça.
L'énorme masse — d'au moins 1,5 km de large — s'approchait par le nord-ouest. J'aurais pu atterrir dessus avec mon 727. Nous avons
commencé à éliminer les possibilités. Quoi que ce soit, ça semblait suivre l'arrivée Tonto One, l'itinéraire standard d'arrivée des avions à
réaction pour le pilotage aux instruments à Phœnix, sur un cap approximatif de 120°. J'ai estimé son altitude à 3000 mètres.
Pas des C-130, ce n'était pas une formation d'avions de chasse — trop lent pour l'un ou l'autre. Des hélicoptères ? Pas ça non plus — pas
de « wop-wop », pas de son. Aucun. Des Cessna avec des lumières bizarres ? C'est arrivé, mais ça n'était pas le cas le 13 mars.
Après quelques minutes d'observation, nous avons conclu qu'il s'agissait d'un seul objet. Il n'y avait aucun mouvement entre ses énormes lumières
ambrées orientées vers l'avant. J'aurais dû compter les lumières, courir chercher une caméra et appeler mon ami Bob Mohan, un animateur de radio local.
L'engin avait coupé la route de Scottsdale, et avait fait un virage à droite à environ 180° en la suivant vers le sud. Il se dirigeait droit vers la
maison de Mo.
Pourquoi n'ai-je pas appelé Mohan, couru chercher une caméra ou toute autre question que les gens posent toujours ? Parce que je m'attendais à ce
qu'il disparaisse à tout moment. Aucun de nous n'était effrayé, excité ou encore perturbé. Mais nous ne pouvions pas détacher nos yeux de lui. Ce que
j'ai vu n'a pas grand-chose à voir avec la vidéo des « Lumières de Phoenix ». Et oui, il y a quelques fruits pourris associés au 13 mars.
Quiconque peut vous dire ce que les petits hommes verts nous veulent peut probablement aussi vous dire où Dieu veut que vous envoyiez vos chèques. Mais,
c'est juste une opinion.
J'estime qu'il est passé à 90° de notre position, à peu près à l'intersection de la route Scottsdale et du Boulevard Shea, à quelque 3 kilomètres
de là, à 22 h 30. Nous ne pouvions plus en voir le sommet — les lumières que nous avions observées étaient bloquées par la structure.
Alors qu'il passait la position 90°, j'ai cru percevoir un objet arrondi, presque en forme de gondole — un quoi ? — COMMENT
appelez-vous une chose semi-transparente sur le fond d'un vaisseau dont le sommet pouvait être à une altitude de 3000 mètres ? Quel que soit
le nom que vous lui donnez, il traînait presque sur le sol. Gardez à l'esprit qu'il n'y avait rien que l'on puisse lui comparer — et que de notre
position, il faisait assez sombre. J'ai entendu dire que c'était comme regarder à travers l'eau. Ouais. Comme un mince rideau d'eau. Les lumières de
l'autre côté, quelques villes, surtout des étoiles, perdaient un peu de leur brillance et apparaissaient légèrement ondulées lorsque l'engin passait
entre elles et nous. Pour moi, l'engin semblait être un ensemble de lumières ambrées suspendues dans une encre flottante entourée par l'obscurité de la
nuit.
Le SR-71 a volé en 1958, avant qu'ils aient de l'argent pour jouer avec... Quand le bombardier furtif a-t-il volé ? Rappelez-vous, ils ont tiré sur
JFK devant Dieu et tout le monde et s'en sont sortis. Ils ont incendié des gens à Waco, mais ils le nient encore aujourd'hui. Croyez-vous que le
TWA 800 a été abattu par une pompe d'appoint défectueuse ? Croyez-vous vraiment à l'histoire du « 9-11 » ?
Là encore, on peut se demander si ce témoin n'a pas été influencé, lorsqu'il commence par déclarer : « J'ai entendu dire que c'était comme
regarder à travers l'eau. » Son premier témoignage a été rapporté en 1998.
En dehors de cela, la grosse anomalie est que Johnston indique qu'il a vu l'objet entre 22 h 20 et 22 h 30, soit deux heures après le
passage indiqué par la grande majorité des témoins, et il précise, en insistant lourdement, qu'il est sûr de lui parce qu'étant pilote d'avion il a
l'habitude de noter les horaires. Sa description évoque pourtant tous les autres témoignages, on est donc tenté de penser qu'il s'est malgré tout trompé
sur l'heure de l'observation. C'est conforté par le fait qu'il croit d'abord que son fils voit simplement la comète Hale-Bopp, alors qu'à
22 h 20 la comète était couchée depuis deux heures et que c'était annoncé partout (journaux, bulletins météo...)
On remarque aussi dans le dernier paragraphe que ce témoin croit à toutes les histoires complotistes : assassinat de JFK, la secte de Waco qui aurait
été volontairement massacrée, le vol TWA 800 abattu par un missile, les attentats du 11 septembre 2001... Pour ce qui est du SR-71 ayant volé en
1958 (il n'a effectué ses premiers vols qu'en 1964) il confond dans doute avec l'avion espion U-2. Mais bon tout ça donne à penser qu'il est assez facilement
influençable.
Cas 123 — Dana Valentine, 31 ans, était assis dans son jardin à Phoenix lorsque les lumières se sont dirigées vers lui. Ce
technicien en imprimantes laser a couru et a attrapé son père, un ingénieur en aéronautique, et tous deux ont regardé fixement le ciel lorsque les
lumières sont passées à 150 mètres directement au-dessus d'eux. « Nous pouvions voir le contour d'une masse derrière les lumières, mais nous ne
pouvions pas vraiment voir la masse », dit Valentine. « C'était plus comme une distorsion grise du ciel nocturne, ondulée. Je ne sais pas
exactement ce que c'était, mais je sais que ce n'est pas une technologie dont le public a déjà entendu parler. »
Et c'est tout. Il n'y a que ces quatre témoins qui parlent de ces ondulations, dont deux qui n'en ont pas parlé immédiatement (mais l'un d'eux, Mike
Fortson, a aussi observé que la lune devenait d'un jaune terne au passage de l'objet), et un qui a témoigné après un an. C'est bien maigre comme évidences
pour élaborer des hypothèses échevelées. Et remarquons que ces quatre témoins ont beaucoup participé au groupe du Village Labs qui s'est formé autour de
Jim Dilettoso, dans lequel on évoquait beaucoup l'idée d'appareils militaires secrets dotés de systèmes de camouflage visuel ou d'hologrammes.
On peut donc imaginer que ces quatre témoins ont pu être influencés par les idées de Dilettoso et des autres. Et d'autres qui se sont manifestés encore
bien plus tard avaient eu en outre l'occasion de voir des reportages dans lesquels on insistait beaucoup sur cet aspect étrange des « Lumières de
Phœnix ».
Mais peut-être aussi que ces effets s'expliquent par des traînées laissées par les avions.
Disons quelques mots sur ces traînées, les « contrails »... Elles sont constituées de cristaux de glace qui se forment autour de « noyaux
de condensation », en l'occurrence les particules de combustion des réacteurs des avions à réaction. Des traînées ne se forment pas systématiquement,
il faut pour cela que la température soit au maximum de -40°C et qu'il y ait un certain niveau d'humidité. En général, cela se produit pour les avions qui
volent entre 7,5 et 12 km d'altitude.
Ça pose un problème puisque nous avons vu que les avions volaient probablement à une altitude de 5,8 km. Puisque l'apparition de traînées dépend de la
température en altitude, elles doivent se produire à une altitude plus faible en hiver et la nuit, mais à Phœnix ce soir-là la température au sol était
supérieure à 20°, il est donc peu vraisemblable qu'elle ait été très inférieure à la moyenne à 5,5 km du sol. Il faudrait donc savoir s'il est possible
que des traînées apparaissent dans certaines conditions à une température nettement supérieure à -40°C, et je n'ai pas la réponse. Je sais que de petites
traînées peuvent apparaître notamment au bout des ailes à basse altitude, provoquées par les perturbations, mais elles sont très courtes et très fines.
Des nuages se forment à toutes les altitudes, il ne serait donc pas surprenant que lorsque les conditions sont telles qu'ils sont tout près de se former
une petite perturbation induite par les réacteurs d'un avion entraîne l'apparition d'une traînée, pas aussi persistante que les traînées habituelles. Je
n'ai pas trouvé de renseignements là-dessus, il faudrait l'avis d'un expert en météorologie. Peut-être aussi qu'après tout l'altitude des avions était un
peu supérieure à 5800 m, mais il y a quand même pas mal d'éléments qui plaident en faveur d'une altitude assez basse. Et peut-être aussi que nous faisons
fausse route en essayant d'impliquer des traînées pour expliquer une infime minorité des observations dont certaines ont pu être influencées.
La présence de traînées est donc très incertaine, mais on va tout de même voir en quoi elles auraient pu être impliquées.
La nuit, les traînées ne sont pas visibles, ou à peine quand la lune est à peu près pleine. Il y a tout de même un témoin (cas 13) à Paulden qui a vu
« cinq objets en forme de diamant avec de fines traînées ». On peut aussi ajouter le témoin de Prescott qui a déposé en 2014, qui voyait un
objet immense en forme de boomerang portant sept lumières et suivi par six sortes de flammèches multicolores (voir la reconstitution sur
le site de Laurent Chabin)... Pour un récit rapporté après presque vingt ans on peut imaginer que ce sont des traînées apparaissant à une certaine
distance des lumières qui l'ont inspiré.
On voit par contre très bien ces traînées masquer plus ou moins la lumière lorsqu'elles passent devant la lune, et bien sûr elles peuvent aussi bien
atténuer la lumière des étoiles quand elles passent devant.
Ces traînées de réacteurs ne se développent pas immédiatement derrière l'avion, puisqu'il faut que les gaz de combustion se refroidissent en se dilatant.
On le voit par exemple sur cette photo :
L'avion paraît assez grand, mais un Tutor n'a qu'une longueur de 10 m, il était à une distance de 8,6 km de Fortson lorsqu'il est passé devant
la lune, ça représente un angle de 4' d'arc, soit un huitième du diamètre de la lune, c'est nettement plus petit que l'avion visible ici, et d'autre part
il aurait traversé la lune en moins d'une demi-seconde. Mais surtout, vu l'espacement des cinq avions et la phase particulière de la lune, il est peu
probable que l'un d'eux soit passé juste devant le croissant éclairé.
Parlons donc pour commencer du changement de couleur de la lune mentionné par Mike Fortson.
Le 13 mars 1997 à 20 h 35, la lune avait l'aspect d'un croissant presque horizontal (Mike Fortson indique une phase correcte, « un
quart de lune inférieur ») :
La lune se trouvait à un azimut de 263°, presque plein ouest, donc très proche de la position au plus près des avions qui formeront donc des traînées
pratiquement horizontales.
Et sa hauteur angulaire était de 38,5°. Un avion à 5,5 km d'altitude et la même hauteur angulaire serait donc à une distance de 8,8 km. Si on
suppose que la traînée à quelques dizaines de mètres de l'avion a une largeur de 10 m, elle sera vue à cette distance sous un angle de 0,06°, soit le
huitième du diamètre lunaire. J'ai représenté ci-dessous ce que cela pourrait donner, avec une traînée atténuant de 50% la lumière.
Ça n'est pas tout à fait le changement de couleur que décrit Mike Fortson, mais on peut comprendre assez facilement la méprise.
On voit donc une traînée horizontale devant la lune, mais s'il y a un vent latéral cette traînée va se déplacer verticalement, donnant bien l'impression
d'une « vague ». C'est bien ce que dit Fortson : Alors que le vaisseau passait devant la lumière de la lune, la couleur de la lune est
passée à un jaune terne, et nous pouvions voir des « vagues » horizontales quand il est passé.
Il n'y a que Mike Fortson qui a vu passer l'objet devant la lune, les autres témoins (trois, donc, plus quelques autres qui se sont manifestés bien plus
tard) évoquent pour leur part une sorte d'ondulation du ciel derrière l'objet. Est-ce que des traînées peuvent aussi être responsables ?
Ce qui pouvait se passer, c'est que certaines étoiles baissent d'intensité lorsqu'elles passaient derrière une des cinq traînées des avions. Et il est
possible aussi que les traînées elles-mêmes aient été un peu visibles dans le ciel. Et avec le vent, ça pouvait bien donner l'impression d'une série de
cinq « vagues ».
Voyons à quelle vitesse elles pouvaient se déplacer. Je n'ai pas trouvé d'informations sur la vitesse du vent en altitude à l'heure du passage des avions,
mais Bruce Maccabee en s'étant renseigné auprès d'un météorologue l'indique pour la fin d'après-midi dans son étude sur les flares : À l'altitude
approximative des lâchers de flares [4500 m, donc un peu moins que l'altitude de vol des avions], sa vitesse était de 18 m/s
(65 km/h) et venait de l'azimut 305°. On admettra donc qu'il avait la même valeur à 20 h 30 et 5500 m d'altitude, en sachant que
ça n'aura guère qu'une valeur d'exemple.
Ce qui nous intéresse, c'est la vitesse latérale du vent, perpendiculairement à la trajectoire de l'avion : les avions suivaient un couloir aérien
avec un cap de 161° au-dessus de Phœnix ; le vent se dirigeait vers le cap 125°, incliné donc de 36° par rapport au cap des avions ; la vitesse
latérale était alors de 11 m/s (18 m/s × sin 36°), vers l'est. En supposant toujours une largeur de traînée de 10 m, ces
traînées se déplaçaient donc à peu près de leur propre largeur toutes les secondes, et les étoiles qu'elles obscurcissaient ne l'étaient donc que pendant
une seconde. Ça devait donc bien donner l'impression d'une ondulation, outre la possible visibilité des traînées se déplaçant sur le fond du ciel.
Il se peut que la vitesse du vent ait été encore supérieure. Le pilote anonyme de la formation dit en effet : « La vitesse de croisière devait
être de l'ordre de 250 kts [nœuds, soit 463 km/h] (vitesse indiquée) ou environ 300 kts [556 km/h] (vitesse réelle). »
La vitesse indiquée est la vitesse par rapport à l'atmosphère. Certes, ça n'est qu'une approximation et selon ses souvenirs remontant à une dizaine
d'années, mais il ne donne pas d'autres détails, on peut donc penser que c'est juste ce dont il se souvient, il indique bien que le vent venait de
l'arrière et donne une vitesse réelle qui correspond précisément à celle que nous avons trouvée d'après l'évolution des observations le long de la
trajectoire. On peut donc supposer que ses indications sont fiables.
On peut alors calculer la vitesse du vent, en supposant qu'il garde le même cap que dans les données météo de 22 h (36° par rapport à la direction
des avions). Les matheux pourront résoudre le problème en passant par la trigonométrie et une équation du second degré, comme on n'a pas besoin d'une
grande précision on se contentera de le faire graphiquement par tâtonnements :
On connaît, ou on suppose connaître, la vitesse apparente et réelle de l'avion (463 et 550 km/h), l'angle du vent par rapport à la vitesse réelle, on
trouve que la vitesse du vent est de 112 km/h, soit 31 m/s, et que le cap apparent des avions est dévié de 8° par rapport au cap réel. Cet angle
correspondra aussi à l'angle des traînées par rapport à la trajectoire des avions. La vitesse latérale du vent serait alors de 18 m/s.
Les avions se déplaçaient de leur côté à 153 m/s, pour une formation dont la longueur pouvait être de 600 m elle aurait mis quatre secondes pour
parcourir sa propre longueur. Selon que l'objet imaginaire portant les lumières soit considéré comme un triangle ou un boomerang plus ou moins large, les
traînées pouvaient se déplacer d'une à six fois leur largeur dans la surface supposée occupée par l'objet, c'est suffisant pour être remarqué par une
petite minorité de témoins.
Bien sûr, les traînées d'un avion perdurent généralement à bien plus que quelques centaines de mètres, et l'effet devait donc persister sur toute la
trajectoire suivie, mais les témoins avaient leur attention fixée sur l'objet, ils n'avaient pas de raison de regarder ce qui se passait loin derrière.
Pour essayer de voir ce que cela pourrait donner, j'ai fait cette petite vidéo indiquant un passage de cinq avions laissant des traînées
semi-transparentes et un peu colorées devant la lune et le fond de ciel étoilé. Les avions passant alors à une hauteur angulaire de 38°, j'ai tenu compte
de la perspective en donnant à la vitesse du vent de travers 11 m/s et non 18.
Thomas Bullard évoque une autre hypothèse pour expliquer les effets de distorsion du ciel :
Les distorsions apparentes des étoiles ou de la lune pourraient être dues à des changements dans le cadre de référence fourni par les lumières en
mouvement, donnant l'impression que les étoiles fixes flottent ou ondulent.
Autrement dit, c'est parce que les lumières n'étaient pas fixes les unes par rapport aux autres que certains témoins persuadés qu'ils avaient affaire à un
objet unique et solide ont pensé que c'était le fond du ciel étoilé qui se déformait. Ça me paraît un peu tiré par les cheveux.
Dans tous les cas, quatre témoignages ça n'est vraiment pas beaucoup.
L'absence de détection radar
Beaucoup d'ufologues s'étonnent aussi que s'il y avait une formation d'avions, elle n'ait pas été détectée au radar. Mais ça ne serait pas vraiment
surprenant, et ça n'est pas non plus tout à fait vrai.
Randall Fitzgerald écrit dans son article :
Un contrôleur en poste cette nuit-là à l'aéroport Sky Harbor de Phœnix, Bill Grava, m'a dit que les lumières n'étaient pas apparues sur le radar
de la tour et que les contrôleurs ne les avaient pas vues non plus, bien que lui et d'autres contrôleurs aient reçu de nombreuses demandes par radio
d'autres pilotes en vol pour identifier la formation.
En outre, comme me l'a expliqué Martin Hardy, directeur du contrôle du trafic aérien de Sky Harbor, « nous ne sommes vraiment pas sûrs de ce qui
s'est passé cette nuit-là. À moins qu'il ne s'agisse d'une sorte d'exercice militaire, je ne vois pas ce que cela pourrait être. Ils ne sont pas apparus
sur notre radar. Mais le radar de notre tour ne va que jusqu'à 900 mètres. »
Et on apprend aussi que le pilote d'un petit avion aurait déclaré un airmiss à l'aéroport, c'est-à-dire le passage de « l'objet » suffisamment
près pour présenter un danger. On a d'ailleurs appris plus tard que le pilote en question (s'il n'y en a pas eu plusieurs) n'était autre que l'acteur Ken
Russel, qui a expliqué sur la BBC :
J'emmenais [mon fils Oliver] voir sa petite amie, et nous étions en approche. J'ai vu six lumières au-dessus de l'aéroport en formation parfaite en
forme de V. Oliver m'a dit — j'étais en train de le regarder, j'arrivais, nous étions peut-être à 800 mètres — et Oliver a dit,
« Papa, c'est quoi ces lumières ? »
Je suis sorti de ma rêverie et j'ai dit : « Je ne sais pas ce que c'est. » Il a dit : « Tout va bien ici ? » Et j'ai
dit, « Ouais, je vais appeler », et je l'ai signalé.
Russell n'a pas beaucoup pensé à l'incident après cela, et c'est plusieurs années après qu'il a entendu parler des observations dans une émission de
télévision, et quand le présentateur a dit qu'un pilote civil avait signalé ce qu'il voyait à la tour de contrôle, il a pensé que c'était lui.
Mais là encore, il faut comprendre la situation. Un pilote prend l'engin pour un objet unique, solide, volant à basse altitude, et donc assez proche, et
signale un airmiss... La tour de contrôle cherche donc sur son radar un objet proche à basse altitude, et pas une formation d'avions à plusieurs
kilomètres et 5500 m d'altitude !
Et comme l'a indiqué un contrôleur le radar d'une tour de contrôle n'est là que pour vérifier le trafic à proximité de l'aéroport, sa portée est limitée
aussi bien en distance qu'en altitude.
Fitzgerald indique encore :
Greg Aguirre, pilote de Southwest Airlines, l'un des témoins que j'ai interrogés, a souligné que les avions volant à plus de 3000 mètres seraient
sous la juridiction des contrôleurs régionaux d'Albuquerque, mais que s'ils se trouvaient en dessous de 900 mètres, « ils n'auraient pas à
s'identifier à qui que ce soit. »
Les avions volaient sûrement à plus de 3000 mètres d'altitude, mais nous avons vu que justement il y a eu une discussion entre les contrôleurs du
trafic aérien d'Albuquerque, qui voyaient bien la formation sur leur radar, l'équipage d'un 757 d'America West et le pilote d'un des avions de la
formation !
Certes, la FAA n'a jamais confirmé cette communication ni la détection du vol... Mais la FAA ne gardait alors les enregistrements des trajectoires des
avions que quinze jours, et ça n'est qu'après plusieurs mois que des ufologues se sont décidés à essayer d'avoir des informations sur un éventuel vol
d'avions en formation, après s'être acharnés à nier l'implication de flares dans les observations de 22 h !
Il faut préciser aussi quelques informations sur les radars. Il y a les radars primaires et les secondaires. Le radar primaire indique véritablement les
réflexions des ondes du radar par un objet métallique. Le radar secondaire ne donne que le retour d'informations du transpondeur d'un avion. Le
transpondeur, c'est un émetteur radio dont tous les avions sont équipés, qui lorsqu'il est pris dans le faisceau d'un radar envoie en retour des
informations sur son identité, sa position précise, etc (c'était le cas en 1997 ; maintenant, la plupart des transpondeurs émettent en permanence, il
n'y a donc même plus besoin de radars pour identifier et suivre les avions, juste d'un petit récepteur radio spécialisé, et c'est ce qui a permis la
création des applications de « tracking » d'avions, comme Flightradar24).
Tous les avions sont équipés d'un transpondeur, si bien qu'en général les aéroports ou les contrôleurs aériens se contentent de laisser leurs radars en
mode secondaire. Il n'y a guère que les militaires qui utilisent des radars primaires.
Et les avions militaires, à l'inverse des civils, peuvent couper leur transpondeur, et ne sont donc plus détectables par les radars secondaires. Ils ne
doivent en principe le faire que sur le terrain d'opérations pour ne pas être repérés par les ennemis, mais bien sûr ils le feront aussi s'ils participent
à une opération secrète ou pas très réglementaire. Et dans tous les cas lorsqu'ils volent en formation il n'y a que l'avion leader, celui du commandant de
l'escadrille et qui se trouve en général en tête, qui a son transpondeur allumé. La formation apparaît donc sur un radar secondaire comme un point unique,
et ça n'est que si le contrôleur cherche des informations sur ce point qu'il saura qu'il s'agit de plusieurs avions en formation.
En considérant tout cela, il n'est guère étonnant que cette formation d'avions n'ait pas été formellement identifiée.
Il y a aussi un témoignage indiquant que l'objet aurait été pris en chasse par deux avions de la Luke AFB, et aurait brouillé leurs radars
(cas 44).
C'est encore le Nuforc qui a reçu ce témoignage
anonyme, dont je donne la traduction en français :
Le texte suivant est la transcription éditée d'une conversation qui a eu lieu entre Peter B. Davenport, directeur du National UFO Reporting
Center à Seattle, et une personne qui a téléphoné au Centre à 3 h 20 (heure du Pacifique [4 h 20 pour l'heure légale de l'Arizona])
le vendredi matin 14 mars 1997. L'appelant a affirmé qu'il venait d'être le témoin personnel de l'interception d'un très grand vaisseau par deux
chasseurs McDonnell-Douglas F-15c de l'Armée de l'air américaine, directement au-dessus du centre-ville de Phoenix, en Arizona, vers 20 h 35
le jeudi 13 mars 1997.
DÉBUT DE LA TRANSCRIPTION
NUFORC : Laissez-moi démarrer l'enregistrement, et je vais mettre un marqueur temporel... Pour l'enregistrement, il est, euh, 03 h 20,
le vendredi 14 mars 1997. Je parle avec un monsieur qui vient d'appeler de Phœnix. O.K., monsieur, allez-y.
C'est exact. Euh, la, la base aérienne de Luke est en fait à Litchfield. Je suis, je suis, euh... J'ai terminé mon service il y a environ
30 minutes. À, euh, 20 h 15, euh, le F-... « Prêt pour Alerte » à la Luke Air Force Base, qui est le F-15... deux F-15 que
nous gardons en « Prêt pour Alerte »... Ils font partie du « Groupe de Protection » d'Air Force One et Air Force Two... pour les
protéger quand ils viennent à l'ouest des Rocheuses, quand le Président ou un dignitaire est à bord.
Ils ont été lancés parce que... l'enfer s'est déchaîné, en gros. Apparemment, nous avons reçu un appel de, euh, l'aéroport de Prescott Valley, un
petit aéroport, hem, au nord de nous... je suis désolé, au nord-ouest. Et signalant un objet qui a frôlé un petit Cessna... avion.
L'appel est venu pour une une « Prêt pour Alerte ». Vers 20 h 32, euh, d'après ce que j'ai compris, ils ont rencontré quelque
chose dans le ciel ... au-dessus de Phoenix, Arizona, dans la zone de la 7e avenue et la route Indian School.
Ils ne savent pas ce que c'était. La description faite par le pilote... un des pilotes a déclaré qu'ils l'avaient eu en visuel, qu'ils avaient des
images d'une caméra d'arme, mais pas de détection radar. Ça leur a foutu les jetons. Je n'ai jamais vu... ce [grade/nom effacé] dont je parle, il,
euh, ... le pilote commandant ce vol particulier, il ne vous parlera jamais. C'est un vrai professionnel. Je n'ai jamais vu cet homme, oh... je n'ai
jamais vu cet homme avoir peur.
Connaissez-vous le terme « bruit blanc »... effacement du radar ? Si je comprends bien, c'est ce qu'ils ont eu, c'était strictement du
bruit blanc.
Sa déclaration était qu'ils ont suivi cet avion... Il a suivi une trajectoire en ligne droite, se dirigeant vers le « vecteur »... aéroport
[Sky] Harbor, qui est l'un de nos principaux aéroports ici, et il est entré dans le circuit... de l'aéroport Harbor. Il a traversé le circuit des
pistes de décollage. Les pistes de décollage à ce moment-là... le vent venait de l'ouest.
Ils ont rencontré, à l'origine, euh, deux 737, et un DC-10 décollant de Sky Harbor. Nous avons un terminal America West ici, donc nous avons
beaucoup de vols civils.
Ils... cet avion est resté à... c'était, hum,... d'après ce qu'il a compris, il était à environ 5500 mètres, descendant à 3200. Quand il est
arrivé à « Angels 10 »... 3200, il est devenu complètement noir. Il ne sait pas si c'était un seul avion, ou plusieurs avions. Il a vu
cinq lumières distinctes dans une configuration triangulaire.
Les trois premières lumières étaient dans une formation triangulaire serrée. Euh, l'une des lumières arrière était avec... à tribord à environ... il a
dit que c'était à environ 200 mètres. Et puis l'autre lumière était à environ 400 mètres, également sur le côté est du triangle, si vous
voulez.
Il pense qu'il pourrait s'agir de plus d'un avion. Il n'a pas pu décrire l'avion. Tout ce qu'il a pu dire, c'est qu'il y avait des lumières... il n'y
avait pas de lumières stroboscopiques. C'était [une] lumière, a-t-il dit, aussi brillante qu'une étoile. Pas comme l'étoile Polaire... En ce moment,
Mars et Jupiter sont très brillants dans le ciel. Mais ce n'était pas très brillant. Et, euh, elles ont diminué. Et quand elles ont diminué
d'intensité, il a réalisé que les feux d'atterrissage n'ont généralement pas cette capacité.
Elles ont donc été... et ont diminué d'intensité à l'unisson. Après... après la diminution, elles... elles sont devenues complètement sombres. Les
avions sonr alors passés dans le circuit. Ils sont revenus sur... ont suivi la ligne droite de la 7e Avenue, laquelle coupe droit à travers
Phœnix.
Et ils ont continué leur route. Ils ont tourné... Ils sont revenus au moment où elles passaient une montagne appelée « South Mountain ».
Lui, il était mort de peur. Il n'est pas sûr de ce que c'était. Après qu'ils aient atterri, la base était... nous avions un « verrouillage »
complet. L'établissement était fermé.
Donc la Luke AFB aurait été mise en alerte rouge et deux F-15 auraient décollé à la suite de l'appel d’un pilote de Cessna qui aurait eu un airmiss près
de l'aéroport de Prescott, vers 20 h 15 soit précisément à l'heure où tous les témoins voyaient « l'ovni en V » à Prescott. Rien
n'aurait été détecté au radar qui semblait brouillé, mais les pilotes auraient eu l'objet en visuel près de l'aéroport Sky Harbor de Phœnix, vers
20 h 32 qui était bien à quelques minutes près l'heure du survol de la ville, et l'auraient suivi au-dessus de la ville, où ses lumières se
seraient éteintes. Les chasseurs auraient alors fait demi-tour et seraient rentrés à leur base.
L'informateur du Nuforc semble sincère et il a raconté tout ça quelques heures après les observations, mais on peut douter qu'il en ait été le témoin
direct. Il dit à plusieurs reprises « d'après ce que j'ai compris »... On a l'impression que c'est quelqu'un du personnel de la base qui a
entendu ce qui se racontait, ce qui laisse une multitude de possibilités de mésinterprétations.
Il dit que les avions étaient des F-15 alors qu'il n'y avait plus que des F-16 dans cette base.
Il parle de « bruit blanc » concernant un effacement du radar, alors qu'un bruit blanc concerne le son (c'est la superposition de toutes les
fréquence sonores), et ne pourrait concerner qu'un brouillage de la radio.
On s'étonne aussi que les avions soient rentrés après que les lumières de l'objet se seraient « éteintes », alors même que de nombreux témoins
au sol continuaient à voir cette formation de lumières qui gardait en outre une trajectoire et une vitesse constantes.
Ce qui est sûr, c'est que la base Luke a reçu ce soir-là un certain nombre d'appels concernant ces observations. Il est donc vraisemblable qu'elle ait été
mise en alerte, mais que des avions aient décollé c'est beaucoup moins certain. Le lieutenant-Colonel Mike Hauser de la base, interrogé par des
journalistes, avait de son côté reconnu que des avions de chasse F-16 étaient en vol cette nuit-là, pour une mission d'entraînement de routine, mais
qu'ils n'étaient pas intervenus. Mais ce qui est sûr aussi, c'est que plusieurs pilotes ont signalé cette formation aux aéroports, et que certains la
prenaient pour un objet unique et proche.
On peut se demander si la description attribuée au pilote d'un chasseur ne serait pas directement celle du pilote du petit avion ayant signalé cela aux
contrôleurs de l'aéroport de Prescott, qui ont alerté la base Luke. Ou peut-être s'agissait-il aussi d'un témoin au sol dans la base militaire, puisqu'il
devait y avoir des observateurs sur la base Luke si elle avait été alertée un quart d'heure avant par l'aéroport de Prescott.
Mais quel que soit l'observateur, ce qu'il dit comme beaucoup d'autres témoins professionnels c'est qu'il ne savait pas si c'était un objet unique ou
plusieurs petits objets portant chacun une lumière, donc une formation d'avions.
Il y a un autre témoin qui dit avoir vu des avions prendre en chasse « l'ovni » depuis la base Luke (cas 26). Le témoin s'appelle Bill Greiner,
et il dit avoir fait son observation à 22 h. Voici ce qu'en dit Bill Hamilton dans son livre :
Un chauffeur de camion qui avait observé deux lumières ambrées inhabituelles se déplacer devant lui vers le sud pendant deux heures entières alors
qu'il conduisait sur la I-19 depuis Camp Verde, a rapporté qu'alors qu'il approchait de sa destination, une usine de matériaux près de
Luke AFB, les deux OVNIs semblaient avoir arrêté leur mouvement et étaient en vol stationnaire. Une fois arrivé à l'usine, alors qu'il attendait
que son camion soit déchargé, il s'est mis debout sur une pile de matériaux pour observer ce qu'il voyait maintenant comme deux orbes ambre identiques
ressemblant à des toupies (comme des montgolfières sans nacelles), avec un reflet irisé blanc et une bande de lumière rouge pulsante, le plus proche de
lui étant à deux ou trois kilomètres de distance, juste à côté de la piste de Luke. Soudain, deux F-16, suivis d'un troisième, « ont décollé de
Luke avec leur postcombustion à fond », sont montés en chandelle juste au-dessus du témoin et se sont dirigés directement vers l'OVNI le plus
proche. Au moment où le chasseur de tête était sur le point de s'approcher de l'OVNI, celui-ci s'est élevé d'un coup et a disparu « en un
instant » alors que les chasseurs passaient à l'endroit même où l'objet était en vol stationnaire. Le deuxième ovni a également disparu, car il ne
planait plus au nord-ouest.
Une histoire qui s'écarte largement de tous les autres témoignages : les ovnis étaient au nombre de deux et se sont déplacés indépendamment l'un de
l'autre, les avions qui les ont pris en chasse étaient trois alors qu'ils vont toujours par paire, ils seraient intervenus vers 22 h... Bref on a de
bonnes raisons de douter de la fiabilité de ce témoignage, et en tout cas de ne pas le lier au passage de la formation de lumières en V à
20 h 30. Peut-être à lier plutôt aux flares qui ont justement été lâchés vers 22 h, qui depuis Camp Verde étaient à peu près dans la
direction de Luke AFB, mais beaucoup plus loin, et qui devaient être visibles depuis la position du témoin, près de la piste de Luke... Et peut-être
que deux F-16 évoluaient alors près de Luke AFB, sans lien avec ces lumières.
Dans tous les cas, la base Luke a nié avoir envoyé des avions à la suite des observations, des témoins présents à proximité n'ont pas remarqué d'activité
anormale dans la base à l'heure du passage du « V », et personne à Phœnix n'a dit avoir entendu des chasseurs à réaction passer au-dessus de la
ville.
Est-ce que ça pourrait être autre chose ?
On a vu qu'il y a beaucoup de données en faveur de l'hypothèse d'avions, mais essayons tout de même d'imaginer qu'il pourrait s'agir d'autre chose.
Beaucoup suggèrent en particulier un engin secret.
S'il s'agit d'un engin unique, il aurait nécessairement de très grandes dimensions... Les avions géants, ça n'est pas trop intéressant, mais on peut
penser à un dirigeable... Des bruits courent sur un dirigeable géant en forme de triangle qui serait doté d'un système de furtivité optique, reproduisant
le ciel étoilé sur sa surface... Ça expliquerait les effets de distorsion mentionnés par quelques témoins.
Par contre, on voit mal l'intérêt d'avoir des lumières brillantes dans le cas d'un appareil furtif, et qui en plus ne restent pas fixes les unes par
rapport aux autres. Et il est aussi difficile d'imaginer un dirigeable géant qui se déplacerait à 500 km/h.
Et puis, on avait déjà suspecté un tel dirigeable lors de la vague belge en 1990, et depuis rien n'est venu confirmer son existence.
Les Skunk Works, le bureau d'étude des projets ultrasecrets de Lockheed Martin, a bien étudié un dirigeable géant, qui est maintenant à l'état de
prototype, mais il s'agit de transporter de lourdes charges sans avoir besoin d'infrastructures particulières pour l'atterrissage, sa forme n'est pas
triangulaire et il n'est pas du tout question de furtivité. La seule technologie vraiment novatrice qu'il intègre consiste en des mini-robots qui
parcourent l'enveloppe à la recherche d'éventuelles déchirures et peuvent les réparer.
Donc, exit le dirigeable géant pour expliquer les Lumières de Phœnix.
Certains ont imaginé aussi des projections holographiques ou une technologie assimilée... C'est notamment le cas de Randall Fitzgerald, et c'est
d'ailleurs ce qui justifie le titre de son article : Un Test de Roschach au-dessus de l'Arizona...
On sait que les Américains ont bien étudié de telles technologies notamment pour contrôler les foules en projetant des images dans le ciel... Des
militaires ont imaginé notamment de projeter des images divines accompagnées d'injonctions vocales lors de la guerre du Golfe, mais ça a finalement été
jugé peu intéressant.
Fitzgerald indique :
Deux projets militaires visant à créer des projecteurs holographiques à des fins de guerre psychologique ont été portés à mon attention, ce qui
renforce l'idée que les observations d'un grand véhicule aérien au-dessus de l'Arizona le 13 mars 1997 ont pu faire partie d'une expérience de
guerre psychologique.
L'un des projets était en cours et l'autre en discussion en 1996, soit une année entière avant les observations d'ovnis au-dessus de l'Arizona.
Et plus loin :
Au fil des ans, j'avais entendu des rumeurs émanant de civils et de militaires selon lesquelles la technologie nécessaire pour projeter des images
tridimensionnelles vers un point dans l'espace avait été testée à Fort Huachuca et ailleurs dans les années 90. Mais jusqu'à l'événement des
Lumières de l'Arizona en 1997, il n'y avait aucune preuve claire que ces dispositifs optiques et laser électriques avaient été utilisés pour cibler une
population civile afin de tester ses réactions à des phénomènes inhabituels.
Vous pouvez imaginer comment une telle technologie pourrait être utile aux militaires en tant qu'arme de terreur de guerre psychologique. Si vous pouvez
tromper un ennemi en lui faisant croire que ce qu'il voit est un vaisseau spatial extraterrestre plutôt qu'un engin militaire américain, vous pouvez
manipuler sa volonté et sa capacité à résister efficacement. La tromperie holographique dans une situation de champ de bataille peut fournir toutes
sortes d'avantages tactiques.
Les illusions dans le ciel peuvent être silencieuses et donner l'impression d'être énormes, de se déplacer lentement, voire d'être immobiles. Un tel
effet holographique peut parfois apparaître aux témoins comme une « distorsion ondulatoire » dans le ciel, ou un « mirage », ou
« translucide ». Vous reconnaîtrez toutes ces descriptions comme faisant partie de ce que de nombreux témoins ont rapporté la nuit où cinq
lumières au-dessus de l'Arizona ont semblé être un seul énorme vaisseau aérien.
Et il a aussi son idée concernant la destination des lumières, qui ne serait pas la base Davis-Monthan :
La seule autre installation militaire importante dans la direction proche de l'endroit où les lumières ont été signalées pour la dernière fois cette
nuit-là est le Fort Huachuca de l'armée, à la frontière mexicaine.
Voici ce que nous savons de Fort Huachuca, d'après les informations publiques largement disponibles. Il est situé à l'extérieur de Sierra Vista, au
sud-est de Tucson et au sud de l'Interstate 10, que les lumières avaient suivi. Il possède un aéroport, Libby Airfield, avec trois pistes pour
l'aviation militaire.
Fort Huachuca abrite le centre de renseignement de l'armée américaine, qui forme le personnel du renseignement militaire pour les quatre branches de
l'armée américaine. L'équipe aérienne de performance des Thunderbirds s'y entraîne. Elle possède un Electronic Proving Ground et un centre de formation
spécialisé dans l'imagerie, la tromperie, le contre-espionnage et le renseignement électronique.
L'entraînement tactique de guerre psychologique a lieu à Fort Huachuca.
Fort Huachuca est situé effectivement à une centaine de kilomètres au sud-est de Tucson, à peu près dans le prolongement de la trajectoire suivie par la
formation... Mais il n'y a aucun témoignage au-delà de Tucson, et il est quand même difficile de croire que le fait que l'opération Snowbird dirigée
depuis Davis-Monthan se terminait justement ce soir-là relève d'une coïncidence.
Richard Motzer penchait lui aussi pour une explication de ce genre, un test de contrôle de la population en lien avec le projet Blue Beam, un supposé
programme de contrôle des masses dans lequel interviendrait même la Nasa, qui n'est guère mentionné que chez les complotistes et semble avoir pour origine
un unique personnage très peu crédible, le Canadien Serge Monast.
Tout ça est ntéressant, mais là encore ça serait pour expliquer quoi ? La très grande majorité des témoignages ne font état que de cinq lumières se
déplaçant en ligne droite et à vitesse constante, et on a vu que tout s'accordait avec les caractéristiques d'avions tout à fait banals.
Les effets surprenants qui pourraient mettre en cause des hologrammes ou d'autres types de projections n'ont été remarqués que par quelques témoins, quel
serait donc l'intérêt ?
Même dans l'hypothèse où les observations de Phœnix relèveraient d'un test de réaction de la population à une vague d'ovnis, cette opération aurait pu
utiliser une formation d'avions et des flares largués à haute altitude, puisqu'il n'y a vraiment rien qui suggère qu'il y ait eu autre chose vu par de
nombreux témoins. Ça fait un peu complotiste (ce qui n'est pas forcément disqualifiant, les complots ça existe, mais il faut savoir si quelque chose le
justifie). Et si c'est le cas ça n'a pas été très probant puisqu'il n'y a guère que des ufologues et une poignée de témoins qui aient été troublés par ces
lumières.
Et bien sûr, il y a aussi l'hypothèse du ou des vaisseaux extraterrestres, qui peut toujours tout expliquer. Et dans ce cas le lâcher de flares à
22 h serait soit complètement fortuit, ce qui est une chance parce qu'on a bien vu que sans cela le passage du « V » n'aurait reçu aucun
écho médiatique, ou il aurait été décidé pour détourner l'attention du public du véritable phénomène, ce qui est complètement invraisemblable d'un point
de vue temporel : les premiers témoignages collectifs ont eu lieu vers 20 h 30, l'armée aurait donc eu une heure et demie pour équiper des
avions à la base Davis-Monthan à Tucson, et les envoyer à 200 km de là pour larguer leurs flares juste à une altitude suffisante pour que quelques
témoins à Phœnix puissent les voir et surtout les filmer... Et l'opération aurait été complètement absurde puisque ce sont justement les flares très
spectaculaires qui ont attiré l'attention du public et des médias sur le « vaisseau géant ».
Bref tout ça ne tient guère debout, et on a suffisamment d'évidences d'un passage d'une formation d'avions canadiens qui explique la très grande majorité
des témoignages, aux erreurs de perception habituelles près, pour ne pas avoir à élaborer des hypothèses échevelées.
Fife Symington ressuscite les Lumières de Phœnix
En 2007, l'affaire a été relancée par une nouvelle fracassante : le gouverneur Fife Symington, celui qui avait dix ans plus tôt organisé une
conférence de presse avec son chef de cabinet déguisé en alien pour dédramatiser l'incident, révélait qu'il avait lui-même observé le phénomène !
La façon dont il a révélé ça est intéressante... Le réalisateur James Fox avait réalisé quelques années auparavant un documentaire sur les ovnis en
général, Out of the blue, dans lequel il parlait notamment des Lumières de Phœnix. Il souhaitait en réaliser une nouvelle version plus complète,
et il avait notamment interrogé un témoin qui se plaignait de l'intervention de Symington pour « se moquer » des témoins. Fox a envoyé son
documentaire à Symington, en lui demandant s'il avait des commentaires à faire. Et Symington a accepté d'être interviewé, et c'est alors qu'il a déclaré,
à la grande surprise de James Fox :
Je n'ai jamais pensé que toute cette histoire était une affaire ridicule, bien que nous en ayons certainement profité, on ne peut le nier. Mais je ne
la considère pas comme une affaire ridicule. C'était un événement légitime ; une apparition d'origine inconnue, venant d'on ne sait où ;
inexplicable, et probablement l'une des observations majeures dans l'histoire moderne de ce pays, étant donné que tant de gens l'ont vue dans le comté
de Maricopa — et je l'ai vue moi aussi.
C'était un sacré scoop, et avant de le révéler James Fox en a parlé à Leslie Kean, journaliste d'investigation spécialisée dans les ovnis et habituée des
scoops à ce sujet impliquant des agences gouvernementales... Scoops qui sont généralement retombés : il y a eu l'ovni d'El Bosque au Chili le 24 juin
2010 qui s'expliquait par un insecte, celui de l'hélicoptère de la marine chilienne en 2014 qui s'expliquait par un avion... Récemment, elle a aussi été à
l'origine de la révélation que l'armée des USA avait continué à s'intéresser aux ovnis, et avait financé des études dans ce domaine. Ça a ensuite révélé
le rôle de personnages assez louches et les vidéos censées prouver la réalité des ovnis se sont révélées plutôt décevantes, mais ça a aussi relancé
l'intérêt pour une recherche officielle sur les ovnis : même la Nasa a créé une commission d'enquête sur le sujet, et ça c'est une très bonne chose
et on peut en remercier Leslie Kean.
Quoi qu'il en soit on se préparait à fêter en grande pompe le 10e anniversaire de l'événement de Phœnix, et la révélation de Symington tombait
à pic pour ça. Kean a décidé de réaliser une longue interview de Symington, publiée le 18 mars 2007 dans un journal de l'Arizona, The Daily
Courier. Et l'info a fait le tour de toute la presse dans les jours qui ont suivi.
Le 31 juillet 2007, Symington était invité au Larry King Live,
sur CNN, et il donnait des détails sur la façon dont il avait observé l'objet :
Eh bien, je reconnais que j'ai vu un engin. J'étais dans la zone de pente ensoleillée vers 8 h 00 du soir. Et je suis allé voir à l'ouest où
les — toutes les chaînes d'information filmaient les Lumières de Phoenix. Et à mon grand étonnement, cette sorte de grand engin en forme de delta,
en forme de coin, se déplaçait silencieusement au-dessus de la vallée, au-dessus de Squaw Peak, un bord d'attaque très large et très distinct avec
d'énormes lumières. Et il a continué jusqu'à la vallée du sud-est. Et j'étais absolument stupéfait parce que je me tournais vers l'ouest à la recherche
des lointaines lumières de Phœnix et tout à coup cette apparition surgit... Je pense que c'était d'un autre monde. Je n'ai jamais rien vu de tel, Larry.
C'était énorme. C'est différent de tout ce que j'ai jamais vu. Et, vous savez, c'était partout dans les nouvelles. Des centaines, voire des milliers de
personnes l'ont vu.
Et il a dit à peu près la même chose le 25 août 2011 sur History Channel dans le documentaire Secret access : UFOs on the record :
Le 13 mars, je dînais avec ma famille et nous avions la télévision allumée et j'étais bien au courant des nouvelles concernant l'ovni. Alors, j'ai
dit, « je vais sauter dans ma voiture et je vais descendre Lincoln Drive, passer Squaw Peak et voir si je peux voir ce qui se passe ». Quand
je suis arrivé ici, il y avait des gens qui se promenaient juste pour profiter du parc. J'étais ici pendant probablement cinq ou dix minutes et
quelqu'un a dit « regardez ça... regardez ça... » Au nord-ouest se trouvait ce gros engin massif...
Si on résume, il regardait la télévision vers 20 h, et c'est en entendant parler des observations qu'il a décidé de se rendre dans un petit parc à
l'ouest de chez lui, parce que c'était « là que toutes les chaînes d'information filmaient les Lumières de Phœnix ». Il aurait mis cinq à dix
minutes pour arriver à ce parc en voiture (seul), et après avoir attendu encore cinq à dix minutes il aurait vu le fameux ovni, cette « sorte de
grand engin en forme de delta, avec un bord d'attaque très large et très distinct avec d'énormes lumières. »
Cette histoire est complètement impossible, pour la bonne raison qu'aucune chaîne de télévision n'a parlé de l'événement le soir-même, c'est le lendemain
que des chaînes locales l'ont signalé. Et elles n'avaient pas filmé les lumières en direct, mais elles ont diffusé assez largement des vidéos du phénomène
de 22 h, celui qui s'expliquait par des flares, et qui avait l'aspect d'un alignement en arc de lumières stationnaires.
On peut comprendre qu'après dix ans ses souvenirs aient été un peu confus, simplement il faut accepter qu'alors ils l'étaient aussi pour la description de
l'objet ! Admettons donc que ça ne soit pas à la télévision qu'il ait entendu parler des observations, ni même à la radio parce qu'on n'a retrouvé
aucune radio qui ait mentionné quoi que ce soit avant 21 h... Après tout, il était gouverneur de l'état, il avait pu avoir des informations par
quelqu'un de son staff qui aurait reçu des appels de témoins impressionnés, ou même par un témoin parmi ses connaissances puisqu'il y a sans doute pas
loin d'un pour cent des habitants de Phœnix qui ont assisté au phénomène.
Mais le problème, c'est que les premières observations collectives ont été faites dans la région de Prescott vers 20 h 15, et le phénomène
survolait Phœnix seulement un quart d'heure plus tard... Un quart d'heure, c'est un peu court comme délai pour que des témoins aient téléphoné, que des
employés ayant reçu les appels aient transmis l'information à Symington, que celui-ci ait alors décidé de se rendre dans un parc en voiture pour voir ce
qui se passait, et qu'il ait attendu encore un moment avant de voir le fameux engin !
Clairement, tout ça ne tient pas debout. Et le journaliste qui a écrit l'article d'USA-Today, le premier à avoir parlé de l'affaire au niveau
national, a dit que lorsqu'il avait interrogé Symington, celui-ci n'avait aucun souvenir de ces observations trois mois auparavant.
Pourtant, je doute que Symington ait tout inventé, simplement parce que si c'était le cas il aurait justement raconté une histoire plus crédible !
Alors, mon sentiment est que Symington aurait entendu parler d'une façon ou d'une autre (une radio, son staff ou un témoin direct), après au moins une
demi-heure, de l'étrange phénomène vu dans le ciel vers 20 h 30, qu'il aurait alors décidé d'aller dans un parc comme il le dit, et qu'après
avoir attendu encore un moment il a vu, vers 21 h 55... Les flares ! Et ça ne l'aurait pas beaucoup marqué, d'autant qu'il avait alors
d'autres préoccupations.
D'après ses dires, Symington se serait rendu au Sumida Park, un parc d'une centaine de mètres de côté, à une dizaine de kilomètres à l'ouest de son
domicile. Et depuis ce parc, on peut voir si on est bien placé la chaîne de montagnes Estrella derrière laquelle les flares ont disparu après quelques
minutes :
Photo Street View
Mais entre les arbres et les maisons, il faut tout de même avoir pas mal de chance !
Il faudrait savoir aussi s'il se trouvait assez loin de ces montagnes pour pouvoir voir les flares au-dessus. Pour ça j'ai comparé sa position avec celles
de Mike Krzyston et Lynne Kitei, qui ont tous les deux filmé les flares :
On voit que les trois se trouvent à peu près à la même distance des montagnes. Krzyston et Kitei se trouvaient par contre à flanc de colline, leur
altitude devait être plus élevée d'environ 150 mètres que celle de Symington. Étant donné que les montagnes Estrella se trouvent à peu près à
mi-distance des flares, Krzyston et Kitei devaient pouvoir observer des lumières 150 m plus bas que depuis la position de Symington. Mais d'après
l'étude de leurs vidéos les lumières ont chuté d'à peu près 500 m avant d'être masquées par les montagues. Symington devait donc pouvoir les observer
aussi, juste un peu moins longtemps.
Les flares n'étaient pas du tout au-dessus de Squaw Peak (renommé depuis Piestewa Peak), une colline au centre de Phœnix qui se trouve à l'est du parc,
mais il dit aussi qu'il regardait vers l'ouest quand il a vu l'objet, donc à l'opposé de Squaw Peak. Peut-être a-t-il simplement confondu dans sa mémoire
Squaw Peak avec les montagnes Estrella... Ou peut-être aussi qu'il se trompait ou mentait sur son lieu d'observation, d'autant qu'il n'est pas très
logique si on veut voir un phénomène lumineux dans le ciel nocturne de se rendre dans un parc éclairé en s'approchant du centre ville !
Bref on ne peut guère faire confiance aux détails du témoignage de Symington, ce qui est bien normal après dix ans surtout si ça ne l'a pas beaucoup
marqué, mais il est bien possible qu'il ait observé les flares.
On peut remarquer à ce sujet que pendant longtemps il n'acceptait pas cette explication, même pour le phénomène de 22 h.
Dans une autre interview qu'il a donnée
le 9 novembre 2007 à CNN, il ne parle plus du tout de la façon dont il aurait été amené à faire son observation, mais par contre il dit :
Étant pilote et ancien officier de l'Air Force, je peux affirmer que ce vaisseau ne ressemblait à aucun objet humain que j'aie jamais vu. Et ça n'était
certainement pas des flares en haute altitude puisque les flares ne volent pas en formation.
C'est révélateur de l'attitude des canaux officiels. On obtient des explications qui vont à l'encontre des faits. Des explications comme les ballons
météorologiques, les gaz des marais et les fusées éclairantes militaires.
Je n'ai jamais été satisfait de l'explication stupide de l'Air Force. Il aurait très bien pu y avoir des fusées éclairantes militaires dans le ciel ce
soir-là, mais ce que moi et des centaines d'autres avons vu n'avait rien à voir avec cela.
Lors d'une conférence à l'Inrees à Paris, où étaient présents Leslie Kean et le colonel de Brouwer (le colonel de l'armée Belge qui s'est beaucoup exprimé
lors de la fameuse vague Belge), ce dernier qui avait beaucoup parlé à Symington explique à son sujet :
Il a demandé des explications à la force aérienne, la base de Luke, Luke est venu avec l'explication qu'il y avait eu des avions qui avaient tiré des
fusées pour contrer les missiles. Mais lui-même est un pilote et il dit que les fusées ça brûle pendant quinze secondes ou même moins et nous avons vu
ce phénomène pendant des heures, donc ça n'était certainement pas des fusées. Donc on vient avec des explications qui ne sont pas correctes, et tout le
monde se tait il n'y a plus personne qui en parle, je crois que ce n'est pas très honnête. Et lui-même était très frustré.
Accessoirement, que Symington, qui se vante de ses connaissances en aéronautique militaire, aussi bien que le colonel de Brouwer de l'Armée belge, ne
fassent pas la distinction entre les leurres infrarouges destinés à tromper les missiles, et les fusées éclairantes accrochées à un parachute destinées à
éclairer les champs de bataille, ça ne fait pas très sérieux !
Dans la même interview sur CNN, Symington ajoute :
Je sais maintenant que je ne suis pas seul. De nombreux responsables militaires, aéronautiques et gouvernementaux de haut rang partagent mes
préoccupations. Pendant leur service actif, ils ont été témoins d'un incident OVNI ou ont mené une enquête officielle sur des cas d'OVNI pertinents pour
la sécurité aérienne et la sécurité nationale.
En parlant avec moi, ces personnes mettent leur réputation en jeu. Ils ont combattu dans des guerres, gardé des arsenaux d'armes top secrets et protégé
le ciel de notre nation.
Nous voulons que le gouvernement arrête de diffuser des histoires qui perpétuent le mythe selon lequel tous les ovnis peuvent être expliqués en termes
conventionnels terre-à-terre. Les enquêtes doivent être rouvertes, les documents doivent être descellés et l'idée d'un dialogue ouvert ne peut plus être
évitée.
Des incidents comme ceux-ci ne vont pas disparaître. Il y a environ un an, l'aéroport international O'Hare de Chicago a connu un événement OVNI qui a
fait la une des journaux nationaux et internationaux.
Ce que j'ai vu dans le ciel de l'Arizona va au-delà des explications conventionnelles. Lorsqu'il s'agit d'événements de cette nature qui ne sont
toujours pas résolus, nous méritons plus d'ouverture au sein du gouvernement, en particulier le nôtre.
On voit qu'il a été complètement endoctriné par Leslie Kean.
C'est d'ailleurs un texte très proche de cette interview par la CNN que Symington donne dans le livre de Kean, Il s'est juste un peu ravisé au sujet des
flares, ayant ajouté le passage :
Je n'ai jamais été satisfait par cette explication ridicule. Car, bien que selon l'analyse d'une vidéo (notamment par le Dr Bruce Maccabee), il
est en effet possible qu'il y ait eu des fusées éclairantes militaires dans le ciel plus tard ce soir-là — vers 22 h pour être précis –,
ce que moi-même et tant d'autres ont observé entre 20 h et 20 h 30 était, après évaluation, quelque chose de complètement différent : un
appareil énorme et mystérieux.
On peut comprendre les motivations de Symington tout au long de cette histoire :
— le 13 mars 1997, il aurait observé (ou pas) les lumières de 22 h qui ont tant fait parler d'elles, bien plus dans un premier temps que le
« boomerang » de 20 h 30. Rien en tout cas qui l'aurait beaucoup impressionné ;
— en écoutant les informations dans les jours suivants il aurait pensé comme pratiquement tout le monde que tout s'expliquait par des manœuvres
militaires ;
— lorsque la presse nationale s'est emparée de l'affaire et que les habitants de Phœnix exigeaient des réponses, il a décidé de prendre la chose avec
humour, et d'en profiter pour détourner l'attention du scandale financier qui le frappait ;
— ayant tout juste évité la prison mais perdu son poste de gouverneur, il a tenté de garder un peu de popularité en fondant une école de cuisine,
puis il a subi un cuisant échec en 2006 en voulant se relancer dans la politique ;
— et peu après, dix ans après les observation, il a vu le reportage de James Fox dans lequel des témoins se plaignaient parce qu'il s'était moqué
d'eux ; il a décidé de s'excuser, en montrant qu'il n'avait jamais voulu se moquer de qui que ce soit, et pour faire bonne mesure il a révélé qu'il
avait lui-même vu le fameux ovni (peu importe que ça soit vrai ou faux) ;
— et il n'a alors cessé de se présenter en chevalier blanc tout dévoué à la cause de la grande révélation au sujet des ovnis dans laquelle l'a
entraîné Leslie Kean... Ça le rend très populaire au moins chez les ufologues, c'est mieux que rien !
Peut-être est-il sincère, et peut-être a-t-il vraiment vu quelque chose qui lui paraît maintenant mystérieux, mais dans tous les cas c'est pour lui un bon
moyen de retrouver un peu de célébrité, et quand on y a goûté on a envie que ça dure !
Un film sur les Lumières de Phœnix
Il y a eu quelques films plus ou moins bons inspirés par l'histoire des Lumières de Phœnix, vous pouvez en trouver une liste sur le
site de Laurent Chabin. Je parlerai d'un seul d'entre eux, parce que sa campagne de promotion visant à le faire passer pour un événement réel a eu
quelques répercussions dans le monde ufologique.
Le sous-titre au bas de l'image attire l'attention : Le film de found footage le plus authentique depuis le Projet Blair Witch.
Un found footage, c'est un film dans lequel on trouve une vidéo présentée comme authentique, dont le Projet Blair Witch (1999) est
effectivement celui qui a le plus marqué. Ça n'était pas une nouveauté, puisque bien avant, en 1980, il y avait eu Cannibal Holocaust. Et il y en
a eu beaucoup d'autres depuis, particulièrement dans le domaine du fantastique et de la science-fiction, avec notamment une histoire d'extraterrestre dans
District 9 (2009).
The Phoenix Incident, c'est l'histoire d'un journaliste qui découvre une vidéo laissée par un groupe de quatre personnes disparues pendant le
fameux épisode des Lumières de Phœnix, et qui mène l'enquête. Il découvre alors la terrible vérité : des extraterrestres enlèvent des humains (pour
s'en nourrir !), venus sur Terre dans le vaisseau qui accompagnait la comète Hale-Bopp, et sont combattus dans le plus grand secret par l'armée
Américaine, pendant qu'une agence militaire nommée Snowbird est chargée de mener des opérations de couverture pour détourner l'attention du public.
Et pour mieux faire croire que tout cela est vrai, les producteurs du film ont créé le site internet d'une fausse agence de recherche des personnes
disparues, Maricopa Missing, consacrée à ces quatre prétendus disparus du 13 mars
1997, et celui d'une fausse chaîne de télévision, KWBV News, qui raconte toute l'histoire sous la
plume de son journaliste imaginaire David Collins, en diffusant quelques vidéos extraites du film ou de rushes inutilisés présentées comme réelles.
Les vidéos ne sont plus visibles sur le site de cette « télévision » (peut-être à la suite de procédures judiciaires), mais on peut toujours les
voir sur le canal Youtube de ce David Collins.
On y trouve deux « vidéos militaires classifiées des Lumières de Phœnix » tournées en infrarouge sur lesquelles on voit un magnifique ovni
triangulaire aux prises avec des A-10 et des F-16, un pseudo-pilote militaire qui explique sur fond d'avion lâchant des flares que l'opération Snowbird
aurait pour but de « déployer des mesures de dissuasion ou des tactiques de diversion pour détourner les regards de la zone de combat en cas
d'observation massive ou d'engagement au-dessus d'une zone peuplée de civils », un faux documentaire sur quatre jeunes disparus pendant l'épisode des
Lumières de Phoenix, un autre du « journaliste » David Collins qui explique qu'il a passé les 14 dernières années de sa vie à enquêter sur
ces disparitions et a compris qu'il s'agissait de la plus grande dissimulation militaire de l'histoire, l'histoire d'un tueur accusé à tort d'être
responsable des disparitions, qui serait un ancien membre de la secte Heaven's Gate, son interview en prison dans laquelle il explique que les quatre
jeunes ont été tués par des extraterrestres, et le film de son immolation par le feu en 2013 après qu'il se soit évadé.
Je n'ai pas vu le film lui-même, il a l'air plutôt pas mal d'après son trailer, mais il s'agit d'une pure fiction.
Il a été présenté pour la première fois dans un congrès d'ufologie, et les vidéos présentées comme authentiques qui avaient clairement pour vocation de
devenir virales ont eu quelque succès dans le milieu ufologique, assez limité tout de même.
Histoires comparables
Des avions en formation pris pour des ovnis
On peut citer chez nous, comme bel exemple de « lumières de Phoenix avortées », les observations d'exercices nocturnes de la Patrouille de
France. Lire à ce sujet l'excellente étude de Patrice Seray, éditée sur papier sous le titre « Les Ovnis font leur show », ou en
téléchargement.
C'est le premier vendredi de juillet que la Patrouille de France fait une démonstration nocturne pour le baptême de la nouvelle promotion, et il y a
auparavant des répétitions.
Et à chaque fois, cela suscite de véritables petites « vagues » d'observations, avec des témoins qui souvent ne veulent pas croire à
l'explication qu'on leur donne, qui n'entendent aucun bruit, qui pensent que l'objet est très proche, qui le voient quelquefois disparaître brusquement,
effectuer des manoeuvres brutales, qui voient pour certains une forme sombre ou claire entourant les lumières... Exemple de dessin d'un témoin :
Et il y a l'ufologue enthousiaste de service qui après s'être renseigné timidement affirme que la PAF ne fait pas d'exercices de nuit, puis plus tard
qu'elle en a fait mais pas aux heures concernées, et c'est donc une nouvelle preuve du mimétisme des ovnis (LDLN 380, 391 et 392).
Mais les observations étant récurrentes, même les ufologues les plus enthousiastes ont fini par admettre qu'il s'agissait bien d'exercices nocturnes de la
PAF...
Un témoignage particulièrement intéressant se trouve dans le forum les
Mystères des Ovnis :
Récit complet de l'observation :
En préambule, ayant habité Salon de Provence (Pélissanne) pendant 17 ans, j'ai pu observer la Patrouille de France un certain nombre
de fois et les entendre à chaque fois. Je connais donc parfaitement leurs évolutions, les allures d'évolution, les figures... et le bruit assourdissant
qui les accompagne.
Parapentiste, j'ai l'habitude des observations aériennes, de l'évaluation des distances et des dimensions...
Ce que j'ai vu le 5 Juillet 2013 à 22 h 40 et jusqu'à 23 h 05 au-dessus de Pertuis n'était en aucun cas la Patrouille de
France.
Description :
Nous rentrions, avec ma compagne, de La Bastide-des-Jourdans le Vendredi 5 Juillet 2013 à 22 h 40, lorsqu'elle attira mon
attention sur des lumières qui se déplaçaient à faible allure dans le ciel. Je les vis immédiatement : un alignement de sept lumières qui
semblaient évoluer d'une forme triangulaire à un alignement, puis de nouveau une forme triangulaire. Intrigué, je me suis rapidement arrêté au bord de
la D956 à mi-chemin de Grambois et de La Tour d'Aigues. Hormis le bruit des grillons, il n'y avait aucun bruit, même lointain. Deux autres voitures se
sont arrêtées sur le bord de la route pour observer le phénomène. C'est alors que j'ai constaté qu'en fait, il s'agissait d'un seul objet dont
l'alignement des lumières évoluait en fonction de son positionnement par rapport à l'observateur. Il s'agissait d'un objet sombre en forme de V
(Boomerang avec des angles vifs) ayant des lumières (7) qui n'éclairaient pas le ciel (pas de rayons lumineux ou de halo les entourant comme sur les
avions) à proximité du bord d'attaque. Une à la pointe, puis, réparties de chaque côté, 3 par « aile ». L'objet décrivait de larges cercles
dans le ciel à une allure très faible, inférieure à la vitesse de vol d'un avion. Ses évolutions semblaient se situer entre Pertuis et La Tour d'Aigues.
J'estime son altitude à 100/200 m sol et son envergure à 50 à 60 m. J'ai filmé cet objet avec mon smartphone, mais la mise au point
fonctionnait mal de nuit et j'ai interrompu la prise de vue au bout de quelques secondes, préférant mieux observer le phénomène.
Je vous avoue qu'au début, j'ai pensé à la Patrouille de France car la figure ressemblait à leur formation en flèche habituelle. Mais rapidement, j'ai
compris qu'il ne pouvait s'agir d'eux :
— Aucun bruit pendant 25' d'observation ;
— 7 Lumières visibles (pas 8 avec le charognard en suivi de l'avion de tête), puis 5, puis 3, puis disparition sur les 25' d'observation ;
— Écart entre les lumières pendant les évolutions d'une constance impossible à respecter par la PdF qui pourtant est très au point, mais ne
l'obtient pas à ce point y compris en plein jour ;
— Évolution trop lente pour la PdF ;
— Masse sombre unique, en V visible, avec les lumières en bord d'attaque.
Au bout d'un quart d'heure, ne sachant que faire, nous sommes remontés en voiture pour rentrer sur Pertuis. Le phénomène se poursuivant, je me suis de
nouveau arrêté à l'entrée de Pertuis, pour de nouveau essayer d'entendre le bruit des réacteurs, n'étant toujours pas certain de ne pas m'être laissé
« emporter ». Rien, pas un son pouvant être associé à une motorisation quelconque. Pourtant, il n'y avait pas de vent, ce qui confirme que
l'engin n'émettait aucun bruit. Puis de 7, les lumières sont passées à 5 (les deux de l'extérieur se sont éteintes), puis à trois une minute
plus tard, qui se sont éloignées vers Ansouis pour complètement disparaître.
Bien qu'ayant vu, j'ai longtemps essayé de me convaincre qu'il s'agissait de la PdF, mais, qu'aurait fait la PdF en vol circulaire pendant près de 30' à
22 h 45 au-dessus de Pertuis à une allure inférieure à leur vitesse de décrochage sans émettre le moindre bruit ?
De plus, lors de leurs exhibitions nocturnes de début Juillet, la PdF est au sol à 22 h 30 au plus tard.
J'ai une vidéo au format MP4 de quelques secondes filmée avec mon Samsung Galaxy Note 2. Mise au point pourrie, mais, j'ai quelque chose. J'ai
arrêté de filmer, car ça ne rendait rien et je voulais voir ce que c'était. On y entend les grillons et le silence nocturne, une voiture qui passe, le
silence de nouveau, et toujours l'engin qui évolue jusqu'à une distance que j'estime inférieure au kilomètre (600 à 800 m environ). Un
professionnel de l'image en tirerait probablement quelque chose.
La vidéo ne montre effectivement pas
grand-chose d'exploitable, mais la discussion qui a suivi sur le forum ne laisse aucun doute quant à l'identification à la Patrouille de France.
Donc, ce témoin connaît parfaitement la Patrouille de France qu'il a souvent observée, il sait même qu'elle fait des démonstrations nocturnes au début
juillet, mais il est sûr que ça n'est pas elle parce qu'il n'y a aucun bruit, que l'objet se déplace trop lentement et à très basse altitude, que les
lumières sont trop fixes les unes par rapport aux autres, et qu'une masse noire en forme de boomerang est visible. Et il a l'habitude d'estimer les
distances parce qu'il est parapentiste, mais il multiplie par 10 la dimension apparente comme on peut le calculer en étudiant sa vidéo.
En bref, il est d'une grande crédibilité, mais il fait toutes les erreurs qui expliquent la grande majorité des témoignages des Lumières de Phœnix :
masse noire, pas de bruit, disposition des lumières trop invariable, grosse sous-estimation de la distance et de l'altitude, et grosse surestimation de la
dimension apparente.
Des flares pris pour des ovnis
Certains ufologues pas très bien informés nous disent que si ce sont des flares qui expliquent les observations de 22 h, pourquoi n'y a-t-il pas
d'autres vagues d'observations qui s'expliquent ainsi, puisque des lâchers de flares par des militaires il y en a régulièrement un peu partout dans le
monde ?
Mais justement, si on cherche un peu, on trouve que de nombreuses observations multiples, dont certaines ont été assez médiatisées, ont été expliquées par
des flares (et il y en a eu plusieurs à Phœnix même).
Un cas très connu est celui de Greifswald, en Allemagne de l'Est, et date du 24 août 1990.
Dans cette ville de 50 000 habitants, des centaines ont assisté à un spectacle étonnant durant une vingtaine de minutes, d'autres sur la côte et
aussi en mer Baltique, certains l'ont filmé, beaucoup l'ont photographié, tous
les médias en ont parlé, des ufologues très sérieux comme Illobrand von Ludwiger ont étudié le cas et ont conclu qu'il n'y avait aucune explication
possible dans un
rapport très complet présenté au MUFON-CES dix ans après les observations (la traduction en français est disponible sur le site d'Yves Herbo
Sciences-faits-histoires)...
Le cas a suscité d'innombrables discussions sur des forums et listes ufologiques, et la conclusion finale a toujours été qu'il s'agissait bien de flares
tirés dans la mer Baltique par des militaires russes, et l'armée Russe a elle-même communiqué sur un événement très semblable qui s'est déroulé en avril
2012 au-dessus du lac Ladoga. Pas mal d'informations en français sur les cibles utilisées sur
le site belge 16va.
En france, une photo a été largement diffusée, utillisée notamment sur la couverture du livre de Jean-Claude Bourret la Nouvelle vague des Soucoupes
Volantes, illustrant le cas de Saint-Vallier-de-Thiey en 1974...
Les « boomerangs » ou chevrons volants ne sont pas une invention ufologique récente, puisqu'un cas bien connu s'est produit dès 1951 à Lubbock,
au Texas.
C'est le 25 août 1951 que quatre professeurs en sciences ont décrit une formation lumineuse passant au-dessus d'eux en quelques secondes, qu'ils ont
revue plus longuement une heure plus tard... Et ils ont fait d'autres observations semblables dans les jours qui ont suivi, ainsi que d'autres personnes
qui avaient eu vent de l'affaire, y compris dans des villes voisines... Et quelques jours plus tard, un jeune étudiant, Carl Hart, annonçait qu'il avait
pris quatre photographies du « phénomène » le 31, présentant le fameux objet en forme de boomerang.
Edward Ruppelt, le responsable du fameux « project Blue Book », une des premières commissions d'études officielles sur les ovnis, a choisi cette
photo pour illustrer son livre The Report on Unidentified Flying Objects paru en 1956 (traduit en français aux éditions France-Empire sous le
titre Face aux Soucoupes Volantes), et a parlé de ce cas.
Mais bien plus tard, on a retrouvé des courriers échangés entre Ruppelt et un des professeurs, le Pr Ducker (professeur en pétrologie), ayant
inauguré cette « vague », et ce dernier était persuadé d'avoir identifié les responsables des observations, des oiseaux (ç'aurait été marrant
que le professeur Ducker identifie des canards, mais c'étaient plus probablement des pluviers) volant à faible altitude et brillamment éclairés par les
éclairages publics de la ville qui venaient d'être changés pour des modèles très lumineux y compris vers le haut. L'idée était confortée par un autre
témoin, garde forestier, qui avait entendu un cri de pluvier lors du passage de la formation.
Il reste que les photos de Hart n'évoquent pas du tout un vol d'oiseaux... Mais le problème, c'est qu'elles n'évoquent pas non plus aucune des formes
évoquées par les différents témoins, du reste assez variables. Les professeurs témoins du premier passage, en quelques secondes, évoquaient une formation
semi-circulaire de 15 à 30 lumières, et lors du deuxième passaga, alors qu'ils étaient préparés, ils ont vu une formation de lumières très
irrégulière.
Et récemment sur Ufo-scepticisme, le toujours très
pertinent Nablator a remarqué que deux des photos montraient une disposition des lumières rigoureusement identique, mais à une échelle et sous un angle
différents :
Non seulement la position, mais aussi la luminosité des différentes lumières sont respectées, alors que les deux autres photos qui sont censées avoir été
prises à la suite montrent une disposition très différente. Ça jette un gros doute sur ces photos, qui auraient pu être faites avec un simple carton percé
et placé devant un fond très lumineux, ou muni de leds.
Bref, il est très probable que les diverses observations à Lubbock s'expliquent par des vols d'oiseaux, et que les photos relèvent du canular d'un
étudiant farceur... Et puisque ce sont ces photos et non les témoignages qui évoquaient un boomerang, Lubbock n'est finalement pas le premier cas connu
d'ovni en forme de boomerang et n'a pas grand-chose en commun avec le cas qui nous occupe.
Vague de boomerangs sur la vallée de l'Hudson
Cette vague a duré pour l'essentiel du printemps 1983 à l'été 1984. Elle a fait l'objet d'un livre paru en 1986 sous le titre Night Siege :
Hudson Valley UFO Case (Invasion nocturne : le cas d'OVNI de la Vallée de l'Hudson), complété lors d'une deuxième édition dix ans plus tard,
laquelle a été traduite en français :
La présence d'Allen Hynek parmi les auteurs pourrait être un gage de sérieux, mais en fait Hynek, décédé d'un cancer du cerveau en 1986, n'a pas beaucoup
contribué à l'enquête et était déjà très malade.
L'enquêteur principal, c'est Philip Imbrogno, qui bien qu'étant astronome et professeur de sciences n'a pas du tout la rigueur scientifique d'Hynek. Il a
été complètement discrédité lorsqu'on a découvert en 2011 que ses titres scientifiques étaient inventés, tout comme ses exploits militaires, et il a
choisi alors de disparaître complètement de la scène ufologique.
C'est le 24 mars 1983 qu'a eu lieu la première vague d'observations ayant été médiatisée, par l'article d'un journal local paru le 26. De
nombreux témoins ont signalé ce soir-là un ovni en forme de V ou de boomerang, muni de nombreuses lumières, qui avait évolué dans la région.
Mais une autre vague d'observations, très similaire, s'était produite la semaine précédente, le 17 mars. Et cela s'est reproduit, quelquefois
plusieurs fois par semaine, jusqu'en août 1984, et encore pendant les années qui ont suivi mais beaucoup moins fréquemment.
La police et le contrôle aérien ne s'en préoccupaient pas trop, simplement parce qu'on savait qu'il y avait un petit groupe d'aviateurs de l'aéroport de
Stormville, pilotant de petits avions de tourisme, qui s'entraînaient à voler en formation, et en ayant appris qu'ils avaient ainsi occasionné des
observations « d'ovnis » ils s'en amusaient et n'hésitaient pas à les provoquer par divers effets d'éclairage. Ils avaient commencé en 1981, se
faisant appeler « les Martiens », et peu à peu leurs activités avaient attiré d'autres pilotes d'aéroports voisins. La revue de vulgarisation
scientifique Discover de novembre 1984 leur a consacré un intéressant article. Certains de ces pilotes ont été interrogés par la police après leurs
« méfaits », mais on n'a jamais pu montrer qu'il violaient les règles de l'aviation et ils n'ont donc pas été inquiétés... Mais devant la
multiplication des plaintes au sujet de ces vols de nuit, avec le signalement d'infractions graves telles que des vols en rase-mottes ou l'extinction des
feux de navigation, la FAA a effectué en septembre 1984 un contrôle de tous les avions de l'aéroport de Stormville... sans trouver d'anomalies, mais cela
a quelque peu refroidi ces pilotes qui ont décidé de se faire un peu moins remarquer, et de fait le nombre de signalements d'ovnis a considérablement
chuté. Vous pouvez trouve l'article de Discover, et beaucoup d'autres allant dans l'un ou l'autre sens, dans un dossier de Ufo
history files.
Donc, pour les sceptiques et les autorités, tout s'expliquait par ces pilotes farceurs.
Mais bien sûr les ufologues n'y croyaient pas, parce que les témoins voyaient des formes noires et pas seulement des lumières, parce qu'ils pensaient que
voler en formation aussi serrée serait dangereux et même impossible, parce qu'ils n'entendaient souvent qu'un bruit de bourdonnement voire pas de bruit du
tout, parce qu'ils étaient persuadés qu'il ne s'agissait pas d'avions...
Bref tout repose comme souvent sur la confiance dans la capacité des témoins... Leur capacité à distinguer une forme noire dans le ciel nocturne, et à
évaluer la distance d'un objet inconnu... Parce que bien sûr, tous étaient persuadés que « l'engin » volait à très basse altitude, quelques
centaines de mètres, alors que si c'était plutôt à quelques kilomètres il n'y avait plus de mystère : il était normal que le bruit des moteurs de
plusieurs avions soit perçu comme un faible bourdonnement, et ces avions n'étaient pas en formation aussi serrée qu'il paraissait.
Ce qu'écrit Imbrogno à ce sujet laisse rêveur :
Il est pratiquement impossible d'estimer la taille d'un objet sans connaître son altitude. Toutefois, un témoin bien entraîné peut dire si un objet
vole haut ou bas, s'il est de petite ou de grande taille.
Avec de telles idées reçues, on ne peut même pas imaginer que des observations puissent s'expliquer par des avions en formation ou des rentrées
atmosphériques !
Bref il n'est pas douteux que les « Martiens » de Stormville expliquent bon nombre des observations multiples de la vallée de l'Hudson, et que
d'autres concernent d'autres avions ou hélicoptères en formation. Peut-être y a-t-il eu aussi de véritables ovnis, mais ça n'est pas un enquêteur comme
Imbrogno qui va nous en convaincre.
Ce qui est à remarquer, c'est que chacune des soirées d'observations multiples de la vallée de l'Hudson est assez comparable à l'unique cas de Phœnix,
pour ce qui concerne le « V ». Il y a beaucoup de témoins qui voient une forme noire là où il n'y avait que des lumières, la plupart
sous-estiment nettement l'altitude de l'ensemble... Les principales différences sont que les ovnis de l'Hudson effectuaient souvent des manœuvres, et
beaucoup de témoins entendaient un bruit de moteurs ou de bourdonnement, indiquant sans doute que les avions volaient moins haut.
Mais s'il n'y avait pas eu la multiplicité de ces « vagues », et des enquêteurs multipliant les appels à témoins et organisant une grande
conférence, personne n'aurait entendu parler des ovnis de la vallée de l'Hudson. À Phœnix, c'est le contexte et la présence du second phénomène, les
flares de 22 h, qui a permis cette grande médiatisation.
Les triangles de la vague belge
L'ovni archétypal de la vague belge n'était pas un boomerang, mais une plate-forme triangulaire avec une lumière blanche à chaque angle et une lumière
rouge au centre, se déplaçant lentement et à basse altitude.
La vague a débuté fin novembre 1989, et s'est prolongée jusqu'en avril 1991, pendant plus d'un an.
Elle a fait l'objet de deux gros pavés de la Sobeps (Société belge d'études des phénomènes spatiaux), une association alors très active, reconnue pour son
sérieux, qui regroupait un certain nombre de scientifiques.
C'est donc la Sobeps qui a été particulièrement impliquée dans cette vague, pour recueillir et étudier les témoignages aussi bien que pour les attirer en
multipliant les appels à témoins et les annonces de veillées dans la presse.
Mais il n'y avait pas que la Sobeps qui était impliquée, puisque dans la nuit du 30 au 31 mars 1990, des radars au sol aussi bien que dans des avions
F-16 de la Force aérienne belge ont détecté de multiples échos non identifiés, alors même que des opérateurs au sol voyaient de mystérieux objets
lumineux.
Cet événement a poussé la Force aérienne à collaborer plus tard avec la Sobeps, en surveillant le ciel lorsque l'association organisait de grandes soirées
d'observation... Sans grands résultats.
Quant à l'affaire du 30 au 31 mars, après des articles enthousiastes révélant que les échos radars impliquaient des ovnis se déplaçant à plusieurs
fois la vitesse du son, elle est rapidement retombée... Les observateurs au sol avaient été surpris par des étoiles vues bas sur l'horizon, et les divers
échos radar s'expliquaient par des conditions météorologiques particulières cette nuit-là... L'armée a communiqué toutes les données de ces détections à
la Sobeps, et le physicien Auguste Meessen, qui était le scientifique le plus impliqué et le plus enthousiaste dans cette vague, a convenu qu'il n'y avait
rien de mystérieux là-dedans.
Et il y a eu l'affaire de la photo du Petit-Rechain, considérée par beaucoup comme la preuve de la présence dans les cieux belges d'un appareil utilisant
un moyen de propulsion inconnu. C'est la photo qui illustre les couvertures des deux livres de la Sobeps (la photo brute pour le premier, et après
traitement informatique pour le second). L'origine et les circonstances de la prise de cette photo étaient assez louches, mais le professeur Meessen y
trouvait des confirmations à ses hypothèses sur la propulsion des ovnis, et affirmait que si elle était truquée il fallait que l'auteur ait utilisé des
moyens hors de portée d'un simple amateur... Mais en 2011, l'auteur, Patrick Maréchal, a reconnu la supercherie et avoir utilisé simplement une plaque de
polystyrène expansé (qu'on appelle plus simplement frigolite en Belgique) portant une pile et des ampoules de lampes de poche, et suspendue à un fil.
D'abord incrédule, le professeur Meessen, après avoir discuté avec l'homme, a admis qu'il disait la vérité. L'apparence mystérieuse de la photo résultait
de la superposition de plusieurs mouvements de bougé : oscillation, balancement et rotation.
Les deux seules évidences physiques du mystérieux ovni belge s'effondraient donc, il ne restait que les témoignages... Ce qui n'est pas rien étant donné
leur nombre, mais on peut tout de même s'interroger.
Des sceptiques, y compris au sein de la Sobeps, ont accusé cette association d'avoir fabriqué le mythe de l'ovni en favorisant les témoignages allant dans
le sens des caractéristiques « typiques », alors qu'ils étaient loin d'être aussi unanimes. Comme source sceptique, je vous conseille de lire OVNI
en Belgique, contributions sceptiques...
Il est clair en tout cas que beaucoup d'observations s'expliquaient par des décollages ou atterrissages d'avions banals, d'autres moins banals comme un
avion AWACS surmonté d'un gros radar en forme de disque et dont la disposition des lumières était assez conforme à celle de l'ovni, peut être aussi des
F-117 qui étaient basés en Allemagne lors de la guerre du Golfe (mais ils ne pouvaient certainement pas expliquer une grande partie de la vague
contrairement à ce que certains journaux à sensation ont prétendu), des hélicoptères, des étoiles, des faisceaux de discothèque, de petits dirigeables
munis de lumières utilisés à titre promotionnel, et d'autres sources de méprises.
Reste-t-il dans tout cela un véritable « ovni belge » autre qu'anecdotique ? C'est bien possible, et le travail monumental de la Sobeps a
fait de la vague belge un des événements les plus étranges de l'histoire de l'ufologie.
Mais cette vague, avec ses observations très variées récoltées durant plus d'un an et dont beaucoup s'expliquent par diverses sources de confusion, n'a
vraiment rien de comparable avec celle qui nous occupe ici.
Notons que la Sobeps n'existe plus, dissoute en 2007, mais certains de ses anciens membres l'ont maintenue sous le nom de Cobeps
(comité belge d'étude des phénomènes spatiaux), association informelle qui fait toujours un travail d'enquêtes et de réflexions plutôt sérieux mais très
limité.
La vague française du 5 novembre 1990
Pendant que la Belgique avait sa vague d'ovnis triangulaires pendant plus d'un an, la France, elle, avait une vague tout aussi importante en nombre de
témoins en quelques minutes seulement !
L'explication commune à la grande majorité des témoignages, c'était la rentrée dans l'atmosphère d'un étage de fusée ayant lancé trois jours plus tôt le
satellite Gorizont 21. Mais beaucoup d'ufologues en ont douté à l'époque, poussés en cela par l'énormité des erreurs commises à ce sujet par le
service qui s'appelait à l'époque Service d'expertise des phénomènes de rentrées atmosphérique, celui qui aurait dû apporter des réponses correctes et qui
ne l'a pas fait (c'était le service du Cnes s'occupant des ovnis, qui s'appelait au début le Gepan et est devenu maintenant le Geipan, et qui fait preuve
heureusement de beaucoup plus de sérieux que du temps du Sepra).
Je connais bien le cas, puisque les réponses, c'est essentiellement moi qui les ai apportées, tout en dénonçant l'incompétence totale dont avait fait
preuve le Sepra et son directeur J'an-Jacques Velasco, ce qui m'a valu un procès de sa part (que j'ai perdu sans que mes critiques aient été le moins du
monde contestées, mais lui a perdu sa place dans l'aventure).
Vous pouvez trouver une grande partie de mon travail sur cette rentrée atmosphérique ici.
C'est sans doute pour cette vague que la comparaison avec les lumières de Phœnix est la plus valide, parce qu'il s'agit d'un phénomène unique observé par
un grand nombre de témoins, et que l'on retrouve dans les deux cas les mêmes erreurs des témoins et des enquêteurs :
— des témoins qui croient que l'objet qui occupe une importante surface du ciel (plus encore dans le cas du 5 novembre 1990) passe à basse altitude,
qui exagèrent largement les dimensions angulaires, un bon nombre qui croient distinguer une forme noire dans le noir de la nuit (un peu moins dans le cas
du 5 novembre, de l'ordre de 15% des témoins, sans doute parce que la disposition de l'ensemble de lumières était beaucoup moins régulière que pour le cas
de Phœnix), certains qui interprètent une brusque baisse de luminosité comme une fuite rapide...
— et des ufologues qui ne veulent pas croire que les témoins puissent se tromper d'un tel « facteur d'erreur » sur l'altitude du phénomène, qui prennent
toujours en considération les versions les plus tardives des témoignages, et qui refusent obstinément de confronter les témoignages au phénomène connu,
parfaitement attesté, qui traversait le ciel au moment-même où les témoins observaient un phénomène qu'ils ne pouvaient identifier.
Une autre ressemblance marquante de ces deux vagues est qu'on a une unique vidéo du phénomène, que les ufologues ont tendance à négliger. Et on voit sur
ces deux vidéos cinq lumières disposées de façon similaire !
Mais ça n'est vraiment qu'une coïncidence, d'autant que la vidéo du 5 novembre concerne la partie finale de la rentrée, laquelle comportait bien plus
de lumières et de traînées lumineuses plus tôt.
La vague française fournit aussi un exemple exceptionnel des disparités des témoignages d'un phénomène
unique vu par un grand nombre de personnes rassemblées, qui ont témoigné dès le lendemain après s'être concertés, et qui avaient sûrement envie de bien
faire puisqu'il s'agissait d'un groupe de trente-deux élèves gendarmes à qui l'on demandait de rédiger un rapport sur leur observation dans le cadre de
leur formation !
Bref ce que l'on peut regretter c'est que beaucoup d'ufologues ne retiennent pas les leçons du passé lorsqu'ils sont confrontés à des observations... Ils
continuent inlassablement à répéter les mêmes erreurs.
On en parle en Français
L'affaire des Lumières de Phœnix a bien sûr fait l'objet d'innombrables discussions, articles et livres aux États-Unis, mais voyons ce que l'on peut
trouver en Français.
Le livre de Leslie Kean
Le principal livre qui en parle, et qui passe pour une référence, est celui de Leslie Kean « Ovnis, des Généraux, des Pilotes et des Officiels
parlent », qui a été traduit en français par notre spécialiste de Roswell Gildas Bourdais. Kean est connue pour être la journaliste américaine qui a
le plus milité pour que les ovnis soient pris au sérieux... Son problème, c'est que comme le titre de son livre le suggère elle accorde une foi absolue
aux militaires, pilotes d'avions et officiels, à croire qu'elle est fétichiste de l'uniforme.
Deux chapitres du livre de Leslie Kean, totalisant 27 pages, sont consacrés au cas de Phoenix : le premier est intitulé « le gouverneur
Fife Symington et le mouvement pour le changement », et le second est écrit par Symington lui-même sous le titre « rétablir les faits ». On
voit que Kean place Symington au centre de l'affaire !
Sur les observations, elle ne fait que propager la rumeur sans y apporter le moindre regard critique :
« Bien qu'il y ait eu des divergences dans les descriptions de cet ensemble de lumières, une caractéristique dominait toutes les autres :
l'appareil était énorme ; c'était un engin solide, pas seulement des lumières ; et il semblait souvent être très bas dans le ciel, cachant les
étoiles au-dessus de lui. »
Ou comment faire passer des observations minoritaires pour des constantes !
Et elle explique aussi que les lignes téléphoniques du département de police, de la base Luke de l'Air Force, et du NUFORC étaient saturés d'appels, ce
qui est on l'a vu très exagéré.
Elle se rallie aussi à l'idée qu'il n'y a pas eu un seul ovni mais plusieurs :
« Il a fallu plusieurs mois aux enquêteurs civils qui se sont attelés au cas pour compiler tous les rapports, établir la carte des trajectoires et
déterminer que plusieurs objets avaient en effet été observés. »
Le travail de Bullard qui est très antérieur au livre de Leslie Kean est complètement ignoré, et elle ne dit d'ailleurs pas un mot sur l'hypothèse d'un
vol d'avions en formation.
Elle parle aussi abondamment de Frances Emma Barwood, l'employée de la mairie qui a voulu enquêter sur l'affaire, en oubliant juste de dire que son
implication n'est venue que deux mois après les observations, et qu'avant cela elle n'avait même pas entendu parler du survol de sa ville par d'immenses
ovnis géants vus par des milliers de témoins !
Puis, elle passe à l'explication par des flares, qui a été donnée en juillet par l'Air Force. Elle remarque que ces fusées ayant été lâchées vers
22 h, elles n'expliquent en aucun cas les observations de 20 h, ce que personne ne conteste. Et elle indique : « les reportages
télévisés et les documentaires sur Phoenix montrent de manière répétée une vidéo prise vers 22 h par un photographe amateur, comme si elle
représentait un vrai film de l'ovni. Cette vidéo contestée a été soumise à des analyses détaillées d'au moins deux professionnels qualifiés, et tous deux
ont déterminé que les lumières brillantes alignées au-dessus de la montagne, disparaissant une à une, étaient bien des fusées éclairantes. »
Ce qu'elle ne précise pas, c'est que les ufologues dont elle tire toutes ses conclusions sur les ovnis en forme de V se sont acharnés pendant des mois à
nier l'explication par des flares de cette « vidéo contestée » (il y en avait six en réalité) du phénomène de 22 h, considérant le survol
de Phœnix par un ensemble de lumières en chevron ou triangle comme mineur.
Et elle ne parle pas de l'unique vidéo de cet ensemble de lumières de 20 h 30, qui montre cinq lumières de faible intensité et dont la
disposition change pendant les 50 s de son déplacement. Pour notre « journaliste d'investigation » spécialisée dans les ovnis, les
évidences physiques ne comptent pas, seuls les témoignages de héros de guerre et politiciens véreux qui font leur coming out ufologique après dix
ans importent !
C'est donc ce témoignage de l'ancien gouverneur Symington qui fait l'objet de la suite et de l'essentiel du récit. Et il s'agit plus d'une apologie de ce
personnage, et de son implication dans le mouvement pour la fin du secret sur les ovnis, que d'une étude détaillée de son observation.
Symington aurait donc fait sa conférence de presse comique, trois mois après les observations, pour calmer « l'hystérie qui s'intensifiait »
dans le public. Kean semble croire à cette hystérie tardive, et n'imagine pas que Symington ait plutôt voulu détendre l'atmosphère alors qu'il était au
centre d'un scandale financier... Tout ce qu'elle dit à ce sujet, c'est que Symington « avait aussi ses propres batailles politiques à mener dans le
monde vicieux de la politique en Arizona » !
Et donc le grand événement c'est le fait que Symington était lui-même témoin : « Le cas s'est enlisé au cours des sept années suivantes, jusqu'à
ce que l'ancien gouverneur d'Arizona Fife Symington le ramène sous les feux des projecteurs en 2007, lors du dixième anniversaire des Lumières de
Phoenix. »
Bref tous les éléments qui vont dans le sens d'une formation d'avions sont totalement occultés, et l'hypothèse qui fait pourtant l'unanimité chez les
sceptiques, et qui est affirmée par bon nombre de témoins professionnels de l'aviation, n'est même pas signalée, c'est dire l'objectivité de
l'auteur !
Le blog de Gildas Bourdais
Gildas Bourdais a pour sa part écrit un long
article au sujet des lumières de Phœnix sur son blog, le 2 juin 2012.
Il commence par différencier les deux phénomènes, celui de 20 h - 20 h 30 et celui de 22 h.
C'est le premier, celui du « grand ovni en forme de V » ou de « triangle », qui retient le plus son attention, et il cite de
nombreux témoignages.
Bourdais est comme d'habitude assez exhaustif, mais comme d'habitude aussi il conclut par des affirmations péremptoires qui lui évitent toute discussion.
Ainsi parle-t-il de l'observation de Mitch Stanley : Mitch Stanley (Wikipedia), jeune astronome amateur, muni d'un télescope Dobsonien
(grandissement de 43), a cru voir passer une escadrille d'avions en formation, à haute altitude. Mais il n'y a eu aucun vol d'avions en formation
au-dessus de Phœnix à ce moment-là.
Et voilà, Mitch Stanley a « cru voir passer une escadrille d'avions en formation » alors qu'il dit très explicitement qu'il a parfaitement vu
les avions, dont il distinguait la silhouette et les différentes lumières, en précisant qu'il n'y a « aucune chance qu'il se soit trompé »... Et
bien sûr « il n'y a eu aucun vol d'avions en formation au-dessus de Phœnix à ce moment-là » !
Et au sujet de cette explication par une formation d'avions, Bourdais ne l'évite pas : De son côté, la chaîne ABC a interviewé James McGaha,
ancien pilote de l’Air Force. C'est un sceptique bien connu aux Etats-Unis, régulièrement invité sur les plateaux de télévision. Pour lui c'est
simple : il s’agissait de cinq avions en formation qui ont survolé la ville à haute altitude !
Et voilà, le fait que McGaha soit « un sceptique bien connu » compte plus que le fait qu'il soit un ancien pilote de l'Air Force, et aussi un
astronome amateur très connu, et coupe court à toute discussion.
Citons tout de suite une critique récente, celle de Thomas « Eddie » Bullard, auteur connu et respecté dans le domaine des enlèvements, qui
croit plutôt à une confusion avec une escadrille d'avions militaires à haute altitude, dans un article de la revue International UFO Reporter de mars
2012. Signalons que c'était le dernier numéro de cette revue qui a cessé de paraître pour cause de nombre de lecteurs insuffisants, sans doute à cause
de la concurrence d'Internet. On peut regretter que la longue carrière de cette remarquable revue, lancée en 1976 par le CUFOS (Center for UFO Studies),
le groupe créé par Allan Hynek, se termine ainsi sur une opinion que l'on peut juger mal inspirée, comme vont le montrer, je crois, les quelques
témoignages qui suivent.
Bien sûr, ceux qui pensent à une explication triviale sont au mieux « mal inspirés », et la vérité se trouve dans quelques témoignages
soigneusement choisis.
Les témoignages sont dans l'ensemble très concordants, et décrivent le passage d'un très grand « ovni » à basse altitude, lentement et
silencieusement, du nord au sud de la ville en une demi-heure environ.
C'est tout ce qu'il trouve pour contester l'idée d'une formation d'avions : le fait que les témoins décrivent un objet à basse altitude — ce qui
est une constante pour toutes les observations de grandes formations à haute altitude —, qu'ils exagèrent largement la dimension angulaire — ce
qui est presque une constante dans les témoignages d'ovnis —, et qu'ils n'aient pas entendu de bruit — ce qui n'est pas étonnant avec une
formation d'avions à haute altitude —.
Vers 20 h 15, Cave Creek, Phoenix-nord — Terry Proctor (UFO Magazine, mars 2000) enregistre sur vidéo, vers la même heure, une formation
en V avec des lumières de couleur ambre. C'est la seule vidéo que l’on connaisse sur l'événement de 20 h à 20 h 30, et elle est de
mauvaise qualité.
La vidéo est de mauvaise qualité, donc on ne parle pas du fait qu'elle ne présente pas un ensemble immense, que les lumières étaient très faibles en que
leur disposition a changé... Tout ça ne relève pourtant pas de la qualité de l'image, et a tout de même son importance !
Il nous parle aussi de Frances Emma Barwood, qui a révélé plus tard que la mairie avait reçu des appels de plus de plus de 700 témoins, incluant
des policiers, des pilotes, d’anciens militaires. Elle avait essayé de déclencher une enquête officielle, mais sans succès... Sans préciser que
c'est elle-même qui avait recueilli tous ces témoignages en lançant un véritable appel à témoins plus de deux mois après les observations !
Et bien sûr Bourdais parle de Symington, qui avait tourné en ridicule le grand « ovni » lors d'une conférence de presse où il avait obligé
un assistant à se déguiser en « alien », avant de révéler dix ans plus tard qu'il avait lui aussi observé l'ovni, et qu'il avait fait cela
à l'époque pour calmer la population qui, inquiète, avait inondé les services de la ville d'appels téléphoniques pour savoir ce qui s'était passé.
Et il parle ensuite de la seconde observation, celle de 22 h de lumières apparues les unes après les autres et qui ont disparu en quelques minutes en
étant restées à peu près fixes.
Il considère que l'explication par des flares est plausible, mais évoque tout de même quelques doutes à ce sujet, et conclut :
Cela dit, remarquons que, s'il s'agissait bien de fusées militaires, cet exercice tombait bien pour semer la confusion sur les lumières de Phoenix, et
c'est ce qui n'a pas manqué de se produire. Peut-on conclure sur le second épisode ? Une incertitude subsiste, semble-t-il, sur la nature de ces
lumières de 22 h. Cela amène à envisager, peut-être, des explications plus complexes, et plus étranges encore, pour cette soirée mémorable du
13 mars 1997. Se pourrait-il, par exemple, que des « aliens », connaissant nos allées et venues beaucoup mieux que nous le croyons, aient
fait exprès de mettre en scène leur « monstration » aérienne, d'ailleurs très étrange et sophistiquée, deux heures avant cet exercice
militaire, pour laisser la porte ouverte au doute ? Ou qu'ils se soient « amusés » à mettre en scène, après leur ovni géant, un faux
lâcher de flares ? En ufologie, l'expérience nous a montré depuis longtemps il faut s'attendre à tout !
Manipulations des militaires et mimétisme des ovnis, les deux cartes maîtresses des ufologues comme Bourdais pour expliquer tout et n'importe quoi, sans
même se préoccuper de la faisabilité de telles manipulations.
Et il termine avec d'autres affaires qu'il compare au cas de Phœnix : les lumières de Lubbock, que « personne n'a pu expliquer », les ovnis
de la vallée de l'Hudson, pour laquelle « les sceptiques ont proposé des explications telles que des canulars avec de petits avions ou des ULM mais
leur ridicule éclate lorsqu'on lit les témoignages. », « la vague des triangles en Belgique, de 1989 à 1991, suivie de celle de Grande-Bretagne
en 1992-1993 » et bien entendu la vague du 5 novembre 1990 « que ne suffisait pas à expliquer la rentrée atmosphérique d'un étage de fusée
soviétique. », et, « cerise sur le gâteau pour terminer, rappelons encore l'observation de lumières inexpliquées pendant trois heures au dessus
de Montréal, deux jours plus tard, le 7 novembre 1990 ! Peu de temps après, les rapports des gendarmes et des policiers, qui comptaient parmi eux des
témoins directs, furent confisqués par deux agents du NORAD ». Encore tout un étalage d'affirmations gratuites mais aucune étude de tous ces cas dont
il est certain qu'ils sont inexplicables. Vous trouverez dans ce site toutes les évidences que la vague du 5 novembre 1990 s'explique bien par une rentrée
atmosphérique, et l'ovni du 7 novembre au-dessus de Montreal est aussi parfaitement expliqué depuis
longtemps, et la confiscation des rapports par le Norad n'est qu'une invention.
Concernant Phœnix, Bourdais a participé à la discussion sur la liste Magonie, et malgré que tous ses arguments s'effondraient un par un il continuait à
répéter comme un mantra : Ça ira mieux quand vous aurez compris que cette histoire d'escadrille est un mensonge éhonté des sceptiques.
Le wiki de Laurent Chabin
Laurent Chabin est sans doute celui qui a rassemblé le plus d'informations en français sur les Lumières de Phœnix, et il a fait beaucoup aussi pour la
conservation des données. Son site Ufowaves est donc incontournable.
Chabin n'a pas vraiment d'a priori sur le sujet, mais il est tout de même plutôt attiré par les hypothèses des ufologues exoticiens. Et à mon avis il
a le défaut de penser que ses magnifiques reconstitutions 3D faites à partir de ce que les témoins disent des années après leur observation sont le reflet
de la réalité !
Voir par exemple son enthousiasme au sujet d'un nouveau témoin à Prescott, qui a témoigné en 2014 :
L'objet observé est le plus structuré de tous. Il est tout simplement ahurissant dans ses détails.
En mars 2014, Larry Lowe et moi avons réalisé un film de 8 minutes qui détaille son observation. C'est vraisemblablement à ce jour une animation et
représentation graphique des plus raffinées d'un OVNI. Ce film est intitulé : Prescott Witness. C'est à voir en HD, plein écran, dans le noir.
C'est sûr que ça fait rêver... Mais en fait toute « l'étrangeté » de ce témoignage très tardif se résume à une grosse exagération de la
dimension angulaire de l'objet, et la vision d'une forme noire dans le ciel nocturne, sur laquelle le témoin croit en outre distinguer des structures
mouvantes. Le reste est plutôt conforme à la trajectoire des avions en formation.
À mon avis, Laurent Chabin s'est un peu trop spécialisé dans le cas de Phœnix, ce qui l'a privé d'une certaine expérience dans l'étude des témoignages.
Parce que toutes les anomalies qu'il leur trouve sont vraiment courantes voire presque universelles dans les observations qui ont été pourtant
formellement identifiées.
Du reste, il évoque certaines similitudes entre la vague de Phœnix et d'autres affaires ufologiques, notamment la vague du 5 novembre 1990, mais tout
ce qu'il connaît de celle-ci est ce qu'en a écrit Joël Mesnard !
Chabin progresse tout de même... Il semble avoir compris par exemple que les « fuites rapides » mentionnées par quelques témoins pouvaient
résulter d'une simple baisse de luminosité de l'objet, illusion encore très fréquente chez les témoins de phénomènes divers bien identifiés.
Le 5 novembre 2019, Laurent Chabin a donné une conférence à Ovni-Paris, qui a malheureusement été effacée de Youtube pour diffusion de contenus
protégés sans autorisation.
C'est dommage, c'était intéressant mais pour l'essentiel Chabin se contentait de citer des témoignages (dont certains inédits), sans vraiment discuter
des explications possibles.
Un détail... Chabin parle dans sa conférence d'un cas inédit, un témoin qu'il a lui-même interrogé 20 ans après les observations... Pas très crédible
a priori donc, et du reste pas très spectaculaire non plus : le témoin voit peu après le coucher du soleil, ce soir du 13 mars 1997,
trois points lumineux vers l'ouest, qui pourraient être de simple avions à l'atterrissage comme l'indique Chabin ; mais il voit aussi vers
l'ouest-nord-ouest une espèce de chose vaguement ovoïde, apparue en transparence, puis devenue assez opaque avant de disparaître à nouveau après environ
deux minutes. Et il joint un dessin de cette « forme » étrange :
Donc, vue pendant deux minutes, au-dessus des Montagnes Sud, une « forme métallique noire réfléchissante plus lumineuse que le ciel », et Chabin
ne sait pas quoi en penser.
Mais depuis la position du témoin, ces Montagnes Sud se trouvaient vers l'ouest-nord-ouest... Et ce qui était justement visible pas loin, plutôt au
nord-ouest (azimut 317° et hauteur 7° à 19 h 30), peu après le coucher du soleil, c'était la comète Hale-Bopp ! Je pense qu'il n'y a guère
de doute sur cette identification, mais il est intéressant de constater qu'un témoin peut prendre une comète pour un objet métallique.
Le forum Ufo-scepticisme.
On trouve enfin, comme d'habitude, beaucoup d'informations intéressantes et de discussions sérieuses autour des Lumières de Phœnix sur ce
forum.
La liste Magonie et la Table qui tourne en rond
Je précise que ce qui va suivre n'apporte pas grand-chose à l'étude des Lumières de Phœnix, mais révèle plutôt les travers de certains ufologues français.
Ceux qui n'aiment pas les polémiques peuvent donc sauter ce passage et aller directement à la conclusion.
La liste Magonie, dirigée par Richard Nolane (de son vrai nom Olivier Raynaud, auteur prolifique ayant écrit de nombreux livres de science-fiction et
fantastique, mais aussi sur les mystères en général et les ovnis en particulier), est la principale liste de diffusion encore en activité en France
concernant les ovnis. Elle était au début consacrée aux observations ayant précédé la vague de « soucoupes volantes » de 1947, mais elle s'est
vite étendue à tout ce qui concerne les ovnis. Une bonne partie des ufologues français y sont inscrits, même si beaucoup ne participent pas.
On trouve dans la présentation cet avertissement : L'approche « socio-psychologique » et autres théories relevant du scepticisme borné
n'ont donc pas leur place ici, leurs tenants ayant malheureusement d'innombrables lieux par ailleurs pour y déverser leur propagande. Même chose pour
les sectes utilisant le thème des « anciens OVNI », comme celle des Raëliens.
Autant dire qu'on trouve surtout sur la liste des ufologues convaincus par l'hypothèse extraterrestre ou en tout cas l'origine exotique des ovnis, et qui
ne font pas preuve de beaucoup d'esprit critique. Pendant quelques années, j'ai été un peu le seul à avoir apporté un peu de scepticisme, et donc suscité
pas mal de polémiques. Et l'une de ces longues discussions a concerné les Lumières de Phœnix.
Je précise que Richard Nolane veut que les discussions restent internes à la liste et qu'on ne cite pas les messages sans l'accord de leurs auteurs...
Mais étant donné ce qui a suivi, j'estime avoir le droit d'expliquer ce qui s'est passé, puisque ce sont les organisateurs des journées ufologiques du
Razès, dont Richard Nolane, et les principaux participants à la discussion sur Phœnix sur la liste, qui ont décidé « d'externaliser » une
querelle interne à la liste à une manifestation publique.
Donc, c'est le 18 février 2014 que la discussion sur l'affaire de Phœnix a débuté, j'indique juste les quatre premiers messages faisant intervenir
les principaux protagonistes :
James :
Néanmoins, les explications académiques les plus tarabiscotées et le scepticisme le plus dur (fût-il éclairé) ne peuvent rendre compte d'incidents
tels que par exemple celui de Phœnix, AZ, en 1997. Des centaines de témoins, disséminés sur toute la ville (1.400.000 hab., 1300 km²) ont
décrit la même forme volante triangulaire (évaluée par beaucoup à quelques 600 m de large !) portant des lumières très brillantes. Vous
connaissez tous le dossier. Il va sans dire que l'explication sceptique, à savoir des flares d'avion, ne tient pas même pas une milliseconde, ainsi
qu'il a été abondamment démontré.
Moi :
Hello James...
Il y a eu deux phénomènes distincts à Phœnix le 13 mars 1997 :
— vers 20 h 30, la traversée de tout l'état de l'Arizona par un ensemble de lumières en V, décrit par certains témoins comme une
formation de lumières et par d'autres comme un objet sombre en forme de chevron ;
— et vers 22 h 00, un ensemble de lumières fixes, à peu près alignées, vues par de nombreux témoins de Phœnix et filmées.
C'est pour le deuxième phénomène que l'explication des flares a été avancée, pas seulement par des sceptiques puisqu'on trouve en particulier une
grosse étude de Bruce Maccabee : https://brumac.8k.com/phoenixlights1.html
Pour ce cas, l'explication ne fait guère de doutes, on a même recueilli le témoignage du pilote qui a largué ces flares.
C'est le premier phénomène, l'objet en forme de chevron, qui pose problème, et personne n'a jamais prétendu qu'il s'agissait de flares. L'explication
sceptique la plus courante est qu'il s'agissait d'avions en formation, je ne sais pas ce qu'elle vaut, n'ayant pas spécialement étudié ce cas, mais il
ne faut pas tout mélanger.
Thibaut Canuti :
L'explication des flares est parfaitement ridicule et positivement incompatible avec les témoignages et les films (pas de fumées visibles à proximité
des lumières, aucun intéret à tirer des flares au dessus d'une zone densément urbanisée, alignement très difficile à accomplir des prétendus flares).
Vous omettez de préciser que ce ne sont pas que des lumières lointaines en forme de V qui sont observées dans la première phase de l'observation
mais des superstructures qui bouchent la vue du ciel étoilé et qui sont de taille considérable à tel point que les témoins parlent de ville ou de
stade de foot.
Gildas Bourdais :
Bonjour, Robert et la liste,
Figurez-vous que j'approuve le début de votre message, mais la chute finale me fait bien rire. Voilà un cas extraordinaire — le triangle énorme
de 20 h/20 h 30, pas les flares de 22 h/22 h 30 — vu par des centaines de témoins (en fait, des milliers), dont le
gouverneur Fife Symington lui-même a avoué qu'il l'avait vu, dix ans après.
Qu'en dites-vous ? J'sais pas, j'lai pas étudié ! Cachez ce sein que je ne saurais voir !
Quelques mots sur ces trois participants habituels de la liste qui ont particulièrement participé aux échanges concernant le cas de Phœnix :
— James, qui tient à rester anonyme, est un authentique scientifique, neurobiologiste, qui fait profiter la liste de liens très intéressants
concernant l'exobiologie, la propulsion spatiale, les sciences en général... Mais qui est beaucoup moins pertinent quand il parle de cas ufologiques,
parce qu'il se contente d'une « vision d'ensemble » tirée d'ufologues convaincus de l'hypothèse extraterrestre... Et qui voue une haine féroce
aux sceptiques, et peut avoir un comportement particulièrement odieux ;
— Gildas Bourdais, bien connu comme notre spécialiste national du crash de Roswell, qui lui fait vraiment de l'ufologie, mais manque quelque peu
d'objectivité voire de lucidité ;
— et Thibaut Canuti, historien de formation et bibliothécaire, auteur des livres qui se voudraient historiques Un Fait maudit, histoire originale
et phénoménologique du fait ovni et Histoire de l'ufologie française en deux volumes... Qui écrit bien mais lit très mal, qui se présente
comme un agnostique de l'ufologie mais est clairement un vrai croyant, et qui ne supporte pas d'être critiqué ce qui sera à l'origine de cette mauvaise
querelle.
Du coup, je me suis intéressé à cette affaire, je remercie vivement Gildas Bourdais pour cela, et la longue discussion qui a suivi a peu à peu fait le
point des arguments des uns et des autres.
Si bien qu'au mois de mai, Yves Lignon, un des principaux contributeurs de la liste, m'a contacté pour me proposer de participer à une table ronde à ce
sujet à la Journée du Razès dont il est un des organisateurs.
Cette Journée se tient en principe chaque année dans l'ancienne région du Razès dont le centre historique est maintenant Rennes-le-Château... Disons que
les intervenants sont très orientés vers l'hypothèse extraterrestre ou en tout cas mystérieuse, mais ça avait l'air plutôt sympathique. Les principaux
organisateurs de cette Journée sont :
— Richard Nolane qui gère la liste Magonie à l'origine de cette Journée ;
— Yves Lignon, donc, statisticien bien connu pour ses travaux en parapsychologie, mais qui s'intéresse aussi dans une moindre mesure aux ovnis, qui
s'occupe de la programmation ;
— et Philippe Marlin, responsable de la logistique de la Journée, qui tient une librairie ésotérique à Rennes-le-Château et qui édite avec
l'association l'Œil du Sphinx beaucoup de livres très intéressants sur l'ésotériseme et les mystères, notamment l'excellente Gazette
fortéenne. Je ne crois pas qu'il participe à la liste Magonie, il n'est donc pas très concerné par ce qui va suivre.
J'étais ravi de cette invitation, c'était aussi pour moi l'occasion d'une belle balade à vélo et de visiter Rennes-le-Château où je n'avais encore jamais
eu l'occasion d'aller. Et donc je me suis renseigné encore sur cette vague d'observations, en achetant notamment les livres de Lynne Kitei et de Bill
Hamilton, et j'ai posé des congés.
Et ma présence à cette table ronde avait été annoncée dans plusieurs sites...
Et un des intervenants, Thibaut Canuti en l'occurrence, qui ne supporte pas les critiques (vous pourrez constater que la mienne était très modérée) et use
de tous les moyens pour essayer ce les faire taire, a réagi le 16 juillet 2014 par ce message sur la liste :
Comme l'indique Estelle De Marco* « une liste de diffusion sera considérée comme privée si chaque message diffusé émane de l'un des membres
pour n'être lu que par les autres membres, dès lors que ces derniers sont liés par une communauté d'intérêt et que les conditions d'admission à la liste
[strictement définies] permettent le maintien de cette communauté d'intérêt ».
Si la liste est considérée comme un service de correspondance privée, dont les messages sont « exclusivement destinés à une ou plusieurs personnes,
déterminées et individualisées », la divulgation du contenu d'un message, non autorisée par son émetteur, sera qualifiée de violation du secret des
correspondances. Celle-ci engage la responsabilité pénale de l'auteur de l'infraction sur le fondement de l'article L 226-15 du Code pénal,
passible d'une peine d'un an de prison et de 45 000 euros d'amende.
J'attire donc l'attention de notre modérateur sur le non respect par M. Alesandri des règles de notre liste de diffusion.
Je demande à M. Alessandri de retirer mention de mes propos (privés) de son site et par la même occasion de toute mention de ma personne.
Je confie dès aujourd'hui le lien de cette page web à mon avocat, Maître Lemoine, du barreau de Nîmes et me réserve le droit de donner toutes les suites
juridiques permises si M. Alessandri ne retirait pas au plus vite ces propos de sa page web.
Les propos tenus sur la liste sont réservés à la liste et ne peuvent être publiés sans l'accord de leurs auteurs, j'attire l'attention de Roch, Gildas
et Christian qui sont également l'objet des mêmes dénigrements.
Ca promet d'être sympa au Razès...
T. CANUTI
* Quelle est la nature juridique d’une liste de diffusion ? , Estelle De Marco, FAQ de la liste Droit-Net", la liste Droit-Net, Cru,
28 sept. 2006
Comme à son habitude Canuti est incapable de lire correctement la moindre phrase, qu'il interprète à sa façon... Le texte juridique qu'il cite indique
bien qu'une liste de diffusion n'est considérée comme privée que « si chaque message diffusé émane de l'un des membres pour n'être lu que par les
autres membres, dès lors que ces derniers sont liés par une communauté d'intérêt et que les conditions d'admission à la liste [strictement définies]
permettent le maintien de cette communauté d'intérêt », dont les messages sont « exclusivement destinés à une ou plusieurs personnes,
déterminées et individualisées ».
La liste Magonie ne répond pas du tout à ces critères, puisqu'il n'y aucune condition d'admission à la liste (Richard Nolane accepte qui il veut, et il
est plutôt tolérant), que seul l'administrateur de la liste connaît la liste de ses membres (en fait même pas, puisque beaucoup sont anonymes ou inscrits
sous un faux nom), et que ces membres ne sont aucunement « liés par une communauté d'intérêt » (ce qui, au sens juridique, ne signifie pas juste
qu'ils ont un centre d'intérêt commun, en l'occurrence l'ufologie !) Et Richard Nolane, qui a longtemps vécu avec une avocate, sait sûrement que
l'interprétation que fait Canuti des lois est complètement foireuse.
Rien non plus dans la « netiquette » n'interdit de résumer ce qui se passe dans une liste de diffusion, et il n'y avait alors rien dans les
règles de la liste qui l'interdise. Tout ce que l'on pouvait trouver à ce sujet en remontant dans les messages c'est au sujet du sociologue Pierre
Lagrange, qui était régulièrement attaqué sur la liste (sans doute par simple jalousie, parce qu'il a une certaine influence dans les médias et que ça
dérange). Certains membres regrettant que ces attaques se faisaient à l'encontre d'une personne qui n'était pas présente sur la liste, Nolane avait
souhaité que Lagrange réponde, en écrivant le 26 septembre 2007 :
Non, non, il faut aller au charbon et c'est ici sur une liste qui peut être consultée sur internet librement que la rencontre doit avoir lieu et pas
l'espace d'une heure. Les débats public, radio, TV, etc on a vu ce que ça donnait : rien au final, ou presque.
Par contre, sur une liste de plus de 200 membres, dont un certain nombre à l'étranger, comme Magonie, tout ne disparaît pas quand on éteint le
poste et les écrits restent pour qu'on s'en serve plus tard.
RDN
Nolane a expliqué après mon conflit avec Canuti qu'on pouvait publier des extraits de Magonie à la condition expresse d'avoir l'autorisation de leur
auteur, mais il n'avait rien dit de tel auparavant... Et du reste ça revient un peu à traduire son invitation à Pierre Lagrange en quelque chose du
genre :
Cher Pierre, puisque nous t'attaquons depuis des mois sur la liste que je dirige, je t'invite cordialement à venir te défendre ici, là où tout est
gravé dans le marbre pour qu'on puisse s'en servir plus tard... Ceci dit, bien entendu, tu n'auras pas le droit de répéter où que ce soit le contenu,
même résumé, des échanges... Sauf bien sûr avec l'autorisation de tous ceux qui y auront participé, mais ne te fais pas trop d'illusions : les
copains, ils aiment bien traiter les sceptiques de cafards, de salopards, de membres de la Gestapo, mais ils ne sont pas très courageux quand même ils
ne veulent pas que ça sorte de Magonie, et ils vont même te menacer de procès si tu fais mine de le faire... Bon et puis bien sûr c'est moi le chef sur
Magonie donc si ta défense perturbe un peu trop la liste tu seras immédiatement éjecté...
Et il va sans dire que Lagrange a été encore copieusement incendié pour n'avoir pas daigné répondre à une si charmante invitation !
Quoi qu'il en soit, rien de tel n'avait été dit avant que je publie un résumé des échanges concernant la vague du 5 novembre sur mon site, je n'avais
violé aucune loi, ni commis le moindre manquement à l'éthique du web, ni outrepassé les règles le la liste, ni fait preuve de la moindre indélicatesse
vis-à-vis des membres de la liste... Et mes critiques portant sur Thibaut Canuti étaient bien plus mesurées que celles que lui-même avait faites à mon
sujet (il m'a par exemple traité d'Ayatollah de la pensée rationaliste), et relevaient uniquement du débat d'idées. Bref il n'y avait rien que l'on puisse
objectivement me reprocher.
Devant les réactions de Canuti, je lui avais gentiment proposé de remplacer dans mon texte ses citations, puisque c'était ce qui le gênait, par des
résumés des échanges, et je l'avais fait immédiatement (mais au vu de ce qui s'est passé ensuite, j'ai rétabli mon texte original), et je lui ai dit que
bien entendu j'y ajouterai le droit de réponse qu'il me réclamait, mais auquel il a finalement renoncé.
Je pensais donc que tout cela était oublié, jusqu'à ce que j'envoie mon inscription à la journée du Razès, et que je reçoive en retour un mail d'Yves
Lignon m'informant que « comme il m'en avait informé dans un précédent message », il avait décidé de m'exclure de la table ronde du fait de
« mon utilisation abusive des écrits de l'un des inscrits sur la liste », et que si je décidais malgré tout d'intervenir dans le public lors des
questions-réponses il veillerait à ce que je n'abuse pas du temps de parole...
Je précise que je n'avais reçu aucun mail précédent, alors que je n'ai aucun filtre antispam (j'aime bien savoir ce qu'on m'envoie même s'il s'agit
à 95% de messages indésirés), et malgré mes demandes répétées Lignon ne m'a jamais envoyé une copie de ce prétendu message précédent.
Je n'ai jamais été traité avec un tel manque de respect, mais ça ne m'étonne pas vraiment.
J'ai connu la liste Magonie en 2004 lorsqu'un inscrit m'a communiqué une critique d'Yves Lignon, justement, aussi violente qu'erronée, portant sur ma
propre critique du livre de Velasco concernant ses statistiques sur la relation entre ovnis et nucléaire… Critique que Lignon s'était bien gardé de me
transmettre lui-même... J'y avais répondu et demandé déjà à m'inscrire à Magonie... Richard Nolane n'avait pas accepté mon inscription cette fois, mais
avait publié ma réponse en tant que « droit de réponse » (que je n'avais pas demandé, et rétrospectivement ça me paraît curieux de publier un
« droit de réponse » — et il y en a eu d'autres ! – concernant ce qu'on voudrait maintenant faire passer pour de la
« correspondance privée »)... Lignon avait à son tour répondu, mais par contre ni lui ni Nolane ne m'avaient communiqué cette réponse (ça semble
être la conception du respect sur cette liste ; personnellement ça me semble normal d'informer une personne qu'on l'a critiquée, et de mon côté je ne
manque jamais de le faire)... Si on ne le fait pas on manque de la politesse la plus élémentaire et surtout de courage. De fait cette réponse n'était
qu'une tentative assez maladroite chez Lignon de justifier ses erreurs d'appréciation (je ne doute pas de ses compétences en statistique, qui dépassent
très largement les miennes, mais il avait lu avec bien peu d'attention aussi bien le livre de Velasco que ma critique), je n'en ai donc pas reparlé
lorsque je l'ai découverte dans la liste des années plus tard. Ceci dit, pour que ceux qui le veulent puisse se faire une idée, j'ai décidé d'ajouter ces
échanges dans ma critique du livre de Velasco.
Et donc la journée du Razès a eu lieu le 7 septembre à Rennes-le-Château, les exposés sur des sujets divers étaient très orientés vers le mystère
mais plutôt intéressants, on pouvait trouver grâce à Didier Gomez des livres et revues, tout était filmé par Gilles Thomas d'ODH-TV, et les discussions
pendant les pauses et repas étaient amicales et enrichissantes...
Tout ça était donc plutôt sympathique... Jusqu'à la Table ronde sur Phœnix qui a été pitoyable, avec quatre contributeurs qui s'étaient contentés de lire
ce qu'ils trouvaient sur quelques sites internet très orientés et pas très à jour et y ajoutaient quelques âneries de leur crû :
De droite à gauche :
— Jocelin Morrisson, qui n'intervient pas sur Magonie (à moins que ça ne soit sous un pseudonyme), journaliste pour les revues Nexus et Inexploré
(pas très sérieux comme références), qui se contentait de donner un très court résumé de l'affaire, avec déjà pas mal d'erreurs ;
— Thibaut Canuti, tout fier de prendre la direction de la table ronde (il aime bien parler de sujets qu'il ne connaît pas, et là il s'est surpassé)
après avoir éliminé son contradicteur, qui n'avait rien retenu des échanges sur la liste Magonie et nous livrait un festival d'inepties : il
persistait à mélanger les deux événements bien distincts à l'origine de cette affaire, racontait les pires âneries même sur les vidéos montrant des flares
dont plus personne ne discute, faisait passer Bruce Maccabee dont il n'avait pas lu le rapport pour un imbécile, et atteignait enfin le summum du ridicule
en déclarant très sérieusement que la question de savoir s'il faisait nuit ou jour au moment des observations n'avait pas été tranchée !
— Vincent « James » qui n'est pas beaucoup intervenu à part pour faire étalage de sa connaissance du système politique des États-Unis, et
qui mélangeait allègrement les flares à infrarouges destinés à leurrer les missiles et les flares éclairants destinés à illuminer le terrain ;
— Geneviève Bénduneau, enfin, qui était appréciée de presque tous sur Magonie pour ses grandes connaissances aussi bien que pour sa tolérance, ayant
des amis dans tous les courants ufologiques (elle est malheureusement décédée depuis), annonçait d'emblée qu'elle n'avait fait que survoler l'affaire et
n'était là que pour jouer le rôle de candide... Ce qui ne l'empêchait pas d'ajouter qu'elle allait « poser quelques questions que pourrait poser un
sceptique »... Ce qu'elle a très bien fait en demandant si la vision d'une « structure solide » entre les lumières ne pouvait pas résulter
d'une illusion (réponse de Canuti : « Cinq lumières en formation en V je dirais même à la limite s'il n'y avait pas d'objet derrière qui
bouche la vision de la voûte céleste, ça n'en resterait pas moins tout de même un phénomène totalement exotique et mystérieux » !)... Mais plus
tard elle partait en vrille en demandant s'il ne pouvait pas y avoir l'intervention d'un phénomène électromagnétique induisant des états de conscience
modifiée... L'idée n'est pas absurde en soi et a fait l'objet d'études très sérieuses, mais il n'y a vraiment rien qui suggère quoi que ce soit de
semblable dans le cas particulier de Phœnix, et aucun sceptique n'a jamais rien évoqué de tel tant ça serait ridicule. Et bien sûr Canuti a
chaleureusement remercié Geneviève pour « faire notre sceptique de service », c'est tellement plus facile d'avoir en face de soi un
« sceptique » ne connaissant pas l'observation qu'un qui la connaît bien mieux que soi !
Bref il était difficile d'imaginer pire comme « débat ». Notons que Gildas Bourdais, le seul qui aurait pu apporter quelques éléments un peu
corrects à défaut d'être objectifs, était absent de cette Journée.
Les contributeurs ont quand même réussi la prouesse en plus d'une heure de ne même pas évoquer l'explication évidente, partagée par tous les sceptiques et
aussi par bon nombre d'ufologues n'appartenant pas du tout au courant sceptique, d'une formation d'avions avec leurs feux d'atterrissage allumés.
Vous pouvez visionner cette table ronde, fort heureusement très mal référencée sur Google, sur la
chaîne Youtube d'ODH TV.
Et si vous voulez savoir ce qu'aurait pu être un véritable débat contradictoire, j'en ai fait une retranscription
intégrale en y ajoutant mes commentaires.
On peut aussi parler de quelques suites à cette affaire...
Lorsque j'ai critiqué cette table ronde sur la liste Magonie, James n'a rien trouvé de mieux à répondre que tout le monde semblait satisfait dans
l'assistance. Voilà où en est l'ufologie, on peut dire toutes les conneries qu'on veut, l'important c'est que les auditeurs soient satisfaits... Et ce
sont les mêmes personnes qui se plaignent que l'ufologie ne soit pas prise au sérieux dans le monde universitaire. Ce sont eux les fossoyeurs de
l'ufologie, pas les sceptiques !
Et lui et Nolane ont eu le culot de s'étonner que je sois resté muet à cette occasion, m'accusant même de manque de courage ! Il faut vraiment ne pas
avoir de figure pour m'exclure de la table ronde, en me faisant bien comprendre que si je voulais m'exprimer ça serait pendant le débat public et de
manière très limitée et contrôlée, puis de prétendre que je manquais de courage pour n'avoir rien dit ! Je n'ai pas pour habitude de m'imposer quand
les organisateurs m'estiment manifestement indésirable, et si j'avais dû corriger toutes les erreurs ou omissions de cette table ronde ça aurait dépassé
très largement le temps qu'on m'aurait accordé !
Et puis, quelques années plus tard, en 2019, la liste Magonie a changé d'hébergeur, quittant Yahoo groupes pour rejoindre groups.io. Et elle est devenue à
cette occasion une liste publique : il faut être inscrit pour écrire, mais tout le monde peut lire l'intégralité des messages depuis cette migration,
vous pouvez les trouver ici. Et personne n'a protesté contre ce changement ou n'a changé de
comportement à cette occasion.
Quant aux archives de l'ancienne liste, plus de 25000 messages échangés entre 2000 et 2019, elles ont été simplement effacées... Richard Nolane n'a rien
fait pour sauvegarder ces écrits censés rester gravés dans le marbre pour qu'on s'en serve plus tard, ils ne sont plus que dans les boîtes personnelles
des quelques personnes qui ont tout gardé (j'en fais partie).
Et enfin, Thibaut Canuti a publié en 2019 le deuxième volume de son « Histoire de l'ufologie française » : Le Temps des officiels,
dont vous pouvez trouver ma critique ici. Il y parle abondamment de
la vague du 5 novembre 1990, le sujet qui nous a initialement opposés sur Magonie et qui a provoqué sa ire lorsque j'ai résumé nos échanges dans mon
site... Il reprend bon nombre de mes informations sans jamais me citer, je représente dans son texte « les sceptiques » et il déforme
constamment mes propos, mais ce salopard fait bien pire en recopiant mot pour mot des passages entiers de mes textes sans me citer... En clair, du plagiat
caractérisé... Et il va sans dire que personne ne s'en est offusqué sur la liste Magonie. On accepte toutes les ignominies de la part de quelqu'un qui
fait une « bonne publicité aux ovnis », et on saute sur toutes les mauvaises excuses pour discréditer ou exclure un sceptique.
Bref, Magonie, une liste représentative de l'ufologie bien pensante...
Conclusion : les témoins sont plus fiables que les ufologues
Les observations de masse telles que ces Lumières de Phœnix sont toujours l'occasion de constater que les témoignages sont dans l'ensemble plutôt fiables.
La plupart des témoins du « V » ne font que décrire le passage de cinq lumières en formation qui traversent le ciel en quelques minutes, en
ligne droite et à vitesse constante, et c'est bien ce qui s'est passé.
Bien sûr, beaucoup de témoins font des erreurs d'appréciation, que l'on retrouve dans toutes les observations semblables : ils pensent presque tous avoir
affaire à un objet à basse altitude alors qu'elle est de plusieurs kilomètres, ils exagèrent de façon quelquefois extrême la dimension angulaire de ce
qu'ils voient, beaucoup croient distinguer une forme noire dans l'obscurité de la nuit, ils peuvent se tromper sur l'heure, sur le nombre de lumières,
quelques-uns interprètent une baisse de luminosité comme une fuite rapide...
Et leur témoignage se déforme avec le temps, et quelquefois sous l'influence de ce qu'ils entendent ou voient : les faux souvenirs, ça existe et tout
le monde peut en être victime.
Et bien sûr, sur le nombre, il y a toujours quelques témoins qui fabulent complètement, ou qui inventent leur observation pour faire parler d'eux... Mais
ils ne sont que quelques-uns dans ce cas, et dans l'immense majorité des témoignages il n'y a rien d'autre que des confusions banales et bien connues de
tous... Ou plutôt qui devraient être bien connues.
Et en général on n'a pas de mal à reconstituer ce qu'ont observé les témoins en tenant compte de ces erreurs courantes, en comparant les témoignages entre
eux, en les confrontant aux évidences physiques (ici les vidéos).
Les témoignages ne sont dans l'ensemble pas décevants du tout... Mais on ne peut pas en dire autant des ufologues qui les rapportent.
Eux semblent vouloir répéter éternellement les mêmes erreurs : ils prennent les témoignages pour de véritables enregistrements de ce qui s'est passé,
retiennent toujours les versions les plus tardives, ne prennent en compte que les témoignages les plus extraordinaires, sont toujours persuadés de
l'origine exotique des objets tant qu'on ne leur a pas prouvé de façon certaine qu'il y a une explication prosaïque...
Une explication qu'ils nieront jusqu'au bout malgré les évidences... Parce qu'en ce qui concerne le vol d'avions en formation, on a quand même plusieurs
témoins qui ont parfaitement reconnu les avions dans des jumelles, un pilote et un copilote d'avion de ligne qui ont témoigné avoir parlé avec un des
pilotes de la formation et avec le centre le contrôle aérien qui les avait parfaitement repérés, un pilote d'hélicoptère de la Garde nationale aérienne
chargé de surveiller le ciel qui a parfaitement reconnu une formation d'avions militaires, une vidéo qui montre ce qui a tout l'air d'être une telle
formation...
Ça fait tout de même un certain nombre d'évidences, et beaucoup d'ufologues continuent pourtant à affirmer que cette formation d'avions n'existait pas. On
pourrait comprendre qu'ils pensent qu'il y avait aussi autre chose, d'authentiques ovnis qui auraient « parasité » cette formation d'avions,
mais cela personne ne le défend... Le mot d'ordre est de nier absolument la présence d'une formation d'avions, tout le monde répète le mantra de
Bourdais : Ça ira mieux quand vous aurez compris que cette histoire d'escadrille est un mensonge éhonté des sceptiques. Ils sont forts ces
sceptiques, pour avoir fabriqué toutes ces évidences !